Voyons grand, les limites du monde sont élastiques.

On connaissait l’Île aux enfants. Casimir, son gloubiboulga, Chapi et Chapo, et c’est la nostalgie d’une enfance défunte (pour ceux de ma génération) qui déboule.

On connaissait l’Île aux singes. Elle apparaît aux détours de quelques zoos, et des primates velus et non nageurs s’y épouillent, s’y balancent ardemment et se livrent aux activités essentielles à leur espèce sans craindre d’attaque de prédateur autre que les corbeaux (peu sanguinaires).

On connaissait l’Île aux requins. Le bipède nanti et revêtu d’une cotte de maille traitée anti-corrosion s’y arme d’une pique embrochée d’un poisson quelconque (et mort), plonge dans les profondeurs pour nourrir les squales en quête de supermarché ouvert tous les jours de la semaine et même le dimanche jusque tard le soir.

On connaissait géographiquement une kyrielle d’îles, celle d’Oléron, de Noirmoutier, celle de France, celle de Madagascar, de la Cité, les Bahamas, Tahiti, bref, la liste est longue vu que plein de petits bouts de terre ne sont pas (encore) recouverts d’eau. Je retiendrai l’île d’ Ocolococo, la bien nommée (enfin, c’est drôle à dire, surtout en chantant et en ajoutant Paloma à la fin, mais c’est un détail).

On connaît maintenant l’île des femmes : (c’est dans le journal, je ne sais plus lequel, laissez moi deux secondes, je regarde la couverture, c’est pas le journal de Mickey, c’est pas Parents-Magazines, c’est pas Maisons et Jardins, mais qu’est-ce que c’est, palsambleu, fichtre, nom d’un pipo, incrédible, je n’en reviens pas, c’est pourtant vrai, c’est Courrier International, comme deux ronds de flan je suis, et cette stupéfaction ne lasse pas de me surprendre. Visez plutôt ce « copié-collé » :

Les autorités iraniennes ont décidé de convertir l’île d’Arezou, sur un lac du nord-ouest du pays, en zone exclusivement réservée aux femmes où les hommes n’auront pas droit de cité. Les transports publics, les restaurants et les installations de l’île, sur le vaste lac d’Oroumiyeh, près de la frontière avec la Turquie, n’emploieront que du personnel féminin.
“L’île d’Arezou, l’une des 102 îles du lac Oroumiyeh, sera équipée spécialement pour les femmes”, a déclaré un responsable municipal, identifié comme Aghai, au journal Emrooz. “Il n’y aura aucun homme sur l’île”, a-t-il poursuivi, estimant que cela “[donnerait] un coup de fouet au tourisme dans la région”. La décision a reçu le feu vert du représentant dans la province du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qui a estimé qu’elle n’était pas contraire à la charia. Certaines plages, dans le sud et le nord du pays, sont déjà réservées uniquement aux Iraniennes, qui peuvent s’y dévoiler sans crainte.

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Je le répète, voyons grand, les limites du monde sont élastiques.

Je propose en avant première internationale (je dépose un copyright du feu de dieu dessus) la création immédiate et immanente de nouvelles îles.

L’Îles des unijambistes, ou le moindre vélo est brûlé en Place publique chaque mardi sous les huées des habitants.

L’Île aux chauves (à survoler uniquement, car vus du ciel, les reflets réfléchis par les crânes dénudés éblouissent. On se plaît à pointer du doigt celui qui ne s’est pas oint de crème solaire efficacement, et là on gagne 10 points)

L’Îles des édentés (se munir d’un maximum de pailles, de soupes et de compotes pour amadouer l’indigène).

L’Île aux enrhumés (un voyage aux pays des sons. Ne pas ratez l’Orchestre symphonique de l’île qui performe Berlioz ne manière syncopée…Une expérience).

L’Île aux balayeurs (toujours propre. Le symbole de l’île est un ramasse poussière serti de pierres précieuses. On utilise 70 mots différents pour le verbe « nettoyer », selon la teneur, la qualité et la densité de cracra).

Et il pourrait y en avoir tant d’autres……Je laisse à vos cerveaux étincelants le soin d’étoffer la liste.

Ah, j’oubliais, il reste une île à laquelle j’ai pensé :

L’Île aux cons.

 

Kiki

PS : illustration sonore en haut colonne de droite « Island in the sun » de Weezer.