L’être humain est ainsi fait qu’il aime les belles histoires. Il aime les héros, les costumes qu’ils enfilent : le petit jeune homme courageux qui lutte, le vieux sage aux proverbes sibyllins, le gros méchant cruel (ah, le salaud), la mère un peu grassouillette, la séductrice qui brise les coeurs, la princesse inaccessible… petit catalogue de repères, du Petit Poucet au Seigneur des Anneaux. Des images nous imprègnent depuis l’enfance et peuvent, pourquoi pas, malgré nous, encourager nos empathies ou nos méfiances. Je sais, c’est de la psychologie à deux balles, mais bon, c’est dans mes moyens (financiers et intellectuels) et je fais ce que je veux.

 

Les élections s’approchent (ah bon ?) et mon cerveau est tout coagulé d’histoires et de contes. Des fois, je confonds bêtement les protagonistes et les candidats.

 

Le Pen : Une horde de morts vivants derrière lui, l’œil de Sauron sur son béret, le rire gras un peu barbare, des « dérapages » savamment distillés comme filtres ensorcelants les simples d’esprit. Un costume efficace (noir, cuir épais et déchiré, quelques clous, une balafre). Brrr.

 

Sarkozy : Nerveux, très agité (on suppose qu’après un verre de trop au comptoir du bar, il se retournera brutalement pour dézinguer Mémé). Il s’efforce de parler tout doucement, mais on discerne facilement sous la veste les doigts serrés sur la poignée du sabre. On sait aussi de lui que par le passé, il a trahi le shérif. C’est le costume du fourbe (chapeau de pirate, sueur, bagues à gros cabochons rouges). Passons, mortels, n’appuyons pas…

 

Ségolène : La princesse, gracieuse, élégante, calme…Zut, non, elle invente des mots. C’est donc le poète saltimbanque à la mandoline. Ben, non, ça c’est un rôle d’Italien. Alors c’est donc la mère, la madré, la mama. Ben, non plus. Une mère, ça rassure, ça épluche les légumes en attendant dans la chaumière le retour du marin pêcheur. Mais quoi ? C’est donc la séductrice, la vamp, la briseuse de cœur, l’espionne, la traîtresse machiavélique. Ben, non, ils disent qu’elle sonne creux comme une courgette. Pas foutue d’enfiler un costume, alors ? Aïe aïe aïe.

 

L’Ecolo : On l’attend, on l’espère. Il doit lutter pour sauver la Planète et ses habitants, Héros de la Quête Ultime, il repoussera à mains nues les marées noires et les catastrophes nucléaires (et le maïs pas frais). Mais ??? Gasp ! Il est PLUSIEURS ! Du multi têtes, du vert pâle, du vert émeraude, du vert bouteille, et les têtes olivâtres se chamaillent entre elles, cous tordus, elles se mordent les oreilles en grognant…Mars attaque ? Help.

 

 

Bayrou : L’agent très spécial 6213, doté d’un équipement performant capable de décrypter la complexité de la Vie. Il travaille (dans l’ombre) pour nous éclairer (brutalement) : « Chez TF1, ils exagèrent ! » (Non ?? Ah bon ?!!) Son costume magique (du lin, toujours impeccable), conçu par la sœur de la voisine de James Bond, s’adapte à la corpulence de chacun, genre bottes de sept lieues. On trouve que l’eau mouille et, dans l’instant, pof, on en est revêtu. Il n’est pas effrayant, c’est sa plus grande force (enfin, pour moi, c’est le héros qui tue la conversation à gros calibre, les oiseaux volent, les fleurs ont des pistils et y’a des fruits dans la salade de fruits…)

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Guerre d’images et de personnages, les élections ?

 

Bon. Je vais arrêter de boire l’eau des nouilles et songer à m’intéresser au scénario. Finalement, la psychologie à deux balles a ses limites et il faudra bien leur ôter leurs costumes, à tous, les ranger bien à plat, sans maquillage dans leurs boîtes respectives, celle de gauche, celle de droite…etc.

 

Je suis sans doute trop vieille pour les belles histoires.

 

 

Kiki

 

 

 

 

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