par Kiki
Aujourd’hui, c’est pas pour me vanter, mais il pleut.
Que faire ? vous demandez-vous.
(et l’on sent dans votre question comme une fêlure muette, un désespoir latent, une dépression naissante, un doute existentiel grave, qui vous teinte d’une touche d’humanité, oui, vous tombez de votre piédestal où vos qualités multiples vous avaient propulsées, Oui, vous êtes sensibles, Oui, vous êtes faillibles, Oui, vous êtes un être Humain. Bonjour au fait)
À cette question, comme à toutes les autres, la Maison Posuto (fondée en 1703) se fait une joie (que dis-je, une joie), un plaisir (que dis-je, un plaisir), un devoir (que dis-je, et est-ce que je vais bientôt cesser de m’interrompre tout le temps ?? je m’agace, là) de répondre :
Achetez un livre !
Parce qu’en plus, après l’avoir acheté, vous pourrez le lire !
Mais quel livre ? vous demandez-vous.
(avec la fêlure, le désespoir, le piédestal et l’être Humain, cf début de ce billet).
Pourquoi pas un bon ? réponds-je avec à propos.
Pourquoi pas “Qui comme Ulysse” de Georges Flipo, par exemple ?

D’abord, il s’agit là de Nouvelles (et les Nouvelles, c’est mieux puisque c’est récent. Sinon on les appellerait les Anciennes).
Ensuite ce sont de bonnes Nouvelles (ce qui ne veut pas dire “pas de nouvelles”, hein, je vous ai à l’oeil, ha).
Sérieusement, c’est enlevé, ça joue dans tous les registres : émotions, cruauté, bêtises, peines, dénonciation, mélancolie, comique et troisième degré (inclus).
Et puis ça dépayse, dans tous les sens du terme. L’auteur nous emmène avec lui en tribulations parfois exotiques, c’est un fait. Mais en plus, il nous emmène dans la peau d’autres, pas toujours estimables, pas forcément des héros, mais des personnages avec assez de corps pour nous tendre un solide miroir. Ça n’arrive pas très souvent, des voyages comme ceux-là.
Dès qu’on a fini une nouvelle, on a envie d’en lire une autre (un peu ce qui arrive quand on mange des chips, mais en plus cérébral).
Et dès qu’on a fini toutes les Nouvelles, on y repense. Même dans la vie courante, entre deux torchons à repasser (c’est un exemple. Je ne repasse pas les torchons. Je ne repasse rien d’ailleurs. Ma religion me l’interdit). On se dit, mais où donc est-ce que j’ai bien pu entendre ça ? Et Oh, c’était chez un des personnages de Georges Flipo ! Et on ajoute ah la la…
Service après vente de ce Flipo-Dossier :
(gracieusement offert, même si vous n’êtes pas un abonné)
- Le site de Georges Flipo (qui se voit quand on clique dessus)
- Le blog de Georges Flipo (qui apparaît quand avec la souris on fait un geste sec et de haut en bas, mais uniquement avec l’index de la main qui tient la souris, suis-je claire ?)
- L’excellente critique de Martine Galati sur le site de Culturofil (que si on ne clique pas dessus, on passe à côté de tellement de choses que la fêlure de la dépression ne peut que nous submerger, et c’est triste)
Kiki
PS : Ajout de dernière minute, parce que, oups, j’ai oublié de le préciser : La deuxième nouvelle, Les sources froides, est magnifique. Si. Vous m’en direz des nouvelles (de cette nouvelle).
6 septembre 2008 at 15:34
Sainte-Kiki-des-Ecritures, je n’ai pas encore lu l’opus du sieur Flipo – ce que je ne pourrais plus manquer de faire après ce billet -, mais surtout, surtout, surtout, merci de m’avoir révélé un grand mystère : grâce à toi, j’ai enfin compris ce qu’était une nouvelle ! C’est une chips fraîchement sorti du paquet ! Hallelulia ! Il me reste pourtant une question : qu’est-ce qu’on fait des miettes qui restent au fond du livre une fois qu’on l’a fini ? Hein ?
6 septembre 2008 at 16:03
Comment faire pour résister aux critiques littéraires de Kiki? Il pleut trop (sans me vanter non plus) pour que je descende des nuages sur nos collines et courir à la librairie, mais lundi, c’est chose faite. Quel que soit la météo du jour!
6 septembre 2008 at 16:55
Ben, c’est malin, j’ai envie de le relire maintenant! ;o)
Ta critique est fraiche, enthousiaste, enlevée, elle pourrait bien figurer à la fin du recueil de Flipo comme une “Happy end”!!!
Merci aussi pour le lien!
Bonne soirée!
Martine (chez qui il pleut aussi…)
6 septembre 2008 at 17:14
Merci pour le tuyau, Kiki. Ils ne l’ont pas à ma médiathèque, mais je vais bien trouver un moyen de le lire ! Au fait, je constate avec joie qu’on a la même religion : moi non plus, je repasse pas.
6 septembre 2008 at 17:42
Ouais ! tout ça c’est pipeau et compagnie ! Un auteur qui pistonne un autre auteur, une vraie mafia j’vous dis !
(je l’ai commandé
(quoi ? mais le bouquin de Georges Flipo triple buse !)
6 septembre 2008 at 18:18
Acheter un livre ?
Mais c’est déjà fait !
J’ai acheté « Charlémoi ».
C’était très bien.
Et comment ça, « maison Posuto fondée en 1703 » ?
Et avant, vous étiez où alors ?
6 septembre 2008 at 19:20
D.K., le problème des miettes de chips est rude. Le Posuto Blog va embaucher une équipe de spécialistes pour mettre à jour des solutions acceptables. (entre le p’tit coup d’aspi et le manuel de Savoir Manger proprement des chips AU-DESSUS du paquet. Ha)
) Bonne soirée à toi aussi !
)
Chantal, vous ne serez pas déçue, c’est de la belle ouvrage, et qui va ensoleiller les montagnes avec une pincée d’Inde et de Brésil !
Martine, de rien (enfin, la pluie, c’est pas moi, il faut pas me remercier
Anna, on est deux ! On peut faire une secte, tu crois ? Avec GourouKiki et GourouAnna comme Grands Commandeurs ?
Madame de K, alors si les mafieux peuvent plus s’entraider, où va-t-on, je vous prie, hein ? (et tu m’en diras des nouvelles
Jean-Luc, mais avant, nous étions bien trop jeunes et immatures ! J’en discutais hier encore avec les frères Bogdanoff. Non pas hier, au siècle dernier. Non, après demain. Oh, pis, je ne sais plus, j’ai la chronologie toute enrhumée…
Kiki
6 septembre 2008 at 20:20
[...] Qui comme Ulysse ; une invitation à la lecture. [...]
6 septembre 2008 at 23:13
Et on peut le lire même si il pleut pas?
C’est quoi la pluie d’abord?….
7 septembre 2008 at 08:37
Bonjour,
J’ai lu et apprécié ce recueil, et pourtant il ne pleuvait même pas !
7 septembre 2008 at 10:58
Qui comme Ulysse fait un tabac! ou un malheur, si vous ne fumez pas….
On en parle dans tous les blogs ( même ceux où l’auteur n’a, semble t-il, encore rien publié) et moi qui n’ai pas de sous que deviens-je?
Ma religion m’interdit le repassage mais la vie en a décidé autrement. Alors je fais semblant de repasser .Sauf chez Posuto…dans cette vénérable maison qui date de trois siècles et des poussières de chips, on passe et l’on repasse volontiers, même par beau temps…
7 septembre 2008 at 11:38
J’adore les nouvelles (les bonnes). C’est en général un travail d’orfèvre. Jusqu’à présent je n’ai jamais été déçue quand je me suis plongée dans un recueil de nouvelles.
Je lis plutôt le soir en attendant le sommeil. Trop de travail dans la journée, sauf quand je sacrifie à une sieste réparatrice dans les périodes d’insomnie.
Je déteste la pluie (dehors) mais que c’est agréable de l’entendre tomber sur le toit et le rebord en zinc quand je suis douillettement installée.
Enfant, j’adorais aller m’allonger dans ma chambre avec un livre quand il faisait trop mauvais pour jouer dehors. Le temps passait avec la rapidité de l’éclair.
Hervé disait que tu n’avais plus le temps pour bloguer… Ou seulement le week-end ? En tout cas, c’est toujours plein d’un subtil humour qui me va à ravir.
7 septembre 2008 at 15:14
Dominique, nouvelle adepte ! On commence fort !
7 septembre 2008 at 18:28
je note le titre en toute confiance, comment résister à ton billet?
8 septembre 2008 at 11:44
Merci pour le conseil.
Vous eûtes pu aussi l’emprunter en bibliothèque, votre livre. C’est moins cher.
A bientôt.
8 septembre 2008 at 21:58
Lire un livre quand il pleut…. On peut même pas le mettre à son poignet pour montrer que c’est cher… Enfin, merci pour l’info ! je note.
9 septembre 2008 at 06:45
Rien à dire sur un livre que je n’ai pas lu, en revanche je laisse un bisou pour le clan Posuto.
9 septembre 2008 at 11:20
Oui, Leunamme, elle aurait pu.
Encore que peut-être pas tout de suite et pas dans toutes les bibliothèques ?
Parce que la “liste” sur laquelle se fonde le choix des bibliothécaires, eh bien, elle est à 80 pour cent dictée par la vraie Mafia: celle des gros éditeurs qui ont leur circuit, leurs journalistes, lesquels vont aller tympanisant chez le Fou du roi, Lire ou Livre hebdo à peu près toujours les mêmes auteurs ou clones de ces mêmes auteurs.
Et ce recueil, qui a par ailleurs fort bonne presse, (car je ne dis pas non plus que tous les critiques littéraires soient des traîtres et des vendus, je dis juste qu’il y a des réseaux, des habitudes, des paresses de pensée, des sirènes, des préjugés…) vaut d’être lu, vaut d’être acheté.
Et chaque fois que vous irez emprunter gratis à la bibliothèque le dernier Chose, le nouveau Truc, le prochain Machin, vous comprendrez en les rendant sans ressentir aucun déchirement (pas de “jamais sans mon Bidule”) que vous avez fait le bon choix: vous n’aurez pas contribué à faire marcher la machine comme un écureuil halluciné, vous serez pas encombré chez vous de ces livres souvent interchangeables (que vous ne relirez pas, puisqu’il y aura encore et toujours un prochain Truc, un nouveau Machin ) et vous aurez ainsi économisé de quoi offrir autour de vous plusieurs Ulysse… Parce que le vôtre, vous n’allez pas le donner, ah non!
Tout cela pour dire qu’il y a un bon usage de son chéquier, et un bon usage des bibliothèques de prêt.
Mais ce que je voulais dire au début, c’est que si j’aime beaucoup moi aussi “Les sources froides”, j’ai pour “Un éléphant de Pattaya” , “Le voyage vers le frère” ou pour “Rapaces”, la dernière nouvelle du recueil, une admiration sans bornes.
9 septembre 2008 at 12:08
Tilu, alors, la pluie, je vais t’espiquer. Oh pis non, à quoi ça servirait ,

Keisha, c’est la preuve que ce livre est fait pour tous les temps !
Domi, c’est bien qu’on parle de ce livre qui est bon, parce sa sortie en ce moment, au milieu de 428876 autres, c’est pas gagné !
Kamizole, tu me diras des nouvelles de ces nouvelles ! Le temps passera à la rapidité de l’éclair, j’en suis sûre !
Anna, on va faire boule de neige !
Céleste, tu ne seras pas déçue !
Leunamme, il est tout neuf, peut-être pas encore dans les biblios. Et puis, c’est bien aussi de rétribuer un auteur !
Fanette, c’est sûr que c’est pas très Rollex dans l’esprit !
Dunia, des bisous à toi aussi !
Magali, j’approuve à grands pas. Non, à grande voix. Il n’est pas question que je donne mon Ulysse. A la limite, je peux le prêter. Mais seulement à quelqu’un qui habite chez moi (histoire de ne pas trop le perdre de vue…).
Kiki
13 septembre 2008 at 13:36
“A la limite, je peux le prêter. Mais seulement à quelqu’un qui habite chez moi (histoire de ne pas trop le perdre de vue…).”
J’adore !
14 septembre 2008 at 23:06
coucou en passant très vite, des bises et bonne nuit
22 septembre 2008 at 10:30
[...] Un Philippe Claudel peut-être, que ne rebutent pas Les âmes grises ? Qui, en définitive? Où est-elle cette plume non asservie à la comédie des faux lustres de la littérature contemporaine? Cette plume libre se gaussant du cynisme ambiant? Chez une Christine Jeanney , encore peu connue, mais dont les mots vont au charbon, aux frontières des dérives de notre mal être, entre gravité, humour et infinie tendresse? [...]