J’aimerais bien avoir la foi. Le foie, je l’ai, les fois aussi, et j’aime bien compléter mes collections.

Et puis au fond, je reste envieuse de ceux qui l’ont, jalouse du confort spirituel des autres. Petite, j’ai assimilé Dieu à une sorte de Super Père Noël et tout le monde sait que quand tu crois plus au Père Noël, t’as plus les cadeaux. Alors, moi aussi, moi aussi je veux croire, être récompensée et m’assoir à sa droite (pourquoi la droite au fait ? Pourquoi pas en face ou sur un strapontin derrière ?) et communiquer avec Lui (c’est pratique, il est joignable à tout moment et même dans les bleds mal desservis par les ondes hertziennes). Je suis pas non plus très regardante sur l’Entité. J’aimerais bien avoir la foi pour UN dieu. Celui des rivières, celui des églises, celui des temples. Ou une déesse (vive la parité), celle des récoltes ou des forêts, tout m’irait.

Et je n’ai pas la foi, malgré toute ma bonne volonté. Pourquoi ? m’interrogé-je (c’est compulsif chez moi, je me demande toujours pourquoi ou comment).

C’est ce matin, un dimanche (ah ! corrélation ?) que je crois avoir trouver la réponse à mon pourquoi comment personnel. Ce qui me chiffonne dans l’Entité sus-mentionnée (qu’Elle ou Lui ne le prenne pas mal), c’est l’Au-delà. Si la vie après la vie me semble accorte et sympathique au premier r-abord, ça me donne un arrière goût, tiens, comme les Smarties : c’est beau, ça brille, c’est plein de couleurs, c’est bon, mais au bout du 108ème ça écoeure et ça donne des hanches en pneus de camions citernes.

S’il y a une vie après la vie, un joker,une partie gratuite et méga longue (genre éternellement), qu’est-ce qui t’empêche de trouver la première vie pas grave, pas complète, pas parfaite, pas essentielle et du coup, tu peux attraper des idées bizarres comme te parer d’explosifs en ceinture et te faire exploser la tronche au milieu d’une boulangerie, qu’importe le nombre de morts, l’Entité de là haut fera le tri, reconnaîtra les siens et sermonnera vertement les pas siens, c’est son boulot. Tu peux aussi décider que les merdes terrestres sont des tests, des QCM pas faciles certes, mais la correction et le total des points, c’est pas tout de suite, c’est après la date limite de vitation, et plus tu acceptes les merdes plus t’as de points.

Y’a bien un philosophe, un esprit éclairé qui a dit l’Enfer ou le Paradis, c’est maintenant (et oui, je me demande pourquoi comment, ça ne veut pas dire que je sois cultivée). Ce qui est drôle, c’est qu’en suivant ce raisonnement, on pourrait croire qu’on est tous morts et que nos vies d’avant étaient celles du pou à tête plate ou de la chouette chevêche de Bratislava.

Bref, torturée je suis. Sceptique aussi. Incrédule, je vais. Ce qui ne m’empêche pas, avec ce courage légendaire qui me caractérise et sans tenir compte des esprits chagrins, des épreuves accumulées et des questions sans réponses, de faire du poulet et des champignons à midi.

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Une conclusion culinaire à un billet pensif. Demain, je fais l’inverse : je propose une recette, et je finis par une considération divine.

Kiki

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