par Kiki

On pourrait croire que les ombres chinoises sont chinoises. Que nenni.

Et Kara Walker le prouve :

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On pourrait croire que les ombres chinoises non-chinoises sont enfantines. Que non pas.

Et Kara Walker en remet une couche.

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On pourrait croire que Kara Walker parle d’un lieu précis, qu’elle raconte une séquence historique cernable, celle entourée de champs de coton, d’esclaves pleurant le blues, celle avec plein de cases de l’Oncle Tom en arrière plan.

Hé bé pas sûr, en tout cas pas seulement. D’abord, y’a qu’à écouter Kara Walker :

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« Dès qu’on commence à raconter l’histoire du racisme, on la revit, on crée un monstre qui nous dévore. Mais aussi longtemps qu’il y aura un Darfour, aussi longtemps que quelqu’un dira “Tu n’es pas d’ici”, il semble pertinent de continuer à explorer le terrain du racisme »

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On pourrait croire que l’exposition au MAM de cette artiste (classée parmi les 100 personnes contemporaines les plus influentes du monde selon Time Magazine) aurait fait les gros titres et carton plein (ou les gros cartons plein de titres) en France du 20 juin au 9 septembre 2007.

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Ah, bé non. Sans doute que ça n’est pas très dans l’air du temps l’interrogation sur soi et son rapport à l’autre quand l’autre n’est pas d’ici (ben, qu’est-ce que j’ai dit ? Moi ? Un sous-entendu ? Ho ! Qui ? Brice Hortequoi ?)

Kara Walker met les mains dans le cambouis (et des fois c’est plutôt violent et cru). Elle cause ségrégation, racisme, histoire, colonisation, autorité, domination, féminisme, souffrance et préjugés.

On pourrait croire qu’elle fait dans l’Humanisme.

Ah, bé, c’est vrai au fait. Mais bon, maintenant va falloir aller au Whitney Museum of American Art, et pour moi c’est pas deux rues plus loin… Co-voiturage ?

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Sinon, pour en savoir plus, on peut aller ou . C’est moins loin. Mais on voit moins bien.

Kiki