Tout d’abord, je vous propose une carte administrative du Canada, dont la source est indiquée en diagonale et filigrane (bbcanada.com). Elle permettra de se repérer, car avouons-le, on ne connaît pas bien les provinces de ce si vaste pays, grand comme la Chine, les USA ou encore l’Europe entière (sans la Russie quand même), mais moins peuplé que la Pologne.

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Il y a une dizaine d’années, Kiki et moi avions envie d’émigrer au Canada. Cela ne s’est jamais fait, mais notre attachement pour ce pays est resté. Il est sans doute fondé sur des clichés, notamment celui d’une autre Amérique, moderne et volontaire comme le voisin yankee, mais plus sociale, plus soucieuse de partage et de douceur de vivre. Est-ce pourtant un cliché ? Voire…

Les lecteurs réguliers de ce blog connaissent en outre l’amitié et l’admiration que nous portons à Pierre Chantelois, dont le travail quotidien éclaire l’actualité internationale de façon si complète. Cela fait déjà plusieurs raisons pour s’intéresser au Canada, dans son ensemble d’ailleurs, pas seulement la Belle Province du Québec.

J’ai parcouru un certain temps ce site de statistique, avant de me décider à aborder le problème du chômage. Le résultat en est la carte suivante :

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L’enseignement en est criant : plus on va vers l’Ouest, plus le taux de chômage est faible. Plus de 13 % de la population active pour Terre-Neuve et Labrador, moins de 4 % pour l’Alberta. Ce qui est particulièrement étonnant est l’effet progressif, en parfait dégradé, de cet indicateur. Dommage que les chiffres concernant les 3 provinces du Nord, dont la récente Nunavut, ne soient pas disponibles.

Il est tentant de fournir des explications liées à l' »anglo-saxonnité » des provinces occidentales, où l’on dirait que plus les Provinces sont anglophones, plus le taux est bas, en raison d’une proximité socio-économique avec les USA. D’ailleurs ces taux inférieurs à 5 % ressemblent au taux de chômage états-unien.

Une amie me faisait remarquer que cette carte soulignait aussi la perte de vitesse de la façade atlantique par rapport à la façade pacifique. Le centre de gravité économique du Canada suivrait ainsi celui du reste de l’économie mondiale, en délaissant l’interface atlantique (et donc européenne) au profit de l’interface pacifique (et donc asiatique).

Méfions-nous cependant. Qui dit qu’un travailleur pauvre du Manitoba, donc non recensé dans ces statistiques, a une vie plus heureuse qu’un chômeur du Nouveau-Brunswick ? Ce débat rejoint ainsi les questions qu’on peut se poser en Europe, où les libéraux vantent les bons chiffres du chômage en Grande-Bretagne, alors qu’ils masquent une précarisation très forte de l’emploi. Il faut dire que citer le Royaume-Uni est un sport très pratiqué par la droite française, qui y voit un moyen de dire à la gauche : vous seriez bien plus supportables si vous étiez comme le parti travailliste !…

Ce billet s’allonge dans la digression. Je laisse maintenant la place aux commentaires de tous ceux qui s’intéressent au Canada, et nul doute qu’ils sauront nous éclairer bien davantage.

RV