Oui, bon, je voyais pas d’autre titre possible.

Il faut dire que moi, les vacances, l’été, la chaleur, ces trucs-là, ça ne me donne pas du tout envie de ne penser à rien. Comme dit Cabrel, c’est l’hiver dans le fond de mon coeur, nan c’est pas vrai, mais c’est pour dire que bon, c’est moyen-moyen ma saison l’été. Par pitié, vous seriez gentils tous et toutes d’éviter de me gratifier de ces réflexions que j’entends depuis toujours, du style « ah, t’aime pas l’été oh moi j’adore, le beau temps, les longues soirées, on se sent bien dans son corps, c’est la saison la plus sensuelle, gnagnagna… » Mettons que je n’ai ni corps ni sensualité ni goût pour les nuits commençant à 23 heures et passons à autre chose. Compris ? COMPRIS ? Ah, tout de même…

Donc revenons à la politique. ben y’a pas beaucoup de progrès depuis 1500 ans. Rappelez-vous : c’est l’été, les Rois mérovingiens se sentent bien, il fait beau et les longues soirées… Heu, pardon, v’là que je me remonte la pendule tout seul encore un coup… reprenons vraiment…

Pépin le Bref, au 8e siècle de notre ère, officiât en tant que maire du palais chez les rois mérovingiens. Cela revenait à dire : 1er ministre. Après avoir déposé habilement le dernier roi de cette dynastie (Childeric III), il se fit proclamer roi, et devint donc l’initiateur de la lignée des Carolingiens.

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Couronnement de Pépin, par Loyset Liedet, vers 1469 (Bruges)

Nicolas Sarkozy n’a jamais été premier ministre, et n’a donc pas exactement obtenu le pouvoir de cette façon (alors que Pompidou avait laissé cette fâcheuse impression à De Gaulle en lui succédant en 69). En revanche, il coupe d’emblée la possibilité pour un vizir de devenir calife à sa place. En trois coups :

1. il gèle la présidence de l’UMP, rampe de lancement éventuelle pour un candidat, il est bien placé pour le savoir…

2. Il nomme un 1er ministre dont tout le monde finira par oublier le nom avant le 15 août si son rôle reste aussi ténu.

3. Il fera tout pour que la mairie de Paris (ex tremplin chiraquien) reste à Delanoë, sachant qu’un ténor de droite reprenant Lutèce risquerait de lui faire de l’ombre.

On voit donc que le « génie » du président élu le 6 mai dernier tient donc aussi à l’expérience qu’il sait tirer du passé politique récent de la France. Ni « Roi fainéant » à la Chirac, ni sphynx méprisant à la Mitterrand, ni aristocrate moderniste à la Giscard, ni homme du peuple autoritaire et culturellement avant-gardiste à la Pompidou. Ce n’est ainsi pas surprenant que sa référence politique première soit De Gaulle, dont il veut retenir pour sa propre gloire la panoplie d’homme d’action réconciliateur des Français.

Un événement récent, je veux parler de la visite de Cécilia en Libye, rajoute un élément inédit à la complexité de l’édifice politique sarkozien. Mais je laisse Kiki évoquer dans les jours qui viennent ce sujet, sur lequel elle a bien plus d’idées fleuries et percutantes que moi…

RV