Les regards médiatiques sont braqués sur un mot.

A coup sûr, les toujours prompts commentateurs du blog des correcteurs du monde font bruisser son écho. L’UMP affûte ses plus belles lances pour perforer l’auteur d’une tellle offense à la langue française. Le secrétaire général du PS, proche de la coupable dans la vie (j’allais dire réelle) privée, bafouille ses explications à tel point qu’il en ressemble en plus vrai à sa marionnette des Guignols de l’Info.

couarditude-mediatique.gifAffaire d’Etat. Après 10 ou 15 heures d’avion et autant de décalage horaire, au cours d’une visite de 10 minutes sur la Grande Muraille de chine, sous un vent terrible et des dizaines de journalistes aux aguets de sa moindre parole, elle prononça fatidiquement le mot : « BRAVITUDE ».

Tandis que les Pérec, Queneau, OUvreurs de LIttérature POtentielle et autres Pierre Dac et Francis Blanche se marraient dans leur tombe, les autres, bien vivants et bien observateurs, se regardaient effarés : l’a-t-elle dit, a-t-on bien entendu, cause-t-elle toujours la France, putain elle va dégringoler dans les sondages c’est sûr, qu’en pense Nicolas Hulot, et-caetera.

Conclusion : quand t’es candidate à la présidentielle, t’as pas intérêt à faire de l’humour, même involontaire, avec la langue française. Si Sarkozy avait de la classe, il déclarerait un truc du style « J’ai écouté ma rivale avec beaucoup d’attentiabilité », et on n’en parlerait plus.

Mais de la classe, en a-t-il ? C’est pour moi une grande mystériose… 

RV