« Vous voudriez que je ne partage pas la peine de ceux qui souffrent d’une disparition ? C’est ce que vous voudriez ? Je vais vous dire, moi j’ai été élu par les Français parce que j’ai dit que je m’occuperais de leurs problèmes… » etcaetera, etcaetera…

Excellemment analysée par Cowboy, cette habituelle réaction sarkozyste aurait pu être la réplique à l’interrogation suivante : est-il normal que le chef d’un Etat ayant élevé la laïcité au rang de principe premier et inaliénable, laïcité largement confirmée ces dernières années par diverses lois, soit présent aux funérailles d’un ancien cardinal, et déclare en outre qu’il est là parce qu’il veut, je cite, « partager la peine de l’Eglise de France et celle de tous les Chrétiens ».

Qu’on ne vienne pas me faire un faux procès, il a le droit d’être catholique en privé. Mais venir en tant que Président de la République affirmer ce deuil comme une évidence nationale est selon moi une grave entorse à la laïcité. Quand les Français lui feront-ils savoir qu’il est un symbole de l’unité nationale, et que son triomphe électoral n’est pas un blanc-seing destiné à valider ses caprices de star et ses apparitions médiatiques incessantes ?

Télescopage troublant, une vingtaine de personnes innocentes, tuées dans un accident d’avion en Polynésie, n’auront droit pour leurs funérailles qu’à l’éventuelle présence de Christian Estrosi, secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer.

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On parlait autrefois des masques de Mitterrand. L’actuel locataire élyséen fait carrément exploser le concept de carnaval ! Vedette américaine (si j’ose dire…) de son été lacustre, puis consolateur de la Chrétienté, puis grand chef d’Etat demain à la table des Bush, c’est Rio, Nice et Dunkerque pour un seul tarif… celui du 6 mai 2007.

RV