Je suis bornée, et je ne le savais pas.

Immergée dans un bain d’informations (à remous) pendant toute la soirée d’hier, mes limites sont apparues clairement dans toute leur finitude.

Songeant aux manuels scolaires de mon enfance (oui, ben, c’est pas si vieux, hein, je suis plus proche de l’adolescence qu’on ne le pense, et les rumeurs qui traînent ici ou là sur mes diplômes paraphés par Napoléon III ne sont que bassesses nées de l’envie), oui, songeant à mes fières études et lisant la consigne en bas de page, je décidai de l’appliquer :

CE QUE JE DOIS SAVOIR ET RETENIR :

J’ai vu ça. C’était pareil en 2002, en 1995, en 1988, en 1981, en 1974 ?

J’ai entendu « je veux » 72 fois. C’est un procédé poétique très connu, et non l’utilisation du comique de répétition (le cocasse est hors sujet).

J’ai entendu « pas de repentance« . (Se) repentir : ressentir le regret (d’une faute), accompagné du désir de ne plus la commettre, de réparer (définition tirée de mon Petit Robert personnel, celui qui a un une tache de café page 1594 ce qui n’a aucun rapport). Il me serait facile d’ajouter sans repentance pas de désir d’amélioration ni de réparation. Et comme c’est facile, je le fais (en même temps c’est lundi).

J’ai vu un premier acte symbolique (de deux heures). C’est celui qui m’a le plus encouragé. Je me suis dit que les exclus, les laissés au bord de la route, ceux dont la vie était brisée ENFIN, pouvaient reprendre espoir. Notre Président de Tous les Français remplissait sûrement des tupperwares pour une redistribution massive. Comme l’Abbé Pierre serait content.

J’ai vu flotter de grands drapeaux de l’UNI sur la foule en liesse. J’ai compris, oui, c’était la victoire de la Droite, des ballons bleus coloraient le flot de sympathisants de manière fort homogène. Mais, les drapeaux de l’Uni étaient mal placés. C’est tout à droite de la droite de la droite de la droite de la Place de la Concorde qu’on devait les ranger (tout ça manque cruellement d’ordre, non?).

Oui, conclusion : je suis bornée, je n’ai pas pu tout retiendre (le verbe « retiendre » est un de mes préférés). Et du coup ma sélection en devient fichtrement sélective.

C’est sans doute du à mon QI (que j’avais évoqué dans un précédent billet). Il est de 8. La preuve :

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(cette photographie de borne sensée me représenter n’est qu’une métaphore : en réalité je suis mieux coiffée et j’ai des hanches)

Mais je ne demande qu’à progresser. J’ai préparé du poisson pour le repas, c’est rempli de phosphore. J’ai pas pu faire le Risotto Arborio «Richard Anconina», crème d’asperges, dentelle de parmesan conseillé par le chef du lien symbolique parce que j’avais pu d’oignon. Mais ça n’empêche pas de pleurer.

Kiki

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