Ah la la. Dire que c’est Bayrou qu’on croyait joueur de poker, et vlan, c’est Ségolène qui joue tapis.

Bon, ça peut se comprendre. Elle est celle qui a lavé le 21 avril 2002. Sera-t-elle :

1- présidente de la République ou rien ?

2- honorable perdante qui reconstruira la gauche ?

3- largement battue et après rien ?

Evidemment, son attitude d’hier et d’aujourd’hui démontre clairement qu’elle n’envisage que le choix 1. En tant qu’électeur de gauche,on peut admettre une sorte de « compromis historique » avec l’UDF afin de battre Sarkozy. On peut même, à l’instar des ouvriers de chez Peugeot en grève, que j’entendais tout à l’heure sur Inter, admettre des ministres bayrouistes, sachant qu’on leur mettra la pression sur le social s’ils s’égarent dans un libéralisme attentiste.

Aujourd’hui, la priorité n’est pas très glorieuse c’est vrai, mais elle est nette : battre Sarkozy. Et tant pis si pour cela on doit donner à Royal un pouvoir dont elle ne saura trop que faire : au moins ce ne sera pas l’autre. Oui, elle pourra être nulle, décevante, tout ce que vous voulez, au moins elle ne sera pas ce que Sarkozy serait.

Quand je dis que la priorité n’est pas glorieuse, je veux dire qu’elle n’est pas au Grand Soir. On sent bien que de tous côtés, ce sont les élections de la peur. Peur de Sarkozy pour les électeurs de gauche et du centre, peur de Royal pour les électeurs de droite et les « défiants » du centre et de gauche.

Mais on ne peut pas admettre une reconstruction de la gauche uniquement tournée vers le centre droit. Or, que se passera-t-il si la tactique « BancoBayrou » de Ségolène Royal échoue ? Elle se retrouvera simple militante (et présidente de région, ce qui est déjà important). Je ne la vois pas mener une rénovation du PS à la Rocard-Kouchner, sauf à provoquer une scission. Et mon soutien personnel (dont personne n’a rien à fiche mais comme c’est mon blog et çui de Kiki je dis c’que j’veux na. Je peux Kiki ? Merci ma puce…) s’arrêtera alors.

Car face aux délires, aux provocations, aux autoritarismes multiples de la droite sarkozyste, je veux bien avaler la couleuvre du centrisme. Mais je ne suis pas prêt, ensuite, à rester orphelin de la gauche, aussi tartignole que cet épilogue puisse paraître…

RV

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