Par conséquence et suite au billet somptueux de Melle Bille ,

je, Kiki, saine de corps et d’esprit (je note les noms des ricaneurs) exécute sans filet et sans le moindre trucage, un retour sur elle-même proche de la figure du triple axel aérostatique immortalisée par Tania Popotaskava aux championnats du Monde de sauts à glace sans les mains en 1978.

Mais qu’est-ce que diable je voulais-je donc faire quand j’éto petiote, hein ?

Aux tout débuts des commencements, après la folle semaine de Dieu et autres billevesées tectoniques, je voulais être vétérinaire. L’âge aidant à la construction de mon intellect, je remarquais, avec cette finesse qui me caractérise encore, que le métier de vétérinaire consiste principalement à s’occuper d’animaux malades. Or moi, je les aimais beaucoup plus lorsqu’ils étaient en bonne santé, les animaux, sans filets de bave verte, sans mâchoire pendante, le nombre de pattes adéquate et plutôt moins de sang à l’extérieur qu’à l’intérieur. Songeant que mettre mon bras dans le derrière d’une vache n’était, pour moi, pas une occupation saine, je décidai de me tourner vers une autre destinée.

Plus tard, j’ai voulu devenir Victor Hugo, mais, diable, quelqu’un, un sombre idiot, avait eu l’idée avant moi, et qui plus est, des patronymes par trop similaires excluaient toute démystification du subterfuge.

Malgré tout, et notant, non sans fierté, que j’étais capable d’écrire subterfuge toute seule et presque du premier coup, je continuai à caresser ce rêve. A ce propos, j’ai en préparation une liste de courses si parfaite qu’elle ne demande qu’à être diffusée largement, encadrée comme elle le mérite, et exposée bien en évidence en lieu et place du canevas de Tata Francine, celui avec le cocker aux yeux tristes (non, pas Jo Cocker, Tata Francine n’aime que la mazurka).

Mais il fallait bien se nourir. Alors, je travaillai. Et je me fatiguai. Et je bâillai. Et je mangeai moins bien. C’est pourquoi RV m’appelle Cosette.

Pourtant, la lecture de cette sombre histoire ne doit pas vous désoler. Car il y a une morale : Tant va la cruche…non…charité bien ordonnée…non plus…Pierre qui mousse le vendredi…Travailler et se donner du courage…non…

Bon, pas de morale. Désolez-vous. Mais faites-le discrètement pour ne pas perturber les autres.

Kiki

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Bon, à mon tour donc, moi l’époux Posuto, autant dire l’Epousouto.

Alors quand j’étais petit, genre petit mais pas minuscule mais petit, je voulus être ingénieur des eaux et forêts. Pour deux raisons majeures.

Un, parce que c’était le métier de l’être humain adulte dont je partageais la chambre d’hopital (à la suite d’une opération des yeux au sujet de laquelle, aujourd’hui encore, vu le strabisme divergent de ouf que je trimbale, je doute de l’utilité). Mais bref, le brave homme me racontait combien c’était beau la nature et combien c’était bien mieux payé un ingénieur.

Deux, parce que Ingénieur des eaux et forêts, c’est genre le super intello au milieu des glands et des busards sauvages, c’est vachement mieux que raton-laveur par exemple et au hasard. Oui, je confesse avoir été habité par un léger complexe de supériorité dans mon enfance, et c’est bien fait si c’est retombé sur le coin du nez de mes géniteurs, y z’avaient qu’à pas faire passer ma vessie pour la lanterne du 20e siècle…

Quelques temps plus tard, un géologue ami de mes parents me fit tourner casaque du végétal vivant vers le minéral pas très vivant. Courte durée.

Car dans ma biographie arrive ensuite, talala, la classe de 6e. Et là, c’est le choc. Le coup de foudre. La révélation. Je serai prof d’Histoire-Géo ou rien. Ben voilà. Je ne suis pas rien, donc. Pas grand chose, mais pas rien. Et en plus je connais la capitale de l’Ouganda, du Bangladesh et du Honduras.

RV

Donc, blogueurs de bonne volonté poursuivez la chaîne de Melle Bille si le coeur, comme nous, vous en dit !