…nous possède la télévision par satellite. Car je l’affirme, je le dis Zoé Fort, la télé bien triée rend moins bête.

Il fut un temps (que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, et en plus y s’en tapent) où, jeune et fringuant malingre étudiant dans la ville du saucisson, du quintuple champion de France de soccer et du bicolore confluent Rhône-Saône (vérifiez, les deux cours d’eau n’ont pas la même teinture !), à savoir Lyon, je fréquentais assidûment les cinémas d’Art et d’Essai. Quand je dis assidûment, c’est faible. 3 à 5 fois par semaine souvent.

Puis la misanthropie et la paranoïa m’ayant investi sans crier gare (et sans prendre le train non plus, yeckyeckyeck…), je décidai de bouder ces endroits d’une propreté parfois bidochonnesque, où en plus d’éteindre les lumières et de se retrouver dans une obscurité moite et fétide, on entend des bruits variés et agaçants, et où l’on risque sa vie pour avoir reproché à un malotru de brailler des bêtises à son copain, pourtant assis à 20 cm de lui…

Bref, je me mariai et j’acquis la télévision.

Bon là j’ai fait court hein, je sentais que l’auditoire avait besoin d’être un peu réveillé par une figure elliptique de derrière les fagots.

Nous avons le câble ou le satellite depuis 1999 (comme Posuto d’ailleurs. Non, il a pas la télé, c’est nous qui avons recueilli Posuto, chien éponyme de ce blog, en 1999 !). Et depuis, nous avons vécu des moments de bonheur intense, un peu comme un carré de chocolat, un 18 sur 20 avec une peau de vache ou un 13e mois inattendu. Principalement en regardant le golf, le cyclisme et le football américain.

Euh, non, pardon, en regardant les séries télévisées américaines. En V.O., pas par snobisme, mais parce que c’est vraiment VRAIMENT incomparablement mieux. Vous savez, Kiki et moi nous sommes des gens simples issus de familles ouvrières besogneuses, nous n’avons pas l’habitude de snober qui que ce soit… D’ailleurs nous vous raconterons un jour nos enfances de Cosette et Gavroche, c’est à pleurer, bref… Non je blague. Permettez, pour une fois que je tente d’être drôle…

Les Américains sont imbattables pour les sitcoms. Je suppose que leur parcours artistique est tellement jalonné d’épreuves qu’ils deviennent excellents sans même s’en rendre compte. Hormis « H » et « Kameloot », aucune série française n’arrive à la cheville des séries US, en tout cas c’est ce qu’on pense chez les Posuto.

Prenez Friends. Là je ne m’étends pas trop, mais bon, 10 saisons presque de même qualité, respect. Et que dire de l’ancêtre Cheers ! Un bistro de Boston, Kirstie Alley, Ted Danson, Woody Harelson… Très drôle ! A la même époque, Taxi , où sévissait l’incroyable Christopher Lloyd. Ces deux séries furent proposées par Série club. Sur AB 1, je me souviens qu’on ne ratait pas un épisode de Boston Common , hilarante série où deux ploucs tentent de faire leur vie à l’université.

Toujours dans le registre comique, le public connaît désormais That 70’s show, ou Spin City, et peut-être aussi Troisième Planète après le Soleil, série pas du tout du tout bien pensante ! Mon Oncle Charlie n’est franchement pas mal non plus…

Mais rigoler ça va bien deux minutes. On est là pour faire cogiter, alors cogitons. New York District (Law and Order), les 7 premières saisons particulièrement, nous plongent dans des abîmes de réflexion souvent non conventionnelle sur le bien, le mal, la justice humaine. Dans la même veine, The Practice se laisse bien voir, même s’il est difficile de l’avoir en V.O. Tout comme l’épatante série flic-secouristes New York 911.

Et puis il y a les perles rares. Les séries que quand tu les vois, après t’as l’empreinte du menton au niveau du sternum. Ceux qui ont vu par exemple Dead Like Me , en ce moment rediffusé sur Jimmy, savent ce qu’on veut dire. Cette série parle de la vie et de la mort comme on ne l’avait jamais fait auparavant.

Enfin, mention spéciale, meilleur acteur, scénariste, réalisateur (Purée en plus c’est vrai il fait tout ce mec !) prix du Jury, Palme d’or et tutti quanti, Posuto a nommé Denis Leary. Ce garçon a quoi, 40 ans à peine. Ce qu’il fait est archi américain et totalement anti américain à la fois. Il frise la censure toutes les dix minutes, il remue la m… de l’Amérique avec une force de Titan. En France on n’aime pas beaucoup les Américains, mais on adore l’Amérique. Ben avec Denis Leary c’est l’inverse, et pourtant c’est les gens pas joli-joli qu’il ausculte. Pas joli-joli de prime abord.

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Il tourne d’abord 19 épisodes de The Job , parodie bluffante de la vie quotidienne de flics paumés dans un commissariat new-yorkais, puis plus récemment Rescue Me , et alors là alors là je ne sais plus quoi dire. Sauf que la série TV d’excellence est largement au niveau du 7e art. C’est beau la télévision pas comme les autres.

RV

PS : Musique du générique de rescue Me en haut à droite.