Un agacement soudain autant qu’involontaire me fait écrire ce billet sans nuance. Que le lecteur ne s’inquiète pas, je mettrai 2 hectolitres de nuances dans les prochains billets pour faire bonne mesure, y’aura qu’à faire une moyenne à la fin du mois pour équilibrer l’exercice.

A quoi sert le Sport ? (avec un grand S, le Sport professionnel, j’entends, t’entends rien ? moi, j’entends, c’est fou).

Je précise ma pensée :

Quel est l’intérêt du Sport (de haut niveau) pour le spectateur ? (parce que pour le pratiquant, j’ai bien compris l’intérêt, se surpasser, surpasser les autres, gagner, seul ou en équipe, et s’entraîner pour se surpasser, pour surpasser les autres et pour gagner, seul ou en équipe, faire une carrière qui passe par l’entraînement et le surpassement pour gagner, seul ou en équipe, bon )

Une fois de plus, je ne parle pas de l’amateur qui sportifie le dimanche sur son vélo en passant boire l’apéro chez Mémé vers 11h. Je parle du Grand Sportif. L’Idole.

Qui est-il ? Musculeux, racé, élégant, le geste vif, précis, capable de mouvements d’anthologie visionnables au ralenti avec des flèches et des ronds dessinés sur l’écran pour mieux expliquer comme c’est beau, ce geste musculeux, racé, élégant, vif et précis (dites le moi tout de suite si je me répète, je voudrais pas ennuyer avec des copié-collés à peine voilés).

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C’est le Mozart de sa spécialité.

Zinedine Zidane (le plus grand joueur de football de tous les temps, avec Pelé, Michel Platini et Diego Maradona, selon Wikipédia).

Tiger Woods (l’homme qui apprit à golfer avant d’apprendre à marcher).

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Carl Lewis (l’homme fut si rapide sur 100 mètres que si tu regardais une mouette passer dans le ciel, hop, c’était trop tard, Carl Lewis avait déjà une médaille d’or autour du cou).

Albaladejo (rugbyman talentueux dont le nom me reste en mémoire vu qu’elle est à qui la balle ? Eul balle, elle est à Déjo, c’est simple).

Des icônes sportives, y’en a plein. Je ne vais pas en citer une grosse poignée parce que c’est pas ma partie (précision : non pas parce que je suis une femme et que mes goûts m’entraînent vers le vernis à ongles et les glaïeuls, mais parce que c’est pas ma partie).

Ils, elles, sont sublimes (ces icônes). Après l’épreuve qu’ils subissent, ils parlent (« Oui, je suis content, j’ai bien pédalé, skié, couru ,roté, sauté, shooté, raqueté… » au choix)

Ils sont symboliques (dépassement de soi, fair-play, dextérité, ou au contraire dopage, tricherie, violence, materazzitude).

Mais, (et là, j’en viens à mon sentiment personnel), c’est une trahison. Que font-ils de grand, ces Grands Hommes (et Femmes, hein, y’en a pour tout le monde) ?

Ils mettent une balle dans un trou.

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Ben oui.

Ou dans un panier.

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Si.

Ou dans un filet.

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Des fois, ils courent.

Ou ils nagent.

Ou ils lancent des trucs en l’air.

marteau.1186933477.jpg …euh, non, ça comme truc : marteau-2.1186933486.jpg

Un acte, somme toute, basique. Evidemment, cet acte, à travers eux, atteint une sorte de perfection. Mais c’est quand même, au départ, un acte simple, voire simplet. Ça ne construit pas un hôpital, ça ne nourrit pas les affamés, ça ne loge pas les sans-abri, ça n’améliore pas la vie des autres autour de soi. Ça ne découvre pas un vaccin ou une voiture non-polluante, ça ne vise pas le bien de l’humanité, ça ne fait même pas une caresse au chien. Bref, ça ne sert à rien.

Et pourtant, tant d’énergies déployées, tant d’actes répétés, peaufinés, tant d’organisations complexes, tant de matériels, de maintenance, d’argent…

Et au final, le spectateur est-il content ? A-t-il au moins éprouvé des émotions joyeuses ? Pas sûr. Pas si son équipe-idole-sportif préféré a perdu.

J’écoute les nouvelles à la radio. Des gens sont tués, enlevés, maltraités. On me l’explique. Des problèmes écologiques graves sont dénoncés. Des problèmes économiques aussi. C’est important. Et Lyon perd face à Toulouse. Ah.

Oui. c’est une trahison pour moi. La hiérarchie de l’importance des choses est flouée. Et comme je suis ronchon, j’y vois un système bien rodé, le Sport, Opium du peuple, utile pour monopoliser les temps de cerveau disponibles avant, après ou entre les pages de pub.

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C’est d’ailleurs ce qui me fera maugréer, je pense, à la rentrée, quand des problèmes politiques mériteront toute ma vigilance et que le prestidigitateur de service voudra détourner mon attention vers l’esprit du cuir et ce ballon bêtement aplati (mais qui s’est assis dessus, bon sang ? qu’il se dénonce !).

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Non, rien ne changera autour de nous parce qu’un objet rebondissant initialement destiné à l’enfance passera derrière une ligne ou entre deux poteaux.

Donc, je récapitule pour les absents : A quoi sert le Sport ? A rien.

Et je n’ai pas parlé des comparatifs de performances (qui prennent naissance au fond des âges farouches quand 2 tribus se mesuraient au lancé de déjections de mammouths, c’est dire comme c’est évolué comme pratique).

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Conclusion, mon titre est ironique. (ou alors contradictoire. Non, ironique. J’aime pas le Sport. Et encore : Pékin arrive … Misère.)

Kiki