Je n’ai pas l’intention de dénoncer mes camarades. Aussi, je resterai imprécise quant aux circonstances de l’apparition de l’idée de ce billet dans ma tête (j’ai écrit trois « de » de suite dans la même phrase j’ai droit à une remise pour mes prochains « de », plus deux « de » gratuits).

Sachez seulement qu’il est question d’une émission radiophonique tardive sur France Culture où l’invité est un(e) écrivain(e) qui parle de son dernier ouvrage. L’autre soir (restons flou pour ne heurter personne) c’est-à-dire hier (zut, j’ai gaffé), j’ai eu du mal à entrer dans le sens des mots prononcés par l’invitée. Non, ses mots n’étaient pas compliqués (merci quand même, ça fait plaisir, achetez-moi une méthode Assimil le Français rapido pendant qu’on y est).

L’invitée n’était pas enveloppée de métaphores uniquement accessibles à Bac +18, non. Je veux dire, j’ai tout compris, c’était bien, mais j’ai fait de gros efforts. A cause de la voix de la dame. Qu’elle m’excuse, elle n’y est pour rien, une voix, c’est une voix, et sauf quand on fait l’andouille avec, on a la voix qu’on a, c’est-à-dire la sienne.

Une voix, c’est un peu comme un nez ou comme un pied (j’ai entendu le p’tit malin qui a dit pied de nez, qu’il se calme ou qu’il sorte). Partant de cette constatation, j’ai commencé à délirer copieusement. Et si Laureen Bacall avait la voix de Caliméro ? Et si De Gaulle avait eu la voix d’Arielle Dombasle ? Et si Pierre Arditi avait la voix d’Edith Piaf ? Et si (soyons fous) Edith Piaf avait eu la voix de Pierre Arditi ? Et si la voix de Sean Connery était nasillarde et chuintante ? Et si Greta Garbo…enfin, vous avez compris le principe.

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C’est fou comme une voix aide à faire passer le message, ou au contraire l’empêche d’arriver en bon état aux oreilles de l’auditeur concerné. Parce que les voix sont comme tout le monde, y’a des voix de cruches, de crécelles, de niaises, des voix aguicheuses ou hautaines, des voix langues de vip’, des voix sincères et des voix de faux derch’, des voix toutes mignonnes et élégantes, des voix crapuleuses, des voix rassurantes…

J’avais bien envie de placer « les voix des gens sont impénétrables », mais je me ravise, il y a des limites à ma tarterie.

Et je me disais aussi : dans cet univers bloguesque que nous arpentons en tout sens au gré de nos connexions et penchants, n’est-ce pas d’un grand repos que de ne pas entendre toutes nos voix ? Oui, qui sait à quelle cruelle déception j’échappe, si les voix de mes blogueurs/blogueuses préférées s’approchent d’avantage du crissement de pneu plutôt que du chant d’une source ? Et du coup, je peux profiter pleinement des messages qui me sont transmis, sans désagréable interférence.

Euh…j’ai pas dit que vous aviez tous des voix à la con, hein, je l’ai pas dit…si ? Point n’était mon propos. Si vous le prîtes ainsi j’en suis fort marrie (mais pleine de grâce quand même).

Quant à ma voix, elle est tapissée d’organdi.

(si on m’avait prédit y’a deux secondes que j’écrirai une phrase pareille…)

Kiki

 

PS : en haut à droite, musique de Silent Hill, un terrifiant jeu vidéo