Vous vous souvenez de la série « Cosmos 99  » ? La terre qui quitte son orbite avec sa station spatiale remplie d’humains tous habillés pareils, un rasoir électrique à la ceinture et pas grand monde à raser car ils sont presque tous imberbes dans le casting ? Et les rencontres multiples avec d’autres planètes inopinément posées sur la route, les contacts avec des civilisations monstrueuses, étonnantes, dangereuses ou ‘achement évoluées ? Et le docteur Barbara Bain qui n’a pas esquissé un seul sourire pendant 48 fois 60 minutes (Guiness Book du record des airs sérieux et concentrés) ? Et Barry Morse, le scientifique savant qu’on reconnaissait à ses cheveux blancs, longs et disparates ? Et Martin Landau, le chef, humain mais efficace, qui trifouillait dans ses neurones pour sauver sa petite communauté perdue au milieu de l’espace infini et intersidéral et qui s’en sortait toujours ?

(c’est moi ou leur lampe de bureau 1999 est encore très tendance ?)

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Une fois, ils ont rencontré la civilisation Top du Top, pas un mot plus haut que l’autre, pas un rot à table, pas un geste inutile et la télépathie comme mode unique de communication (donc pas de facture téléphonique). Pas de violence, pas d’incompréhension…la sérénité ultime.

Genre comme lui :

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Mais en un chouilla plus décoratif (oh, ben si, parce que là, le chapeau va pas du tout avec les boucles d’oreilles).

Pas de rapports de force. Pas de dominants ni de dominés. Pas de restes néandertaliens de « je t’envoie une massue sur la tête pour que tu t’écrases ». Pas d’ego surdimensionné soumis aux frustrations et aux appétits de pouvoirs ou de revanche sur l’injustice d’une vie pourtant mesquine (« je t’envoie une massue sur la tête pour que tu construises ma hutte, pour que tu me donnes les oeufs de tes poules, que tu me dises que je suis plus beau que les autres, et que tu me remercies de remarquer ta présence famélique de vassal »). Pas de vieux comptes personnels à régler avec les autres (« mon père était une ordure : je hais les hommes », « ma mère n’avait aucune consistance : les femmes sont futiles »). Pas de manipulateurs.

Dans la civilisation Top du Top, ils étaient tous des êtres entiers à part entière (bon, dans mon souvenir un peu pâlots et un poil immobiles mais quand même). Ils tendaient leurs volontés vers le mieux (et pas le meilleur écran plasma, non non, ni la meilleure crème amincissante, fou, non ?). Et ils avaient atteint la Plénitude pleine, le zen calme, le sommet d’altitude, le bonheur majuscule (enfin jusqu’à ce qu’il y en ai un qui rote à table, là, ça a du leur faire un choc à tous, je ne sais pas, soit on nous l’a pas montré soit j’ai raté l’épisode en allant aux WC. A ce propos, dans Cosmos 99 il n’y avait pas de WC).

J’ai calculé qu’en bossant bien on pourrait arriver à ce niveau de progrès du Top du Top en 5064. Mais d’ici là, il parait que la planète Terre risque de se craqueler drôlement pour devenir un vieux bout de cuir racorni et inhabitable. Dommage, non ?

Mais en même temps, quand j’étais petite, on m’a appris à me fixer des objectifs. Par exemple, si tu veux savoir faire du vélo, l’idéal, c’est d’essayer de pédaler sur un vélo. Il est très rare d’apprendre à en faire par accident, par mégarde, sans le vouloir (Oups ! Désolée, j’ai appris à faire du vélo sans vélo d’un seul coup !). C’est comme nager. Si nager n’entre pas à un moment ou à un autre dans mon objectif, y’a quand même de grandes chances que je coule au premier canal venu (et comme l’eau y est nauséabonde, l’objectif de sentir bon est raté aussi).

Tiens, un mec comme Rodin, il sculpte exprès. Si si.

Et il y arrive. (y’a une logique dans tout ça)

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Alors moi, je dis que, si l’objectif de quelqu’un, c’est d’envoyer une massue sur la tête de l’autre pour qu’il s’écrase, si son objectif est de faire partie des manipulateurs et prédateurs, de dominer des dominés (ravis, parce que des fois, être soumis c’est rassurant) faudra pas s’étonner du manque de progrès de l’Humanité (pas le journal, hein, le genre humain).
Ben, oui. Je crois qu’on ne peut pas tomber sur une évolution géniale sans le vouloir. Même si elle est utopique, irréaliste, onirique, l’évolution de l’Homme vers le mieux, il faut la vouloir pour espérer en voir un minuscule début de commencement possible avec pourquoi pas l’idée idiote qu’à terme tout ça s’arrange un peu.

Bref, ceux qui s’attristent de vivre dans un monde de requins mais qui en bouffent les miettes feraient mieux de changer de régime.

Voilà voilà.

Au fait, je vous remercie de m’avoir laissée être con-con deux minutes.

Kiki