Ce soir c’est lui qui a la parole. Alors d’après ce que j’ai compris il a écrit ce texte il y a quelques mois et je le trouve bigrement intéressant. Même si je n’approuve pas tout (le passage sur la gauche et les salariés), l’essentiel me sied, notamment l’idée d’idéal nécessaire.

Et j’ajoute une chose : le bus 39, il connaît aussi bien que moi…

Olivier donc :

     L’atonie politique, le manque d’imagination des professionnels de l’élection m’effare. Monsieur Sarkozy, un des moins originaux d’entre eux, surfe sur le vague confortable de la démagogie, jouant avec le vocabulaire et avec les caméras. Tout est bon à prendre, pourvu qu’on en parle. Ce type est dangereux, mais ses adversaires, de droite ou de gauche, le sont tout autant. Car alors que l’économie est en berne, que la France se cherche, le ministre de l’intérieur concentre l’attention sur les maux les plus évidents : banlieue et insécurité, érigeant l’ordre social comme futur combat des présidentielles 2007 et les autres laissent faire ou en rajoutent. Qui, en 2002 a crié « plus jamais ça ? ». La scène a déjà été jouée. Et quand un bateau prend l’eau de toutes parts, il n’est pas courageux de vouloir écoper avec la petite cuillère de la stigmatisation des étrangers. En 1933, de l’autre côté du Rhin, d’autres ont laissé faire. Ce dont manque notre pays, ce n’est pas d’intégration. La France a raté celle de ses immigrés, tirons en des leçons pour plus tard mais ne nous laissons pas aveugler par cet échec. Or aujourd’hui aucune force politique ne nous propose ce qu’il faut : un nouveau projet politique, social, économique, un nouveau projet de nation, une redéfinition du rôle de la France en Afrique, en Europe, dans le monde. Une autre voie plus harmonieuse dont le rôle, dans la cacophonie entendu du concert orchestré par les Etats-Unis serait de redonner l’essentiel : du rêve. Sur ce plan là, rien de neuf, nulle part. La gauche s’amuse à la dictature des minorités, au nom sacro-saint du respect de l’homme. Les salariés, eux, ont cédé définitivement au patronat. C’est une première dans l’histoire du capitalisme. Le patronat n’est guère mieux loti : il a cédé aux actionnaires, et c’est tout aussi nouveau. Nous sombrons dans la nullité.      Le projet de constitution sur l’Europe, rejeté, au grand dam de tous sauf des professionnels politiques avides, pour une fois, de se distinguer (mais c’était si simple) ne proposait rien de plus. Il entérinait une réalité économique, ne proposait rien de neuf sur le plan politique et ne laissait même pas croire que l’Europe pouvait se donner la peine de proposer d’autres pistes de réflexion.

     Il n’est pas sain aujourd’hui d’attaquer notre modèle de pensée : l’islamisme est à nos portes. Voilà, à peine grossi, le sous-entendu de cette atonie générale. Je le dis aujourd’hui : il ne s’écoulera pas beaucoup de temps avant que cette idée ne soit clairement exprimée. Elle domine déjà en vérité, ne serait-ce que dans l’inconscient collectif. Deux réflexions à ce sujet… D’une part, cette idée participe une fois de plus de la peur, or la peur du dehors, de l’autre, n’a jamais, me semble-t-il, poussé l’homme à se dépasser. D’autre part, je crois que ce danger se nourrit justement de notre manque d’imagination, de notre incapacité à repenser notre relation à la politique, à la consommation, à notre rôle social. Quand un système atteint ses limites, il peut ne pas sombrer immédiatement. Mais qu’on ne s’étonne pas que des barbares recouvrent un peu d’énergie alors. Eux ont un idéal, aussi vil soit-il. Un idéal, c’est ce qui nous manque, et c’est même ce qui manque à l’ensemble des nations. Quand l’Amérique, première et seule hyper puissance, en est à torturer ses adversaires, quel est son idéal ?

Olivier M.mon-pote-olive.gif

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