par Kiki

Il était une fois : Jean de l’Ours.

On l’appelait Jean de l’Ours parce que… je ne sais pas pourquoi et comme j’en ai aucune idée, hop, on change.

Il était une fois un prince.

Mais pas un prince comme les autres avec une armure en or, des cheveux jaunes bouclés et des jabots en dentelles partout sur son pantalon, non, un prince triste. Non, pas triste, tourmenté peut-être, non pas tourmenté, peintre.

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Il cherchait l’amour. Il le trouva sur le pont de l’Alma.

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Puis il le trouva ailleurs, parce que sur les ponts y’a pas beaucoup d’intimité, et c’est pas commode de nouer une relation durable avec tout ce passage, sans compter les zouaves (je sais, c’est facile, mais pourquoi, oui, pourquoi m’empêcheré-je de dire une billevesée facile, hein ?).

Il s’en alla ailleurs.

Ailleurs, d’ailleurs, c’était vachement joli, ailleurs. D’ailleurs.

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Et même ailleurs plus loin, sur la terre ferme, c’était pas mal non plus.

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Et quand la terre n’était pas ferme, on appelait ça la mer et on mettait des bateaux dessus pour que le prince peintre se déplace.

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Le prince peintre cavala très fort et très loin un jour, parce qu’un homme politique allemand d’origine autrichienne, fondateur et figure centrale du nazisme, instaurateur de la dictature totalitaire du Troisième Reich le trouvait « décadent ».

Rien que pour ça, j’aime bien ce prince peintre.

A Vienne (que pourra) ils l’appellent Oskar Kokoschka. Ils ont raison. Jean de l’Ours, ça fait pas très sérieux. Sérieusement.

Et jusqu’au 12 mai, on peut voir le prince Oskar au Belvédère. Et jusqu’au 13 juillet à l’Albertina. En fait, je suis une taupe du syndicat d’initiative de Vienne infiltrée parmi vous. Je vais finir par contrôler vos cerveaux, je vais m’autoproclamer OskarGourou, je vais vous forcer à porter des robes de bure avec le portrait d’Oskar Kokoschka dessus oskarkokoschka.1208805041.jpg et vous me donnerez tous vos sous et je pourrais glander dans les musées de partout, d’ailleurs (d’ailleurs) et même de plus loin jusqu’à la fin de ma vie. Argh, mais si je dévoile mon plan trop tôt, je risque l’échec dans mon ambitieuse entreprise égoïste. Zut. Faisons semblant de rien. Je vais vous hypnotiser avec un discours apaisant, amical et dénué de toute dangerosité :

Il était une fois : Jean de l’Ours.

(comment ça, je ne suis pas discrète ? Et comment vous savez que c’est moi d’abord ?)

Kiki

(hein ?)