par Kiki

Ecouter la radio le matin est une entreprise périlleuse.

Surtout quand on possède un milligramme d’orgueil.

Surtout quand on déteste être prise pour une andouille parce qu’on possède un milligramme d’orgueil.

Mais peut-être me trompé-je, peut-être vois-je le mal partout, peut-être suis-je toujours de môvaise humeur le matin, peut-être que mon sommeil n’est pas réparateur, peut-être qu’on a rempli mon matelas de coquilles de noix, peut-être que mon voisin chante Ô Corse Île d’Amour au milieu de la nuit, peut-être ne suis-je qu’une gauchiste aigrie de seconde zone affectée d’un orgueil inadéquat…?

Peut-être que ce matin à la radio, Madame Parisot n’a pas voulu consciemment se moquer de moi, ou elle ne l’a pas fait exprès, ou ses mots ont dépassé sa pensé, ou elle avait bu, ou elle regrette déjà et va m’envoyer un petit mot d’excuses avec des fleurs…?

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Ou peut-être que tout cela est arrivé dans un monde parallèle qui n’est pas la réalité ? Hein ? (soupir)

On lui a posé une question sur l’inégalité des salaires hommes/femmes.

Elle a dit qu’à compétences égales, y’avait pas de souci, c’était tout bon.

Mais elle a ajouté que c’était au niveau de l’avancement et des promotions que ça foirait et que c’était vraiment dur pour les femmes et qu’elle était la première a en avoir souffert, du coup elle comprenait à donf.

Que faire ? a demandé une voix gracieuse.

Une publicité, a répondu M’dame Parisot. Un clip qui passerait à la télé, produit par l’Etat, le Medef et les syndicats, qui seraient tous d’accord pour que les mentalités changent et que l’égalité homme/femme soit appliquée.

Glurp ! ai-je fait. Et mon orgueil s’est noyé dans mon café, parce que, sans défense, dés le matin, dans la douce protection du foyer, j’étais prise pour une andouille abruptement.

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D’abord à compétences égales, y’avait pas de souci, c’était tout bon. Un mensonge, un.

Elle, la première femme à souffrir de l’inégalité. C’est visible, y’a qu’à jeter un oeil sur son parcours. Deux mensonges, deux.

Pour le clip : à qui s’adresse-t-il ? Qui verse les salaires ? Qui doit-on convaincre de respecter l’égalité hommes/femmes (y’a des lois au fait) ? Les chefs d’entreprises. Qui c’est le chef des chefs d’entreprises et qui peut leur parler en tant que chef ? Laurence Parisot.

Sa réponse : au lieu de prendre un micro pour dire à tous les Médefiés d’appliquer la loi, elle demande à l’Etat et aux Syndicats de sponsoriser un clip. Et un foutage du monde, un.

Je récapitule le score :

Laurence Parisot : Deux mensonges et un foutage du monde.

Kiki : Zéro.

Ecouter la radio le matin est une entreprise périlleuse. Ou alors, il faut que je me branche sur Radio Nostalgie.

Kiki