par Kiki

Et pourquoi donc les mots n’ont-ils pas toujours le même sens ? C’est casse-pieds, je trouve. Ça m’énerve, tiens. Les mots m’énervent.

Bon, pas tous les mots, il faut quand même être juste. Le mot « casserole » par exemple ne connaît qu’une définition : « machin muni d’un manche d’où qu’on met des trucs à cuire » (oui, je sais, c’est une définition un poil scientifique et les néophytes risquent d’être perdus, je le regrette pour eux, mais je suis élitiste). Encore que, si on l’utilise, « casserole », dans des phrases comme « chanter comme une » ou « traîner des « , c’est plus symbolique que culinaire. Mauvais exemple.

 

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Le mot « nez », tiens. « Excroissance à narines que l’air y passe dedans quand on respire »… Ben zut, c’est que c’est pareil, au fond, « avoir du », « l’avoir dans », ça n’arrête pas d’être autre chose qu’un nez, un nez.

Houlala. C’est qu’ils en ont du courage, les enseignants, ceux qui apprennent des mots aux enfants… Terrain glissant… Sauf si on se limite à « Georges a un beau vélo rouge ».

 

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Encore que.

« Rouge », c’est une notion, « rouge »… Comme « beau » d’ailleurs. Qu’est-ce qui est « beau » ? Et nous voilà, trempant les deux mains dans une bassine politico-philosophiki, ah, les mots… Même le « vélo » n’est pas net, « en avoir un p’tit dans la tête » donne à réfléchir…

Le pire, c’est quand on s’approche de mots conceptuels, laissés à l’appréciation de tous, c’est-à-dire de chacun, sachant que ce chacun (à répéter sans chuinter) est différent lui-même des autres par de multiples facettes divergentes du fait de son expérience, de son éducation ou du nombre de questions qui le traversent quand il utilise une casserole, son nez ou un cycle écarlate.

A déguster avec précaution les mots.

En ce moment, j’en connais trois (À moi, comte, trois mots !) que je ne manierai qu’avec des gants et la parfaite imitation du regard d’Yves Montand dans Le salaire de la peur (conduire un camion rempli de nitroglycérine au pays des gros cailloux pas bien tassés peut crisper un tantinet).regardcrispe.1197755855.jpg

 

Les mots « faute », « sanction » et « respect ».

Ils sont vachement aléatoires ces mots.

Par exemple, tu séquestres des gens plusieurs années, tu les tortures, cela s’apparente à une faute, non ? Ben , y’a pas de sanction derrière, des fois.

Et même on te parle gentiment, on est content de te voir et tu peux même participer à une partie de chasse à Rambouillet. Presque du respect, là. Ça touille, je trouve.

Ou alors, mettons que tu te battes pour que des gens du genre humain ne crèvent pas de froid dehors dans les rues, un peu comme l’Abbé Pierre, tiens.

Respect, non ? Ben non. On t’attrape, on te pousse plus ou moins à l’eau, on te tire, on t’évacue et « circulez, y’a rien çà voir« . Sanction, dis donc.

C’est bien simple, si j’étais à l’école en ce moment, je ne ferais rien de respectable, non non, trop peur d’avoir des heures de colle… Comme quoi, les mots et les maux, hein (sans compter Meaux, avec son Brie, qui n’est pas du Bris, ni du Bree, pffft…).

Je me révolte, tiens : dès demain je parle à mots couverts. Ou à mots perdus. Ah, non, c’est « pas perdus », l’expression. Comme la salle du même nom. Pas la sale du même non, hein ?

C’est fatiguant quand même… bon demain j’arrête d’utiliser des mots.

À la place, je mets des soupirs. soupir.1197755540.jpg soupir.1197755540.jpg soupir.1197755540.jpg

Pour ce que ça change.

Kiki