Ouais ben je suis pas dans le caca moi.

Parce que pour ceux qui suivent, Kiki a annoncé hier que le prochain billet serait nul. Savait-elle ou pas que le prochain en question serait rédigé par l’homme qui, depuis bientôt 15 ans, partage l’obscurité de sa condition de sans-grade, et qui aujourd’hui relégué à l’arrière-plan tel un François Hollande sans le Parti, se contente de compter les « Vivas » accumulés tels des guirlandes de gloire dans le sillage flamboyant de chacun de ses billets ?..

Sortant péniblement d’une de ces journées besogneuses mais peu rentables, où la fatigue s’affiche insolemment comme unique refrain (non ça n’est pas la suite du « Plat Pays), je relève donc le défi, piégé par ma compagne tel François… non je l’ai déjà faite celle-là, va falloir que je retourne le disque.

Alors, comme souvent par le passé, je me suis tourné vers Courrier International. Et, une fois n’est pas coutume, c’est une pleine page publicitaire pour la SNCF qui a attiré mon attention. Plantons le décor.

En haut, dans un ciel nocturne et étoilé, l’image présente la lune, ainsi qu’une ville flottant sur un nuage, un sapin genre playmobil, et un pigeon. Un bête pigeon, pattes rouges et plumage gris-bleu. Dans un autre nuage est inscrite la phrase « Endormez-vous à Paris ».

Une ligne de chemin de fer blanche serpente vers le bas de la page. Le ciel s’éclaircit, le pigeon prend des allures de bête à la Hagrid. Deux, trois transformations, nous voilà arrivés. Et c’est le choc. « Réveillez-vous à Bourg-St-Maurice ».

Bon. Moi, je sais pas vous, mais j’attendais « Réveillez-vous à Barcelone », « Réveillez-vous à Venise » ou encore « Réveillez-vous à Prague », mais pas « Réveillez-vous à Bourg-St-Maurice ». Et en plus, même pas écrit en petit, le pied de page précise que vous pouvez changer de décor en une nuit vers plus de 150 destinations. Bourg-St-Maurice, n’en déplaise à nos joyeux amis alpins, et je pense plus particulièrement à la Reine incontestées des Alpages , je trouve que ça fait chiche.

Mais où c’est-il qu’il veut nous en faire venir, le RV, à part justifier l’oracle kikiesque du billet d’hier ? Remarquez c’est déjà pas si mal, on pourrait même avancer que si ce blog n’enchaînait que des perles rares, elles finiraient par avoir la saveur des crottes de lapin qui parsèment les vignes de Pineau des Charentes, là-bas vers Saint-Pierre d’Oléron.

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Je veux en venir (punaise j’ai failli écrire « Je veux vous dire ») à ce que la publicité ne me fait pas rêver. 4 pages en arrière, une publicité Folio prétend m’envoyer « 3 jours chez ma mère », merci bien pour le dépaysement… A la fin du magazine, une pub pour le crédit coopératif (concept assez chouette d’ailleurs puisque cette banque reverse 6 cts d’€ à l’association de votre choix à chacun de vos retraits d’argent) valorise un bonhomme qui a été refusé au casting des méchants de Pulp Fiction, c’est vous dire si le quidam vous fait envie.

Bon, puisque je suis d’humeur aigre, j’ajouterai, en ayant conscience de ma mauvaise foi, que la publicité pour l’Australie ressemble au lancement du nouveau parti de Bayrou (de l’orange et des ombres indistinctes dessus), et que celle pour BASF me renvoie à sa soeur télédiffusée ces temps-ci : une gamine qui n’obtient son diplôme qu’à un âge où normalement, on songe à la pré-ménopause. Ouais. Travailler plus, plus longtemps, pour gagner plus, pour claquer plus, pour rêver plus ou moins, plutôt moins.

Saloperie de politique. Je vois le mal partout.

RV