Par RV

Un truc qui me gonfle, c’est la dette. Pas la dette en tant que dette, la dette en tant qu’argument politico-économico-sociéto-machin-chose permanent. Même les socialistes argumentent en la citant. C’est plus de l’argumentation, c’est de l’argudettation. La dette est énorme. La dette est insupportable. Réduire la dette est un impératif pour ne pas la laisser aux générations futures qui n’ont rien demandé, etcaetera. J’adore le truc « générations futures qui n’ont rien demandé ». Parce que la prolifération nucléaire, la faim dans le monde, l’échec scolaire, Sarkozy au pouvoir et le réchauffement climatique, tout ça, ils l’ont demandé..? Et nous, les générations actuelles, on passe sans doute notre temps à dire à celles qui nous ont précédées « Bande de glanglans, z’avez vu la daube de monde que vous nous avez légué ? »

Sur ce site tout à fait officiel, on trouve deux graphiques très amusants, qui semblent (pour le 2e en tout cas) prouver que le gouvernement actuel a l’intention de rester aux affaires jusqu’en 2032, ce qui prouverait à tout le moindre que la fréquentation de Khadafi a donné des idées de longévité étonnante à nos dirigeants (j’ai mauvais esprit hein…). Allez, soyons fous, je ne résiste pas au plaisir de vous reproduire ces deux graphiques (cliquez sur les miniatures pour les agrandir) :

dette_deficit_rienfait.1208519317.gif dette_deficit_objrespecte.1208519335.gif

Oui, parlons-en de la dette. enfin parle-z’en, RV, t’es tout seul là. Donc, la dette. Moi je trouve ça très bien. Car on se focalise aujourd’hui sur les effets inhibants des remboursements, en omettant de mentionner qu’elle permet aussi d’avoir des fonds ! Si ces fonds sont utilisés pour améliorer la vie du plus grand nombre, le plus grand nombre devrait être heureux, y compris le plus grand nombre futur pas encore né qu’a rien demandé…

Imaginons le discours anti-dette poussé à fond : bon, plus de dette. Finances apurées. Au prix du gel quasi total des constructions nouvelles ou de l’entretien nécessaire d’hôpitaux, de lycées, de logements, de crèches, de piscines publiques, de bibliothèques, de voies de transport. Ah ben oui mais au moins on a jugulé la dette.

Prouvez-moi, je dis bien prouvez-moi, par des chiffres, des calculs prospectifs, bref des arguments réels et pas lancés comme une cacahuète dans le sillage (qui commence à se faire un chouïa lointain) du triomphe sarkozyste de mai 2007, que la dette française est le frein à l’amélioration de la vie des citoyens. A moins, bien sûr, que l’amélioration de la vie des citoyens ne soit pas le sujet. Auquel cas…

Tiens j’en profite pour apostropher en passant un collègue, M. Jacques Marseille. Hier encore, à « C dans l’air« , il se plaignait de l’état de la France, qui est tellement en retard de tout par rapport à ses voisins européens, puisque « Ce pays », comme il dit tout le temps, « n’a jamais su faire les réformes nécessaires même si elles sont douloureuses ». Comprenez libéraliser tous les secteurs de l’économie, à l’anglaise. Bon. Dont acte, cher collègue, je ne vous tutoie pas encore parce que nous n’avons pas bu un café ensemble dans la salle des profs, mais si je puis me permettre : pourquoi vivez-vous encore en France, si ce n’est par approbation de son système de santé, de sa protection sociale, et même de son absence de compétitivité excessive entre ses professeurs d’univesité..? Allez cher collègue, sans rancune…

RV