par Kiki

C’est le titre d’un livre.

Et c’est une histoire d’amour.

La preuve ?

(d’abord, on dit « la preuve, s’il te plait », et tu pourrais au moins dire bonjour. Et en plus, c’est quoi cette suspicion à mon encontre sur mes dires, hein, ah elle va être belle la politique de civilisation avec cette ambiance méfiante, tiens, avec le boulanger de Chengdu, on a voulu assumer, c’est du sérieux, et je ne veux pas de photo de moi au petit matin, glauque, mais qu’est-ce que je dis ?!? …vite, l’adresse d’un bon exorciste !!!)

La preuve, s’il te plait, que c’est une histoire d’amour ? (ah, c’est mieux)

Ben, les premières lignes :

« À l’instant précis où Vincent frôle la main de Jade, rien ne se produit. L’univers ne subit aucune modification. La terre continue à tourner sur son orbite et autour du soleil. Le passage du jour à la nuit s’effectue sans surprise bien que les héros de ce récit y trouveront bientôt matière à étonnement. Mais la trajectoire personnelle de Vincent vient de se transformer. Le changement est si ténu que rien ni personne ne peut le mesurer, même pas l’intéressé qui ne sait interpréter l’infime accélération de son rythme cardiaque. »

Une histoire d’amour d’accord.

Mais n’est-ce donc que cela ?

(j’attends)

…S’il te plait ?

(c’est bien)

Ben non. C’est aussi une passerelle entre des mondes différents, lancée d’Oxford à la Bourgogne et déroulée jusqu’à la Chine et Chengdu.

C’est un oeil curieux, cultivé et attentif tourné vers les traces de pas de Clément Marot et d’Erasme, une vision du ressac provoqué par les écrits de Salman Rushdie. C’est un voyage vers une pâtisserie pâle, l’avancée vers une nouvelle vie, au mépris des signes d’un chaos annoncé, et malgré cette annonce.

(bon, c’est un peu mystérieux ce que je raconte, mais je me comprends, et puis faut dire que je l’ai lu, ce boulanger de Chengdu, alors je sais des choses forcément que tu ne sais pas, lecteur-trice, et je dois les dire sans les détails pour pas tout raconter à l’avance, sinon, c’est comme ces bandes-annonces au cinéma où tu as l’impression d’avoir vu tout le film en 3 minutes. C’est comme Titanic, c’était joué à l’avance ce scénario, tout le monde m’avait prévenu qu’il risquait de couler ce bateau, tu parles d’un suspens)

Voilà. Je ne t’en dirai pas plus, lecteur-teuse. C’est la Paramount qui fait ça.

Nan, c’est Chantal Serrière, du blog d’Ecritures du Monde (actuellement en RTT) , et c’est édité chez Aréopage.

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Et la photo de couverture est de Guy Serrière. C’est fou. Incroyable cette coïncidence, quelle probabilité il y avait que l’auteure et le photographe aient le même nom de famille, hein ? Comment ? Ils se connaissent ? En plus ? C’est fou. Ce monde est magnifique, décidément.

Kiki