février 2007


Le seul Allemand à avoir gagné un Tour de France jette l’éponge. Jan Ullrich arrête sa carrière. On s’en fout, me dira-t-on, et certes, je n’aurai pas de larmes pour le gaillard, plus que vraisemblablement, avec d’autres, dopé jusqu’à la moelle. Ajoutons tout de même qu’il est fort injuste que le cyclisme absorbe tous les regards réprobateurs, tant le dopage est répandu dans presque tous les sports, et notamment le football.

33 ans, fin de partie. Lorsqu’il gagna le Tour en 97, les commentateurs disaient tous : il va en gagner 5 ou 6 autres. Ils s’en désespéraient déjà. Deux ans plus tard déboulait l’Exterminator Lance Armstrong qui réalisait la série à sa place. Et l’Ogre Ullrich devint le second couteau, un vulgaire Iznogoud. Puis Jan prit des habitudes houblonées et sans doute blanche-poudrées, qui le faisaient grossir chaque hiver. Ensuite, de janvier à juin, il s’épuisait à retrouver un poids convenable pour juillet et se faisait, irrémédiablement, battre par le Texan. Ajoutez à cela une tactique d’équipe défaillante le plus souvent, la gloire du gamin de Rostock était scellée : il était le Poulidor d’Outre-Rhin.

Et si Jan Ullrich, sans le vouloir, sans le savoir, symbolisait la réunification allemande ? Comme elle, il a suscité d’immenses espoirs. Comme elle, il a coûté beaucoup d’argent (gardons le sens des proportions cependant, Ullrich gagnait en fin de carrière plus de 100000 € par mois, mais la réunification allemande en a coûté plus de 1200 milliards…). Comme elle, il a augmenté la notoriété du sport allemand au niveau international -l’ex RDA pointait aux premiers rangs mondiaux de l’athlétisme notamment. Et comme la réunification allemande, la carrière de Jan Ullrich laisse un goût amer et inachevé (je précise aux éditions Harlequin que je copyrighte immédiatement cette dernière phrase afin qu’ils ne me la piquent pas. Y’a pas de raison de laisser la médiocrité dans le domaine public).

Jan Ullrich est un Ossi (terme péjoratif désignant les allemands issus de l’ex RDA), qui compensait son manque d’assurance, une certaine faiblesse de jugement et sa timidité par des recettes de sorcier du guidon. Tous ceux qui l’ont approché disent qu’il se rendait disponible, souriant, et ne refusait jamais de signer un autographe. J’ai de la compassion pour ces gamins surdoués, futures stars du sport qu’on a empêché de grandir intellectuellement en les faisant passer de coach en entraîneur qui tous, sans scrupule, agissent en monarque absolu. Dope-toi, bouffe des nouilles à 4 heures du mat’, ne vois pas tes proches, te plains pas c’est pas la mine.

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La légende du sport français a consacré Poulidor par-dessus Anquetil, alors que le palmarès de ce dernier est infiniment plus étoffé, entre autres de 5 Tours de France. Il se peut qu’Ullrich outrepasse Armstrong de la même façon. « Les Français, ils n’aiment pas les gagnants, they don’t like winners, what can you do ? » disait Armstrong en commentant son impopularité. Comme si la logique sportive devait tirer l’affectif du côté de la logique libérale. Et tout comme la réunification allemande, la carrière de Jan Ullrich ne put adopter la logique libérale sans dégâts humains.

RV

PS : chanson de Bourvil en haut à droite pour illustrer sonorement ce billet.

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Courrier est mon Dieu, International est son prophète.

Un article (j’ai failli écrire une loi édictée sur une tablette de marbre, avec au fond un buisson ardent et devant un vieillard aux yeux plus lumineux que la normale, mais quelque chose -une Puissance Supérieure, donc- m’a retenu, comme le bras d’Abraham le fut en d’autres temps, c’est décidé j’arrête les neuroleptiques), un article donc, est donné à ma méditation :

SCIENCE • La lune influencerait le comportement humain :

« La lune influence non seulement les marées mais aussi les gens », rapporte The Independent. « Des scientifiques estiment que les médecins et la police devraient tenir compte des conséquences du cycle lunaire sur leurs activités. » Le quotidien britannique cite plusieurs travaux de recherche à l’appui de cette thèse.

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Ainsi, des chercheurs de l’université de Leeds relèvent une augmentation des consultations chez les médecins généralistes pendant la pleine lune. Un institut slovaque a quant à lui mesuré « un pic de crises d’asthme et de goutte pendant les nouvelles et pleines lunes ». A New York, on a observé une recrudescence de naissances lors du dernier quart du cycle lunaire. Des recherches lient aussi cycles hormonaux et cycles lunaires pour la reproduction humaine, notamment la fertilité, la menstruation et le taux de natalité.

Mais les effets ne seraient pas d’ordre strictement physiologique. En Floride, les agressions et meurtres augmentent lors de la pleine lune tandis que les accidents de voiture sont, eux, au plus bas.

A noter que d’autres études contestent ces liens entre activité humaine et cycle lunaire, et que la question fait encore débat dans la communauté scientifique.

Ainsi la Raison qui guide nos pas serait ronde (mais pas toujours…ah, la fourbe), visible dans le ciel (mais pas toujours…ah l’hypocrite), et trois petits lapins y fumeraient la pipe en mangeant des raisins (je garde malgré tout une vision musicale et enfantine du monde qui m’entoure). Heureusement que la Science est là. Elle change ma vie. La Science ET un calendrier des Postes. En un instant je m’en saisis, l’œil vigilant, décidée à repérer les petits dessins ronds qui ressemblent à s’y méprendre à des smileys mais qui n’en sont pas, et qui sont imprimés juste en face des jours.

La prochaine pleine lune chez moi, c’est le 3 mars. Je prends dès ce matin rendez-vous pour LE 3 MARS (principe de cause à effet) chez mon médecin traitant à 8 heures pour être la première sur le coup (j’évite la salle d’attente bondée avec le petit dernier de la famille Duraflot qui bondit sur les sièges en crachant ses poumons sur la cantonade). Je lui demande (pas au petit Duraflot, hein, au médecin) de me prescrire son artillerie lourde, exit l’asthme et la goutte, car déjà que l’une après l’autre ces altérations du corps sont exécrables, mais en sus les deux en même temps peuvent briser le moral le plus solide.

De plus (ma réflexion s’intensifie) je m’arrange pour ne pas accoucher lors du dernier quart du cycle lunaire (la salle d’attente de la maternité n’étant pas extensible et les sages femmes ne se reproduisant pas entre elles comme des lapins).

Irai-je en Floride le 3 mars ? Et pourquoi pas… Mais de loin, à l’affût et avec des jumelles. Voir les gens se garer bien sagement, faire des créneaux aux petits oignons, clignoter dans les temps, céder les priorités d’usage avec un signe de tête amical, puis descendre de leur véhicule pour aller se peigner la gueule très proprement doit être un spectacle aussi insolite qu’un envol de tangaras vermillons dans la Baie-Saint-Paul au Québec.

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Evidemment, des incrédules contestent ces liens entre activité humaine et cycle lunaire. Alors quoi ? Je vous le demande gentiment, oui, quoi ? Je réponds Principe de Précaution. Voilà. Qu’ils débattent entre scientifiques, quand ils seront au point, j’aviserai.

Mais qu’apprends-je sur le même Courrier International (que son nom soit vénéré) ???

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THE INDEPENDENTLe monde est proche d’un désastre nucléaire

L’horloge, qui marque symboliquement à Londres et à Washington le temps restant avant une catastrophe nucléaire, sera avancée de plusieurs minutes aujourd’hui, ce qui signifie que le monde se rapproche de plus en plus d’une guerre nucléaire. Selon le système inventé en 1947 par des scientifiques américains, plus les aiguilles de l’horloge se rapprochent de minuit, plus la catastrophe nucléaire est imminente. La prolifération nucléaire et le terrorisme international justifient cette progression.

Bon. Ben on oublie tout ce que j’ai dis avant, les salles d’attentes, les tangaras vermillons et tout ça. Je vais aller me prendre un mille-feuilles avec un bon café. Et des gaufrettes à la framboise. Et des galettes bretonnes. Et des gâteaux apéros. Et du vin cuit. Du morbier. Allez, champagne !

(bientôt un dossier sur « Obésité et Alcoolisme, des corrélations », enfin, bientôt, dans la mesure du possible…)

Kiki

PS : en haut à droite, la chanson Moonriver, chantée par Audrey Hepburn dans le film Breakfeast At Tiffany’s (Blake Edwards, 1961), tiré d’une nouvelle de Truman Capote. Il existe une version sublime de cette chanson chantée par Morrissey.

…ainsi parlait non pas Zarathoustra (si quelqu’un sait écrire ce nom sans erreur et sans dico du premier coup je lui dégotte une médaille kissairarienmékéjolie) mais Zazie, entre deux métros.

Ça cause politique à fond sur les blogs. Bon, « Pas de polémique », nous ne rappellerons pas ici que Posuto est plutôt anti-… et pro-…, n’y revenons pas. Enfin quoi que… Mais non, rien, pas maintenant.

Ce qui me frappe, m’étonne et m’interpelle (dans l’ordre que vous voudrez), c’est la grande passion, pour ne pas dire la grande violence, qui anime les débats, les échanges d’opinions, les vacheries voire les insultes recueillies sur les blogs ou dans les réactions aux articles du Monde, par exemple.

Beaucoup se sentent investis d’une parole si brûlante qu’elle semble incendier le papier virtuel de nos écrans. Punaise, cette phrase est à caquer de honte, pardon. Je reprends : plein de gens Yzont l’impression que leur opinion doit être sur rue (pignon sur rue, clin d’oeil spécial pour tous les acharnés du jeu de mot laid, et bigre ils sont nombreux…), sur devanture, sur canapé, sur nos ordis quoi.

Or nous sommes vraiment entre nous. Mais alors entre nous. On a autant d’influence sur la vie politique de ce pays que Giscard d’Estaing sur la diplomatie nicaraguayenne… Si peu de gens bloguent (je sais même pas l’écrire ce verbe) que notre influence ne peut mathématiquement que se limiter à nous, soit quelques dixièmes de % de voix.

Par ailleurs, tous les journalistes professionnels, qu’ils soient issus de la presse écrite, de la presse audiovisuelle ou de la « presse-toi un peu on est en retard pour aller au spétak », surfent comme des Kelly Slater* fous chaque jour sur le Net. En surfant ainsi, les pros de l’info ont donc à mon avis l’impression que les blogueurs, issus du grand public (même en nombre restreint) ont acquis les mêmes outils qu’eux, et qu’il s’en servent pour au mieux les seconder, au pire les remplacer. Certains s’en agacent, ils ont peut-être raison. Offrez un ensemble « Caméra numérique de la mort + logiciel de montage qui tue sa race » à une buse, vous n’en ferez pas la nouvelle Agnès Varda.

Mais ils exagèrent la portée des blogueurs sur le pays « réel ». Certes, nous utilisons le même media que ceux qui « fabriquent » l’opinion. Potentiellement, chacun de nous peut avoir autant de lecteurs que Libé ou Le Parisien. Pourtant la démarche Internet reste élitiste. Le péquin moyen peut, au hasard de sa journée, tomber sur un Nouvel Obs ou un Fig mag, chez le coiffeur, le toubib, au bistrot, chez sa tante, que sais-je encore. Mais jamais il ne se retrouvera à goûter fortuitement aux délices d’un blog. Pour résumer ma pensée, journalistes et blogueurs ont les mêmes centres d’intérêt, mais pas la même influence.

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Concluons. Quand Yva falloir aller aux urnes, et que le suspense sera à son comble, ce n’est pas la blogosphère qui emportera le morceau. Ce ne sont pas non plus les militants, les convaincus, les grandes idées. Qu’on le déplore au nom du fond, qu’on s’en réjouisse par goût de la forme, ce sont les 15 à 30 % d’indécis qui, probablement le jour même de l’élection, feront pencher les plateaux. Et pour Posuto, Nom d’un os, le fond c’est quand même plus consistant que la forme !

Le beau temps éventuel emmènera les insouciants à la pêche ou à la plage ; la jolie affiche pleine de promesses d’une aube meilleure guidera la main de tel ou telle vers un bulletin inattendu ; la dernière affaire de violence urbaine ou de corruption des élus brunira quelques votes de gens par ailleurs charmants ; la beauté, le charisme, la coupe du costume, le timbre de la voix influenceront des milliers de votes. C’est cette imbrication de petits faits aléatoires qui poussera deux candidats vers le 2e tour. Le même enchaînement, le 6 mai prochain, dessinera le 1er visage de France. Un visage qui aura alors toutes les raisons pour nous faire grimacer.

RV

* Je précise que seule mon addiction bien connue aux jeux vidéos m’a permis de connaître le nom de ce champion incontesté de surf qu’est Kelly Slater, sport pour lequel j’entretiens un intérêt que la bienséance m’oblige à qualifier de « très modeste ».

J’aurais beaucoup de difficultés à parler de Claude Ponti . L’homme est secret. Impossible de savoir où il passe ses vacances, ni s’il préfère le pâté en croûte au saucisson à l’ail.

J’ai lu de lui un roman « Les Pieds-Bleus  » qui, pour peu qu’on lui prête un brin d’autobiographie, évoque une enfance construite malgré et par-dessus toutes sortes de violences, les évidentes, les passives et les lâches.

Disserter à propos de quelqu’un que je ne connais pas est peu confortable (mauvais pour mon ego). Je préfère vous parler de ce que je sais du génie de Claude Ponti : ses albums pour enfants (parus à l’Ecole des Loisirs). Outre qu’ils sont tous bons, certains d’entre eux sont plus que bons, le mot meilleurs pourrait convenir mais je sens bien qu’il n’est pas à la hauteur et comme manquer de vocabulaire nuit gravement à la communication entre humains.

Mon préféré, c’est Le Tournemire .

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Prenez cinq minutes dans une librairie de votre choix (pas une boulangerie ni une charcuterie ou tout lieu cruellement privé de littérature) et trouvez vous un exemplaire de l’album en question. Essayez de faire abstraction des bruits environnants, des piaillements (vous êtes au rayon Enfants) des parents, des odeurs suspectes et fluctuantes difficilement identifiables.

Ou mieux, procurez-vous l’album (achat, emprunt, vol qualifié) et lisez-le à voix haute, bien au chaud, bien au calme, à un enfant.

Je suis considérablement infoutue d’expliquer sur quoi, dans quoi les mots et les illustrations de Claude Ponti farfouillent, sûrement dans des replis profonds ou inconnus, dans des cellules de notre corps qu’on croyait mortes, dans des zones du cerveau jamais colorées au scanner. L’histoire du Tournemire est belle, dangereuse, onirique, comique, effrayante, incompréhensible, simple, rassurante, émouvante et efficace. C’est comme ça.

Je ne me risquerai pas à interpréter les symboles que l’auteur anime. Je n’en ai pas les capacités intellectuelles, et je pourrais en m’aventurant dans cet exercice, y perdre mon français (pas le latin que je n’ai jamais possédé).

Si par hasard donc, vous lisez à voix haute Le Tournemire à un enfant, faites-moi profiter de l’expérience. Si vous êtes très futés, ce dont je ne doute pas, vous pourrez peut-être m’expliquer pourquoi, à chaque fois que j’ai lu la dernière phrase de la dernière page

« Mais de temps en temps, et seulement quand ils en ont envie, Azilise sème des fleurs et Mose devient léger. »

j’ai senti dans mes bras un changement de température, et dans ma voix un sanglot sans larme qui la cassait.

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Kiki

L’autre soir, sur France Culture, entre 18 et 19 heures, une émission sur la chasse. J’écoute d’une oreille, l’autre oreille cuisine et gère le cercle de famille avec le faible espoir de le voir se transformer en carré, figure géométrique plus propice à un stockage aussi silencieux que reposant. Le décor étant ainsi planté dans toute sa magnificence, voilà ce qui m’est resté de l’émission :

Les chasseurs sont des amoureux de la nature. L’un d’eux, âgé mais néanmoins poète, évoqua la beauté de la créature surprise au détour des fourrés. Un autre raconta son plaisir de la traque, de la recherche d’empreintes, d’indices, subtil mélange de sensations entre Sherlock Holmes et Cochise. Un troisième expliqua que le « J’t’ai eu » était son moteur, et que s’il avait pu, à l’image du pêcheur, rejeter le lièvre dans l’eau après avoir retiré l’hameçon, il l’aurait fait. La beauté du gibier transperçait les discours.

Heureusement, me disais-je, que nous ne fonctionnons pas ainsi dans la « vraie vie ». Il me faudrait sans doute creuser une fosse devant la terrasse du jardin de Richard Gere et la remplir de pieux aiguisés, poser un appât, patienter le temps qu’il agonise, puis taxidermiser l’individu pour en décorer mon salon. Encore que le plus attrayant bipède à mes yeux est Jeff Goldblum (je sais, je sais, je ne l’explique pas, je constate). Lui, je préfèrerais l’attraper et l’enfermer dans une cage pour le nourrir, lui parler, nouer des liens, mais ça s’apparente à la pratique de l’élevage et non pas à celle de la chasse, ce qui m’éloigne du sujet de ce billet.

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Donc, me disais-je, heureusement que, parce que nous trouvons une créature belle, nous ne la tuons pas illico sur le champ presto. L’industrie du cinéma et celle de la mode s’en trouveraient considérablement affectées. J’imagine les défilés ball-trap Georgio Armani, les mannequins qui s’avancent, tremblantes, dès que résonnent le mot « Pull ! », les techniciens de surface munis de serpillières qui s’activent sous les spotlights…

Il est grandement dommage que la science et la technologie n’aient rien prévu pour satisfaire aux plaisirs des amoureux de la créature surprise au détour des fourrés. Un inventeur fou pourrait concevoir un outil pour remplacer le fusil sanglant…Vivement que Joseph Nicéphore Niepce nous invente la photographie (le plaisir de la traque serait intact, celui du trophée poussiéreux et mangé de mites remplacé par un poster géant technicolor en papier glacé super propre).

J’ai aussi entendu un chasseur parler du sanglier. Dans la région dont-il était question, il est parqué (car dangereux pour les cultures), nourri (sinon il claque tout maigre), débile (parce que vivant en vase clos il est consanguin) et tiré (parce que…eh ben, je sais pas pourquoi).

On parla de la qualité gustative du gibier. On occulta le fait qu’une pince à épiler est nécessaire en cuisine (outil indispensable lorsqu’on ne veut pas retrouver de menus plombs dans sa sauce Grand Veneur et se faire péter une couronne bêtement). Une larme attristée coula sur ma pommette, pensant à tous ces gens loin des supermarchés et contraints de subvenir primitivement à leurs besoins, ces exclus, ces parias, qui survivent, solitaires, seulement munis d’une gibecière usagée, de munitions et d’armes à feu.

Une dame raconta son expérience de chasse dans le Grand Nord où elle tua un ours blanc (sans doute pour des raisons artistiques, le blanc de la glace et le blanc de l’ours, ça fait ton sur ton, c’est une faute de goût, le rouge relève le tout pour le plaisir des yeux. L’Art, ça ne se discute pas).

Une autre dame cria « Assassins buveurs de sang ! » ce qui ne détendit pas l’atmosphère. Un adepte de la marche à pied prit la parole. Je n’ai pas pu entendre ce qu’il disait à cause de mon cercle qui n’était pas carré, mais je suppose qu’il a évoqué les dangers de la cueillette des champignons, où l’on risque sa vie deux fois : la première en pouvant être confondu avec un cerf (se munir d’un chapeau rouge avec une éolienne lumineuse et des grelots aux pieds, Rémy Bricka ramasse autant de champignons qu’il veut sans problème), la seconde en consommant par mégarde l’amanite phalloïde lâchement infiltrée dans le panier à girolles.

Je n’ai pas entendu la suite de l’émission, mais j’ai chopé une information au vol : les chasseurs vieillissent, ils ne sont plus remplacés, les jeunes n’aiment pas particulièrement la chasse. C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est que le chasseur est en voie d’extinction. La mauvaise, c’est que les pratiquants qui continuent malgré l’âge voient leurs sens (vue, ouïe, précision) s’étioler (prévenez Rémy Bricka !).

Forte de ces considérations, je constate que les émissions sur la chasse ne sont pas ma tasse de thé. Ce naturel là me revient au galop. Et je ne le chasse pas. Logique, non ?

Kiki

…nous possède la télévision par satellite. Car je l’affirme, je le dis Zoé Fort, la télé bien triée rend moins bête.

Il fut un temps (que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, et en plus y s’en tapent) où, jeune et fringuant malingre étudiant dans la ville du saucisson, du quintuple champion de France de soccer et du bicolore confluent Rhône-Saône (vérifiez, les deux cours d’eau n’ont pas la même teinture !), à savoir Lyon, je fréquentais assidûment les cinémas d’Art et d’Essai. Quand je dis assidûment, c’est faible. 3 à 5 fois par semaine souvent.

Puis la misanthropie et la paranoïa m’ayant investi sans crier gare (et sans prendre le train non plus, yeckyeckyeck…), je décidai de bouder ces endroits d’une propreté parfois bidochonnesque, où en plus d’éteindre les lumières et de se retrouver dans une obscurité moite et fétide, on entend des bruits variés et agaçants, et où l’on risque sa vie pour avoir reproché à un malotru de brailler des bêtises à son copain, pourtant assis à 20 cm de lui…

Bref, je me mariai et j’acquis la télévision.

Bon là j’ai fait court hein, je sentais que l’auditoire avait besoin d’être un peu réveillé par une figure elliptique de derrière les fagots.

Nous avons le câble ou le satellite depuis 1999 (comme Posuto d’ailleurs. Non, il a pas la télé, c’est nous qui avons recueilli Posuto, chien éponyme de ce blog, en 1999 !). Et depuis, nous avons vécu des moments de bonheur intense, un peu comme un carré de chocolat, un 18 sur 20 avec une peau de vache ou un 13e mois inattendu. Principalement en regardant le golf, le cyclisme et le football américain.

Euh, non, pardon, en regardant les séries télévisées américaines. En V.O., pas par snobisme, mais parce que c’est vraiment VRAIMENT incomparablement mieux. Vous savez, Kiki et moi nous sommes des gens simples issus de familles ouvrières besogneuses, nous n’avons pas l’habitude de snober qui que ce soit… D’ailleurs nous vous raconterons un jour nos enfances de Cosette et Gavroche, c’est à pleurer, bref… Non je blague. Permettez, pour une fois que je tente d’être drôle…

Les Américains sont imbattables pour les sitcoms. Je suppose que leur parcours artistique est tellement jalonné d’épreuves qu’ils deviennent excellents sans même s’en rendre compte. Hormis « H » et « Kameloot », aucune série française n’arrive à la cheville des séries US, en tout cas c’est ce qu’on pense chez les Posuto.

Prenez Friends. Là je ne m’étends pas trop, mais bon, 10 saisons presque de même qualité, respect. Et que dire de l’ancêtre Cheers ! Un bistro de Boston, Kirstie Alley, Ted Danson, Woody Harelson… Très drôle ! A la même époque, Taxi , où sévissait l’incroyable Christopher Lloyd. Ces deux séries furent proposées par Série club. Sur AB 1, je me souviens qu’on ne ratait pas un épisode de Boston Common , hilarante série où deux ploucs tentent de faire leur vie à l’université.

Toujours dans le registre comique, le public connaît désormais That 70’s show, ou Spin City, et peut-être aussi Troisième Planète après le Soleil, série pas du tout du tout bien pensante ! Mon Oncle Charlie n’est franchement pas mal non plus…

Mais rigoler ça va bien deux minutes. On est là pour faire cogiter, alors cogitons. New York District (Law and Order), les 7 premières saisons particulièrement, nous plongent dans des abîmes de réflexion souvent non conventionnelle sur le bien, le mal, la justice humaine. Dans la même veine, The Practice se laisse bien voir, même s’il est difficile de l’avoir en V.O. Tout comme l’épatante série flic-secouristes New York 911.

Et puis il y a les perles rares. Les séries que quand tu les vois, après t’as l’empreinte du menton au niveau du sternum. Ceux qui ont vu par exemple Dead Like Me , en ce moment rediffusé sur Jimmy, savent ce qu’on veut dire. Cette série parle de la vie et de la mort comme on ne l’avait jamais fait auparavant.

Enfin, mention spéciale, meilleur acteur, scénariste, réalisateur (Purée en plus c’est vrai il fait tout ce mec !) prix du Jury, Palme d’or et tutti quanti, Posuto a nommé Denis Leary. Ce garçon a quoi, 40 ans à peine. Ce qu’il fait est archi américain et totalement anti américain à la fois. Il frise la censure toutes les dix minutes, il remue la m… de l’Amérique avec une force de Titan. En France on n’aime pas beaucoup les Américains, mais on adore l’Amérique. Ben avec Denis Leary c’est l’inverse, et pourtant c’est les gens pas joli-joli qu’il ausculte. Pas joli-joli de prime abord.

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Il tourne d’abord 19 épisodes de The Job , parodie bluffante de la vie quotidienne de flics paumés dans un commissariat new-yorkais, puis plus récemment Rescue Me , et alors là alors là je ne sais plus quoi dire. Sauf que la série TV d’excellence est largement au niveau du 7e art. C’est beau la télévision pas comme les autres.

RV

PS : Musique du générique de rescue Me en haut à droite.

Aujourd’hui, je change de vie !
J’en apprends de bien bonnes, non, deux bien bonnes, que je porte immédiatement à votre connaissance, telle une Hermès femelle aux pieds agiles et ailés (pour le costume en lin à ceinture dorée et couronne de fleurs, je fais du 38).

La Une bien bonne : le chocolat améliore les performances du cerveau. Yeah ! J’ai moi-même fais des recherches personnelles très poussées et extrêmement précises, néanmoins jamais publiées (je suis d’une discrétion) qui démontrent sans doute possible que le chocolat rend heureux, généreux, attentif, désintéréssé, artiste, philosophe, musicien, peintre, humaniste, démocrate, économe, bricoleur, compréhensif, perspicace et spirituel. Pourquoi croyez-vous que j’en sois à deux plaquettes par jour ? Il est aujourd’hui établi que le chocolat pousse l’intelligence aux limites du supportable et améliore notre fonctionnement sanguin. C’est décidé, je passe à trois plaquettes.

La Deuz’ bien bonne : la télé rend malade. Ouch! Et pas qu’un peu : déficience visuelle, obésité, diabète, dérèglement du sommeil, déclenchement de l’autisme, précocité de la puberté. Pour la puberté, je suis passée à ça… là, je montre avec les doigts et vous ne voyez rien, ce qui prouve la fragilité du fonctionnement de mon cerveau (et hop, un carré de choc). Et toutes ces maladies qui pleuvent comme les sept plaies de l’Egypte Ancienne ne tiennent même pas compte de la chaîne regardée. On se doute bien que le diagnostic vital est en jeu dès que c’est TF1. J’arrête tout de suite (enfin, TF1, j’ai arrêté depuis longtemps). Je veux dire j’arrête le reste, les autres chaînes, enfin, j’arrête….euh, je vais attendre qu’on commercialise des patchs anti-télé et aussi j’attends le Columbo de samedi sur TV BREIZH (suis pas sûr de l’avoir déjà vu) et dimanche y’a Dead Like Me en VM sur Jimmy (c’est bon comme du miel qui coule sur la barbe) et mardi sur TCM je veux voir Les Damnés de Visconti (pas sûre des souvenirs que j’en ai et c’est aussi en VM), bon j’arrête plus tard que mardi, il sera toujours temps de suçoter du Télérette…

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Je rectifie donc l’entrée en matière de ce billet : plus tard que mardi, je change de vie !

Une prise de décision saine et énergique. Ah, ça fait du bien. Cette perspective de mourir intelligente (et hop, un carré d’choc) et dotée d’une puberté non précoce procure à mon coeur ce qu’un ardent brasero donne aux Inuits les soirs d’aurores boréales.

Kiki déterminée

PS : depuis deux-trois jours la chanson à droite est en rapport avec le billet du jour. Si c’est pas de l’investissement ça madame !

L’expression « démons intérieurs » s’est approchée, elle a sorti son index et a tapoté mon épaule d’un air interrogatif.

Diable (ben, c’est fin, tiens).

J’en ai (des démons). Ils sont dedans (intérieurs en quelque sorte). Il faut les faire sortir (l’Eglise et l’exorcisme, l’analyse et la psychothérapie, l’hygiène, toutes ces préoccupations humainement spécifiques m’y enjoignent).

Mais qui sont-ce ? (pour mieux les faire sortir, dans un premier temps, il convient de les identifier).

Et que me font-ils ? (constater l’effet pour mieux cerner la cause, une démarche toute scientifique que je m’étonne moi-même d’utiliser à si bon escient –ça n’a rien à voir, mais celui qui a inventé les parenthèses, je lui dois une fière chandelle-).

Mes démons me font rarement agir contre ma volonté. Une bonne paire de claques et basta.

Mes démons me font l’effet contraire des anges, de Marie Curie ou de Casimir. Dans un deuxième temps, ils m’énervent, me gonflent, m’exaspèrent, me révulsent, me Rogneugneubouzoukisent (un coucou attendri au Capitaine Haddock en passant).

La liste à la Prévert de mes démons est bien peu poétique. Après réflexion, un démon plus cornu que les autres se détache du lot, je le soupçonne grandement d’être seul, mais multiforme pour brouiller les cartes. Appelons-le la Peur.

La Peur des esprits médiocres, bornés, étriqués, des certitudes rigides à l’emporte-pièce, des coups de poing hâbleurs sur la table, des fachos, des racistes, des violents, des brutes, des extrémistes, des lâches, des irrationnels, des insensibles, des carnassiers, des cruels, des humiliants, des égoïstes, des mauvaises fois, des « si tu n’es pas avec moi tu es contre moi », et la peur des mots usagés qui ne dénoncent pas grand chose.

Ajoutez à ça la Peur de la maladie, celle de la mort, et d’être encore debout forcément je m’étonne.

Trop de lucidité tue l’espoir ?

Incohérente je suis, j’ai fait des enfants. En cadeau de baptême, sous le couffin brodé, ils reçoivent toute cette peur et les leurs s’y ajoutent. Alors quoi ? Les armer ? En faire des loups plus musclés, plus féroces que les autres loups, qu’ils bataillent au milieu des « Marche ou crève » pour en sortir vainqueurs et presque indemnes ? C’est une option. Mais garder intact son démon et le transmettre aux enfants en prime est un échec redoublé.

Je leur explique qu’il faut se brosser les dents tous les jours, et qu’on peut refuser d’être un loup ou une brebis, qu’il est possible de devenir un autre animal, plus sage, plus complexe et plus complet. Un animal qui considère la chaîne alimentaire comme accessoire et qui ignore avec superbe l’adage « manger ou être mangé ». Une bestiole étonnante et démoniaquement méconnue…

 

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Et pourquoi pas ? Le naturaliste de base doit se tordre de rire par terre. Tant pis (après tout, nous n’étions pas si liés). Si l’un de mes enfants, par hasard, devenait biologiste, j’aimerais qu’il tende son index vers une page d’encyclopédie pour me montrer la photo de l’étrange animal, le Ni-loup-ni-brebis (merveillam utopicam en latin).
Alors, j’aurai chassé mon démon intérieur.

Kiki

Illustration « la route des Indes » de Valérie Maugeri

 

Chère Madame France Inter,

Je me dépêche de vous écrire vu que c’est ce soir minuit la limite pour participer au jury du livre Inter. A ce propos Mme Inter, je me demande si vous connaissez bien la France, haha, parce que les bureaux de poste et surtout les levées à minuit, ben c’est pas chez moi. Chez moi c’est 17h15, 10h le samedi, pis c’est tout. Donc je me dépêche de vous écrire avant 16h, parce qu »avec les enfants à aller chercher à l’école, le goûter et tout ça, faut que je parte à la boîte vers 16 h.

Je vous demande donc de bien vouloir considérer, au cas où ma candidature vous paraîtrait médiocre, que j’ai techniquement disposé de plusieurs heures de moins que le quidam chanceux habitant Paris, car à mon avis y’a que là que les levées sont noctambules.

Mais venons-en au fait. Je pense que ma présence enrichirait le jury. En effet, je suis capable de voir des choses que les autres ne voient pas. Ou plus exactement d’entendre des choses que les autres n’entendent pas. Par exemple, ce matin chez vous, chère France, j’ai entendu Mme Alliot-Marie utiliser un néologisme qui, s’il avait été pris dans la bouche de Mme Royal, aurait fait tourner les rotatives de la presse pendant 72 heures. « Bicéphalité », a donc dit MAM, et par deux fois. Mot qui n’existe pas, pas du tout, ni dans le Robert, ni dans les diverses sources que j’ai consultées. On dit « bicéphalisme ». Mais passons. Cette dame maniait tellement goulûment la langue de bois que ça en devenait une performance post-moderne. Bravo l’artiste.

J’ajoute que ma candidature se justifie par ma connaissance intime de l’oeuvre de Mme la Présidente cette année. Oui, Mme Laurens, je connais votre oeuvre artistique sur le bout des doigts. « Africa, j’ai envie de danser comme toi, et d’obéir à ta loi, Africa ! » C’était en 1982, j’étais en 3e, ah, c’était le bon temps, vraiment. Et puis votre carrière a connu des hauts et des bas, malgré des collaborations avec Goldmann, Cabrel, Chedid, Yves Simon, et d’autres. Je lis sur votre site internet que vous serez invitée chez Michel Drucker le 4 mars prochain pour évoquer les années 80, chouette !..

Pardon ? Vous êtes sûrs ? Oh alors là désolé, my mistake… Il s’agit apparemment d’une méprise. La Présidente du jury serait Camille Laurens, et non Rose Laurens… Je me disais bien aussi, nul roman dans la bio de Rose, mais comme dit Pierre Assouline « Wikipedia c’est de la m… » (je précise pour les lecteurs inavertis que ce dernier propos est acidement ironique). Remarquez je suis rassuré, car sur le site de Radio France on apprend que Camille Laurens « aime les mots », ce qui pour une écrivaine est professionnellement plus prometteur qu’aimer le Gouda vieux. Et en plus on pue moins du groin aux séances de dédicaces.

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Enfin, bon, je plaide non-coupable. Mme Inter, vous ne vous rendez pas compte à quel point l’audition de vos émissions prête aux confusions. Selon vous et d’autres, M. Bayrou ne serait plus de droite, ni de gauche, bien au contraire, mais battrait au 2e tour à la fois Nico et Ségo.

Donc si je vous suis bien, les gens de gauche voteraient pour lui contre Sarkozy et les gens de droite voteraient pour lui contre Royal ? C’est ce que j’appelle de la sacrée analyse politique. Pendant qu’on y est, annoncez nous qu’en cas de duel Chirac – Le Pen au 2e tour, 82 % des gens éliraient Chirac… Pardon ? Vous êtes sûrs ? Oh alors là désolé, my mistake…

RV

J’ai toujours rêvé d’avoir une activité lucrative peu fatigante. Oui, j’ai toujours rêvé d’avoir plein de sous en ne faisant rien.

J’ai donc tenté d’être une riche héritière, mais c’est une idée à envisager tellement à l’avance, bien avant le premier cri, qu’il aurait fallu, oui, j’aurais du, enfin… trop tard.

J’ai pensé à fabriquer moi-même les sous, mais outre qu’il faut investir dans du matériel spécifique, on se doit également d’avoir un sens artistique moultement développé (en plus, pour faire les billets de 500 et de 200 euros, il faut savoir reproduire la Cathédrale de Pouët avec des feutres très très fins, et moi, j’ai les mains qui collent et ça bave).

Alors, j’ai baissé les bras, oui. J’ai abandonné mes rêves, lâchement, comme on attache un chien à une poubelle malodorante sur une aire d’autoroute anonyme… (j’ai aussi abandonné l’idée d’écrire de la poésie, vous ne m’en remercierez jamais assez)

Mais j’avais tort. On ne doit JAMAIS abandonner ses rêves. Du coup, je monte actuellement et sous vos yeux éblouis une petite entreprise fructueuse. J’au eu l’idée en lisant ça . One Million Dollar Baby ! Alors ? C’est-y pas une bonne idée ? Même un ch’veu sur la tête à Matthieu, ça va chercher dans les…Et une dent dans la mâchoire à Jean, hein, combien ?

J’ai décidé de presser le citron jusqu’au bout d’un presse-agrume au jusqu’au-boutisme effréné. Je vais mettre en vente sous peu (soyez vigilants, y’en aura pas pour tout le monde) quelques rognures d’ongles de Jennifer Lopez (interminables et enduits d’un apprêt vernissé), un chewing-gum pré-mâché de George Clooney (Hollywood what else), un kleenex tout droit importé de la poche arrière droite du jean de Travolta, un gobelet en plastique dans lequel Michelle Pfeiffer s’est fait réchauffer (elle-même) du Bolino (elle est d’une simplicité…) etc, etc.

Palsambleu, la Bougresse ! (vous dites-vous, interloqués) C’est qu’elle en connaît du beau monde ! Mai si ce n’est pas le cas, comment va-t-elle s’y prendre pour récolter toutes ces éblouissantes merveilles qui menacent sacrément de nous gâter iris et pupilles rien qu’en les regardant en face et qu’il va nous falloir, du coup, si on se les procure, porter un appareillage protecteur style heaume pour fer à souder ? Oui, comment va-t-elle faire pour obtenir tous ces reliques miraculeuses ? (vous faites bien de mentionner ce détail pourtant infime. Je vois que j’ai affaire à de fins connaisseurs, et je m’en voudrais de ne pas être honnête et sincère avec de si sagaces clients potentiels)

Eh, bien, je pensais, besogneuse, les faire moi-même.

(…sans rien faire…sans rien faire…je m’éloigne du projet initial…)

Une autre possibilité est de passer une sorte de Pacte écologique avec les célébrités people, et qu’elles me fassent confiance pour recycler tous leurs déchets. Une planète plus propre, une Kiki plus riche.

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Kiki

P-S : Je réquisitionne pour moi seule tout objet ayant appartenu de près ou de loin aux Beatles. C’est mon droit de cuissage.

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