Le billet d’aujourd’hui va aborder un point sensible, névralgique, presque un tabou : l’idéologie. Personne ne s’en réclame. Idéologie, c’est devenu le synonyme inavoué de stalinisme, étroitesse d’esprit, ringardise, j’en passe.

Oui bon, je veux bien sauf que jusqu’à preuve du contraire, l’idéologie c’est la plate-forme des idées essentielles, c’est le socle philisophique, social et historique sur lequel s’appuie la POLITIQUE.

L’actualité récente sert de point d’appui : par exemple, les cantines scolaires de Drancy et du Bourget. Les maires UDF de ces communes ont décidé la gratuité de la cantine. Idéologiquement, c’est un geste social qui, pour être efficace, présuppose une force publique conséquente, en l’occurrence du personnel de cantine. Ce dernier est en grève car il est débordé. Hé oui, l’UDF est à droite, son idéologie prône la réduction du nombre de fonctionnaires. Voilà donc deux maires de droite incapables d’assumer leur geste de gauche, par manque d’outillage idéologique approprié ! Tout comme à mon humble avis la gauche fut incapable de faire gober les merveilles du « capitalisme à la Tapie » dans les années 80.

Quant à Nicolas Sarkozy, on a tendance à oublier de le recadrer dans ses rails. Il est de droite. Il n’a pas à citer Blum et Jaurès pour parrainer son action politique. Ce brouillage de cartes gratuit va peut-être lui attirer la sympathie d’électeurs peu politisés, mais le noyau dur de son camp mérite une idéologie plus assumée. Je ne partage pas, mais alors pas du tout ses idées, mais je suis pour la clarté. Droite, Gauche, ce n’est pas pareil. La politique c’est ça : des différences fondamentales assumées de part et d’autres.

Bayrou, vieux briscard, a tout pigé. Bien entendu que son programme est de droite, vous verrez bien qui il soutiendra au 2e tour si c’est NS vs SR ! Mais il capitalise gentiment de quoi prétendre à un gros poste ministériel (le 1er qui sait ?) en sifflottant qu’il est la synthèse en politique. Ni droite, ni gauche, bien au contraire !

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Ségolène Royal se fait piéger par les médias tous les deux jours. Comme on ne peut la soupçonner d’être naïve, la seule explication est qu’elle estime que ce sont des broutilles sans intérêt et que la vague de fond populaire qui l’a portée jusqu’ici emportera aussi ces critiques. Pas sûr, et de toutes façons, elle a tort de ne pas clairement, dès maintenant et fermement, annoncer un programme de gauche. Elle perdra peut-être des électeurs qui préfèrent la forme au fond, mais elle en ramènera sûrement aussi dans son giron. Moi le premier.

RV

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