L’édition matinale de France Inter, relative à cette tribune, évoquait une étrange nouvelle. En résumé, les administrateurs du Louvre ont un projet à moyen terme (2012), celui de parainer un surgeon de leur musée vers Abou Dhabi, ville principale des Emirats Arabes Unis. Contre environ un milliard d’Euros. Je l’écris en chiffres : 1 000 000 000 €

Le Louvre, ses collections, et plus généralement le patrimoine artistique sont-ils des marchandises économiquement mondialisables ? Si l’on est un tant soi peu humaniste, la seule réponse est NON.

Mais il y a pire. Au cours de l’émission radiophonique susmentionnée, un malicieux auditeur demanda : Qu’en sera-t-il des oeuvres à sujet érotique ou dénudé, comme « l’origine du monde » ou « le déjeuner sur l’herbe » ? Seront-elles exposées aux yeux des Emirs du Golfe ? (sur 700000 habitants à Abou Dhabi, une proportion colossale est constituée de travailleurs immigrés venus du sous-continent indien ou des pays du Golfe. Surexploités, sous-payés et maintenus dans l’isolement social, ils ne constitueront sans doute pas la quintescence des visiteurs du Musée…)

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Réponse évidemment embarrassée, mais claire, de l’invité, par ailleurs directeur du Musée d’Orsay : Non, car il faut, dans un dialogue des cultures, respecter les us et coutumes de chaque partie du monde…

Ouais… Surtout lorsque « us et coutumes » alignent par wagons les pétrodollars. Exporter quelques collections du Louvre ne va tout de même pas revenir à exporter la liberté artistique. Il y a des limites mon brave ! Ben oui, quoi, manquerait plus qu’on publie des caricatures de Mahomet…

RV