Le Grand Tout

Ah oui, d’abord, petit avertissement aux grincheux sarkozystes de tout poil qui passeraient par là : pas la peine de déposer un commentaire outré disant que j’insulte 20 millions d’électeurs, car :

1. Si l’on critique Royal ou la gauche (ou les deux diront les mauvaises langues…) je ne me sens pas pris pour un con, l’inverse doit être vrai aussi non ?

2. Par conséquent, cet amalgame commence à me gonfler grave.

Donc, grincheux sarkozystes, fermez la fenêtre et allez voir ailleurs, merci. Faut cliquer sur la croix blanche sur fond rouge en haut à droite, comme dirait mon ami Cowboy .

Venons-en maintenant au fait.

J’ai réfléchi à la portée profonde des propos entendus sur France Inter ces jours derniers, au cours de diverses émissions, par un trio de personnalités plus ou mois connues : Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement supérieur, Eric Besson, secrétaire d’Etat à la Prospective (si vous arrivez à lire ça sans rigoler vous êtes balèze…) et Mercedes Erra, publicitaire-directrice générale de Havas.

J’en ai déduit les phrases suivantes. Vous pouvez vous amuser à retrouver leur auteur.

« Vous avez raison d’être de gauche, d’ailleurs moi qui suis de droite après avoir été de gauche durant 20 ans, je vais vous dire, je suis d’accord avec vous. Je peux donc vous intégrer à ma majorité. »

« Vous avez raison de protester contre la réforme que je veux mettre en place, d’ailleurs moi qui suis pour cette réforme, je vais vous dire, je suis d’accord avec vous. Je peux donc intégrer cette réforme avec vous. »

« Vous avez raison d’être un consommateur en colère contre les publicitaires, d’ailleurs moi qui suis publicitaire, je vais vous dire, je suis d’accord avec vous. Je peux donc vous intégrer dans ma stratégie marketing. »

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Le Grand Tout. L’Intégration suprême. Un golgoth invincible, de Jaurès à Maurras, de Charlemagne à Napoléon III. La politique totale, abolissant les diversités de lieu, d’espace et de temps. Quel auteur, ce Sarko ! Il réinvente le théâtre classique en nous jouant la pièce jour après jour. La gauche, la droite ? Des accidents de parcours, des héritages encombrants, pas même défiscalisables. La droite décomplexée, c’est ça : une droite qui absorbe la gauche, digère la gauche, recrache la gauche et repousse ses scories sous le tapis.

Heureusement, il reste quelques bons vieux repères, un ou deux vieux restes des clivages droite-gauche ou homme-femme, Patrick Devedjian par exemple, traitant fort élégamment Mme Comparini, restée fidèle à Bayrou, de « Salope ». Quoi ? Pardon ? On me dit que Mme Comparini est de droite ? Ah, c’est donc pour cela qu’elle ne peut pas être intégrée à la majorité présidentielle… Hé oui, n’était-ce pas le même Devedjian qui pérorait récemment que l’ouverture politique irait « jusqu’aux sarkozystes » ?

RV