décembre 2006


Suite du blog d’hier, comme annoncé.

Bon, aujourd’hui, le catholicisme en politique. Prenez Jacques Chirac, très élevé dans la chose. Homme fin et cultivé, il a pourtant bâti toute sa carrière politique sur la théâtralisation baroque, sur la peur, sur la relation affective au peuple, bref a priori sur l’inverse de l’argument raisonné.

Toutes ces méthodes étaient utilisées par les catholiques de la Contre-Réforme du 17e siècle, où il s’agissait de reconquérir les âmes égarées du côté des Luthériens.

Il me semble aussi que le catholicisme politique se retrouve dans le césarisme politique et messianique : ça se la pète comme vocable, c’est pour dire « autoritaire et qui se comporte en prophète ». Un homme (jamais une femme… sauf Evita Peron, peut-être) s’impose au peuple par son charisme autoritaire et son sens de l’opportunisme historique. Suivez mon regard, ce fut le cas de De Gaulle bien sûr, sorti du moule d’une vieille famille catholique lilloise.

permanences-chapitre-2.gif

Je mets aussi dans cette catégorie les présidents élus ou réélus d’Amérique latine, qu’on appelle parfois populistes, moi je préfère donc césaro-messianiques : Morales en Bolivie, Ortega au Nicaragua, Correa en Equateur, Préval en Haïti, Chavez au Venezuela. Colonisée intégralement par l’Espagne et le Portugal aux 15 et 16e siècle, l’Amérique latine est le continent le plus marqué par la religion catholique.

Demain, dernier chapitre de cette mini-série, et ensuite j’annoncerai ma candidature aux présidentielles. Non ? Ah bon.

RV

PS : bonne fête aux Sylvestre, qui se font rares et c’est bien dommage.

Publicité

Ça m’a sauté aux yeux d’un seul coup, dans la cuisine immense de 7 m² où je me contorsionnais pour ranger trois couverts, tandis que la radio égrenait ses kyrielles d’informations : il y a de sacrées permanences historico-politico-religieuses en ce bas monde.

Chapitre 1, le protestantisme. Demain j’écrirai le chapitre 2, le catholicisme. Vous voilà prévenus. Ceci dit, étant personnellement aussi athée que possible, ne craignez ni sermon ni prêche…

Bon. Il y a environ 500 ans, Luther, virulent moine allemand, placardait ses 95 thèses sur toutes les portes qu’il croisait dans son village. Parmi elles, l’une me semble encore aujourd’hui guider plus ou moins consciemment l’activité politique des hommes élevés sous ces auspices protestants.

permanences-chapitre-1.gif

C’est l’idée que le Prince, le dirigeant, le chef quoi, a le devoir d’être éclairé, et s’il en est convaincu, il s’arroge en plus le droit d’être autoritaire. A l’époque dudit Luther, ce principe politique de l’obéissance à son suzerain, quelle que soit la méfiance qu’on développait à son égard, donna naissance au mythe du « Despote éclairé », encensé par Voltaire (qui comme dirait Michel Onfray, n’a pas que pensé mais aussi écrit des conneries…) en la personne de Frédéric II de Prusse (là, si vous aviez eu Kiki au texte, elle aurait écrit Frédéric II le Retour…)

J’en arrive à mon propos : que fait George Walker Bush, protestant états-unien, depuis 2000 ? Il se comporte en despote éclairé (je sais, cet adjectif accolé à son nom fait rigoler mais l’essentiel c’est que lui le pense). Que fait Lionel Jospin, d’éducation protestante, depuis 2002 ? Il nous accuse, nous vilain peuple de gauche égaré qui chez Taubira, qui chez Besancenot, qui chez Chevènement, de l’unique responsabilité de sa défaite. Imaginez l’humeur du Lionel le jour où Ségolène Royal a obtenu le soutien du Che, après avoir rallié -à reculons, mais rallié tout de même- Christiane Taubira…

Si je ne décide pas entre-temps d’élucubrer sur d’autres sujets, je vous ferai part de la suite de mes réflexions à ce sujet demain. Si c’est pas fidéliser son public ça…

RV

Eh bien, oui.

 

Ce moment qui semblait irréel il y a encore peu de temps est enfin arrivé, OUI ! Cet instant que tous espéraient, que tous anticipaient, ces mains tremblantes et moites d’émotion levées vers l’infini, ces yeux humides de saisissement devant l’incroyable instant et son imminence, OUI ! Je suis là, Ô, peuple des ténèbres blogantes et je viens à toi pour…

 

Mais d’abord, cheminons ensemble avec RV dans ce portfolio « T’as voulu voir Vesoul » tout frais cueilli du jour. A votre gauche, la chapelle Remfreneu-la-Suzette, construite en Millebreuzdandsept, brûlée par les Barbares 100 ans après et reconstruite à l’identique mais en tout neuf un peu plus tard. Sur votre droite, la rue du Centre, nommée ainsi parce qu’elle est au milieu de quelque chose (mais de quoi ? On ne sait pas. Ah, toute la magie du doute…). Plus haut, la tour de l’église Saint-Merreufregnin, on croit qu’elle tombe comme la célèbre Italienne Pisante (Piseuse ? Pisaroise ?…Je n’sais plus…). Mais non ! Rassurez-vous, naïf public, c’est l’auteur photographe, ah le taquin, qui inclinait l’objectif façon torticolis. Et je vous laisse apprécier le reste à votre convenance, munis de votre Guide du Routard préféré.

 

 

bonne-et-heureuse.gif

En ce qui concerne les prochaines photos, Vierzon est loin et Honfleur bien au-dessus de nos possibilités financières (Nous lancerons un Honfleurathon dés janvier).

Donc, RV a vu Vesoul. A ce propos, en ancien franc-comtois, Vesoul se prononce Veuh Zhoul. Je vous fournis ici (gratuitement) la traduction exacte : Veuh pour « Vœux » et Zhoul qui signifie « Les-meilleurs-aux-hommes-de-bonne-volonté ».

 

Eh bien, oui. C’est ce soir que je vous offre mes meilleurs vœux pour l’année nouvelle, qui chez moi va du 30 Décembre au 29 Décembre suivant (un choix qui m’est personnel). J’en profite pour souhaiter à l’avance une bonne année à la Chine (17 Février), une excellente année aux Maoris (16 juin) et bravo aux Malgaches pour qui les jours font 36 heures et les années 243 jours ; coton, non ?

Kiki

blog-update.gif

J’en ai bavé des ronds de chapeau, sué le burnous et charrié des tonneaux de Danaïdes mais A Y EST ! J’ai enfin réussi à insérer une bannière en haut du blog ! Au passage, merci à l’équipe de modérateurs du Monde, qui sont plus que disponibles et très réactifs pour filer un coup de main !

Et puis autre nouveauté, là sur votre gauche (non, l’autre gauche ! Voilà, dans la colonne…), il y a des photos prises par Kiki. Et retouchées par kiki. Et tout ça sans obligation d’achat.

Promis, demain on essaiera de placer un micro-ondes, une cafetière espresso et un fer à friser. Avec Paint, sinon c’est pas du jeu…

RV

telescopage.gif

Jacques Chirac propose d’abolir « définitivement » (ce qui en langage « Ve républicain niveau expert » se dit « constitutionnellement ») la peine de mort en France. Saddam Hussein va probablement être pendu pour l’ensemble de ses crimes.

Est-ce une coïncidence tordue ? Ou est-ce un message subliminal envoyé par un Chirac qui nous aura à peu près tout fait et son contraire, de la grotte d’Ouvéa au discours du Vel’d’Hiv, des essais nucléaires au soutien du Tiers Monde ?

Il a raison cette fois. La peine de mort est un acte de barbarie qu’il faut définitivement laisser aux barbares et ne pas retourner contre eux. Jamais. La justice n’est pas inscrite dans la Bible ou le Coran, ces livres sont des récits de vengeance et de conquête.

La justice ne peut être que laïque et innocente du crime de sang. Si Chirac veut nous laisser cela en testament, je prends.

RV

Connaissez-vous Sialkot ? Moi non plus, avant de trouver cette information sur le site de Courrier International, comment souvent.

C’est une métropole de 3 millions d’habitants, située à la frontière Nord-Est du Pakistan. 80 % des ballons de football de la planète y sont fabriqués, par Nike et d’autres FMN, soit un total de 40 millions de baballes.

Et voilà qu’en novembre dernier, la firme à la virgule réalise que son sous-traitant local, SAGA sports, enfreint les règles du BIT (Bureau International du Travail), notamment en ce qui concerne le travail des enfants. On imagine que, sans scrupules, ces zélateurs locaux de la mondialisation font turbiner 10-12 heures par jour des gosses par ailleurs analphabètes. Du coup, Nike abandonne le Cachemire (la région, pas le tissu…) pour se conforter à la morale internationale.

proverbe-pas-pakistanais.gif

Belle et tardive vertu. C’est très bien, M et Mme Nike, nous sommes fiers de vous. La production éthique, c’est formidable. Juste une petite remarque : si vous aviez eu des scrupules un peu plus tôt, vous auriez pu éviter de priver de revenus 20000 familles, totalement dépendantes de ces ballons.

« Mieux vaut tard que jamais ». ? Pas à Sialkot, Cachemire, Pakistan.

RV

Cherchant tel un cochon truffier de quoi nourrir le blog en cette soirée du 25 décembre, et ayant décidé de ne rien concéder à l’air du temps, je décidai donc de parcourir les pages Planète presse du site internet de Courrier International.

Et je découvris cette chose incroyable, étonnante, sidérante : l’Ile Maurice possède 21 organes de presse recensés, dont 8 affichent un site internet. Sachant que ce petit pays voisin de Madagascar ne compte que 1,2 millions d’habitants, pour une superficie moitié moindre que celle d’un département français, on peut oser une comparaison : imaginez que l’agglomération lyonnaise ait 21 journaux et magazines.

Toujours navigant sur les eaux exotiques de Planète presse, j’appris également que le plus gros tirage du pays avoisinait les 75000 exemplaires. Osons à nouveau comparaison avec la France : c’est comme si proportionnellement à sa population le plus important journal français tirait à… 3 millions d’unités. Soit environ six fois plus que Le Monde.

Question qui nous brûle tous alors l’esprit : Maurice est-elle une République particulièrement démocratique ? Difficile à dire au regard des informations wikipédiennes. Pas plus explicite n’est l’encyclopédie Encarta.

maurice.gif

Que me reste-t-il pour conclure pas trop stupidement cette petite information sur l’information ? Une autre (et dernière) comparaison : si la jeune (15 ans en 2007) République de l’Ile Maurice arbore fièrement 21 entrées de presse, l’Union Européenne, 50 ans en 2007, 25 pays et bientôt 27 ou 28, 500 millions d’habitants, 1ère puissance commerciale du monde, l’UE donc n’est créditée que d’un titre, un webzine d’étudiants Erasmus intitulé Café Babel.

Je sais bien qu’il est plus facile de créer une société accomplie avec peu de gens qu’avec une foultitude d’habitants séparés par des langues et des cultures variées, mais 1 seul titre, tout de même…

RV

C’est la date fatidique. Nous devons choisir notre camp, camarade. Deux cas de figure s’offrent à nous :le-choix-est-en-option.gif

1. C’est Noël, joie dans la demeure ! Pas de pitié pour les huîtres qui, je le rappelle, sont muettes, ce qui est quand même plus pratique. Rassemblons-nous autour d’un chapon naguère vif (pas très intello mais vif) et, famille unie, laissons de côté nos divergences pour échanger ces présents affectueux que sont le service à fondue, les chaussettes Snoopy et « Crazy Frog Racer 2 contre les lapins ».

2. C’est Noël…Ah, tous ces gens seuls, oubliés, démunis… Qu’ils le soient toute l’année, passe encore, mais ce soir, Non ! Donnons notre temps et notre énergie, partageons avec eux un moment de chaleur (euh, demain, je peux pas, j’ai les beaux-parents à dîner). Donnons à ceux qui dépriment et se sentent encore plus seuls vu les contingences du 1 (voir plus haut).

Une autre possibilité ? Non !?! (air incrédule). Si, si. Aujourd’hui, demain, après-demain et avant-hier sont des jours… euh… (là, on attend un adjectif qualificatif, n’importe lequel, mais y vient pas). Des jours, avec le soleil qui se lève et se couche, des jours où ça caille, des jours de congés ou de boulot, des jours avec des événements dans le monde (Ah bon ? Pas de trêve, pas de seconde magique où tout resterait en suspens ? Pas de minute vers minuit où les souffrances morales et physiques s’anéantiraient ? Je suis déçue.)

Des jours sans tristesse particulière ni joie exagérée. Des jours, quoi.

La naissance du fils de qui ? 

« L’Eglise refuse les funérailles religieuses à Piergiorgio Welby »

Ben, l’attaché en communication du Père du fils a du sauter la page où y’a écrit Dieu est Amour. C’est fou comme des fois les gens font pas leur boulot.

Bon. Parlons d’autre chose.La Saint Valentin : c’est une date fatidique. Nous devons choisir notre camp, camarade. Deux cas de figures s’offrent à nous… 

Kiki

(eh oui, ça fait deux fois qu’on vous fait le coup !)

 

La parole est à Louise, 10 ans et 8 mois :

                           louise-et-la-politique.gif

Loulou

le-verre-a-moitie.gifLa moitié des fonds promis aux victimes du Tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est ne sont pas arrivés à destination.

A l’époque, on avait d’ailleurs injustement vilipendé une ONG parce qu’elle avait osé demander aux donateurs de libeller leurs chèques pour d’autres causes, le Darfour par exemple.

Bien sûr, cet échec relatif est choquant. Et il sert de miroir ambigu à nos égoïsmes, qui se satisfont de donner quelques euros pour les justes causes, mais qui sont aussi bien contents de se dire : puisque c’est comme ça, je ne donnerai plus rien !

Au nom de quoi le circuit humanitaire serait-il efficace et vertueux à 100 % ? Y-a-t-il 100 % de compétence chez tous les médecins, pompiers, enseignants, bref dans tous les métiers de service ? 

Je ne défends pas la gabegie ou l’inefficacité, je pense simplement qu’une belle idée humaniste ne transcendera jamais l’ensemble des comportements humains qui mènent de la pointe de notre stylo à la survie des damnés de la terre…

RV

Page suivante »