par Kiki

Sérieusement, la constitution, c’est sérieux.

Avoir une bonne constitution permet de passer l’hiver sans éternuer sur personne.

Ce qu’on ne sait pas toujours, c’est que la constitution, enfin, la bonne, ben elle est pleine d’articles.

Un que j’aime bien, c’est le 64.

Il me rappelle le numéro d’un bus que je prenais, étudiante, j’étais jeune, j’étais rêveuse et indolente et je lisais Kérouac… Ah, tristesse sans fin des années disparues…Ô, Temps cruel qui s’effiloche et… j’en étais où ? Ah, oui, le 64.

Oui, j’aime le 64. Comme je vous trouve sympathiques, je vais vous le montrer vite fait. Attention, hein, on regarde avec les yeux. Et gare si quelqu’un éternue, c’est que j’y tiens, moi, à la bonne constitution de mon article de la constitution.

Zieutez plutôt :

Art. 64 de la Constitution – Le Président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire. Il est assisté par le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM).

C’est-y pas joli, ça ?

Donc, le grand chef, c’est le Président (révérence). Il surveille l’impartialité impartiale des juges. (il a lu La Fontaine, et le passage avec « selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous rendront blancs ou noirs » et il déteste, il est pas d’accord, la même couleur pour tous, pas de chouchous, pas d’interactions entre Pouvoir et Justice, sinon, où va-t-on ? Hein ? Je vous le demande ? Vous pourriez au moins hocher la tête pour me faire sentir que vous me suivez).

Pour aider le Président (courbette) à séparer le Pouvoir de la Justice, il y a donc le CSM, Conseil Supérieur de la Magistrature. C’est l’article 64 (…le bus…Kérouac…le Temps…je ne vais pas tout récapituler).

Le Président (déférence) fait ça d’une main, le boulot avec le CSM. Avec l’autre main il désigne un blanc correcteur qui nomme les ministres. Il est donc en gros le chef de la Ministre de la Justice.

Un schéma va vous aider à mieux visualiser.

Schéma 1 :

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Sauf que brusquement :
Dans une démarche sans précédent, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a demandé vendredi un entretien à la ministre de la Justice, Rachida Dati, pour qu’elle s’explique sur la convocation place Vendôme d’un vice-procureur de Nancy.

Ce magistrat, Philippe Nativel, avait été sommé de s’expliquer le 29 août dernier sur des propos d’audience qui lui étaient prêtés concernant la loi sur les « peines planchers » contre les récidivistes. La démarche avait suscité un tollé dans la magistrature.

« Le conseil a délibéré cette semaine, a considéré que l’affaire était grave et qu’il fallait entendre la ministre pour qu’elle donne des explications », a expliqué une source judiciaire à Reuters.

Cela modifie considérablement le premier schéma.

Schéma 2 :

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Maizalordonc ! Ventricule de zèbre ! Que va-t-il advenir ?! Le suspense gronde. L’inconnu menace. L’impromptu est à nos portes.

Car si le CSM trouve que le Minsitre de la Justice pète une durite en tentant d’influencer ou de faire pression sur un juge, et que le CSM va s’en plaindre au Chef ? Le Chef va être coupé en deux ? (un peu comme l’enfant dans Kramer contre Kramer, et c’est pas bon pour la santé psychologique d’un individu, ça). Qui plus est, le CSM n’est pas mondialement connu pour son côté rebelle et antisocial. Il inspirerait plutôt confiance d’ordinaire.

Du coup, le schéma 3 arrive pile poil pour traduire mon état mental.

Schéma 3 :

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Je m’en vais tirer les tarots de Marseille et je vous délivre mes prédictions dans la semaine. Selon que je tire Le Pendu, Le Bateleur ou La Justice…

Kiki

PS : Cré moué, cré moué pô, k’ekpart à Montréal, y’a le Pierre Chantelois qui a été très complet sur ce sujet . (vous remarquez que je suis nulle pour imiter les accents, je tiens seulement 20 lettres sur une phrase. Ayez pitié, bonnes gens).