par Kiki

Ah oui mais non. Il est bête ce titre.

Les hommes ne vivront pas d’amour. Z’ont pas le temps, ni les possibilités. Tout comme le gorille ne jouera pas au Yams’.

(en même temps, ça aurait fait une belle chanson de Raymond Lévesque chantée, entre autres, par Gilles Vigneault : « Quand les gorilles joueront au Yams' »…)

Les hommes doivent gérer leurs peurs. Pour les transcender.

Ils doivent identifier les dangers et les éradiquer. Pour survivre.

Ce mammouth traîne trop près de ma caverne ? Opération javelot !

(l’ancêtre du cure-dent ET du mikado. J’adore la paléontologie)

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Cet éclair risque de nous carboniser ? Opération paratonnerre !

(merci Benjamin Franklin. Zeus peut aller se rhabiller du coup)

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(ci-dessus une illustration exclusive de notre envoyé spécial sur place. Eloquent, non ?)

Ce Landru utilise l’être humain comme combustible ? Opération guillotine !

(question de dissertation à rendre avant la fin du mois: « le Docteur Guillotin était-il un homme de tête ? » )

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Ainsi va le monde. La peur du danger nous motive. Les dangers sont partout. Il faut faire attention. Très.

Heureusement que l’Homme sait mettre en place des réponses adaptées pour parer au danger.

Par exemple, c’est un exemple, quand la jeunesse menace le sommeil du juste, la maréchaussée intervient avec célérité. Ben si.

Allez, j’arrête de rigoler parce que c’est pas drôle, et je recopie le témoignage d’Achim, 16 ans, que je viens d’aller lire sur le blog « Tout ça vaut la peine  » qu’anime son grand-oncle Roméo, avec sa Juliette (deux blogueurs multirécidivistes dans la sagesse, la mesure et l’ouverture d’esprit) :

« Je suis un jeune homme de 16 ans scolarisé en première S. Le 27 mai vers 16h30, je rentrais de l’école vers chez moi avec un ami. Après que nous ayons ouvert la porte d’une épave de voiture stationnée à l’orée du bois, mon ami a lancé une pierre sur le toit. Impressionnés par le bruit, nous avons quitté les lieux précipitamment.

Un peu plus loin, alors que nous marchions tranquillement, une voiture s’est arrêtée devant nous. Deux hommes en sont sortis et nous ont abordés en se présentant comme des policiers sans nous montrer leur carte. Ils nous ont demandé : « Qu’est ce que vous faisiez dans la voiture ? » et ils ont commencé à fouiller nos cartables et nous ont palpés puis nous ont demandés nos papiers. Nous avons raconté les faits exactement comme ça c’était passé, mais nous n’avons pas pu montrer de pièces d’identité car nous ne les avions pas. Ils sont allés inspecter la voiture et nous ont demandé si nous n’avions rien fait d’autre.

Ils nous ont emmenés au commissariat. Ils nous ont dit qu’ils ne nous mettaient pas les menottes en espérant qu’on se tiendrait tranquilles. Arrivés au commissariat, (de Sèvres, 92310) ils nous ont demandé de patienter dans une petite salle fermée. Nous avons attendu environ vingt minutes et ils nous ont demandé les numéros de téléphone de nos parents et sont repartis.

Un peu plus tard deux autres policiers sont arrivés et nous ont séparés pour nous interroger. L’un d’eux a téléphoné à ma mère devant moi et m’a demandé de raconter les faits, tout en me proposant des formulations. Impressionné, j’ai admis la plupart des phrases qu’il me proposait. Il m’a relu la déposition et me l’a fait signer. Je suis retourné dans la petite salle fermée pour selon lui attendre ma mère. Il me prévient quand elle arrive mais j’attends encore.

Je l’ai vu remettre ma déposition à un policier en uniforme et j’ai cru que c’était fini. Un peu plus tard l’un d’eux m’a demandé de le suivre. Je suis entré dans une salle et j’ai compris qu’il comptait faire une fiche sur moi. Un deuxième policier qui l’avait rejoint m’a fait passer sous la toise et a donné en plaisantant une fausse mesure : 1m 30 au lieu d’1 m 61 et il m’a demandé de me déshabiller pour rechercher les signes distinctifs tels que des tatouages.

Après m’avoir inspecté, il m’a demandé de montrer mon sexe. Je l’ai fait et il m’a dit « Je n’ai pas très bien vu, tu n’es pas circoncis ? ». J’ai répondu non. Et il m’a demandé de me rhabiller.

Le second policer m’a alors interrogé en me demandant mon identité. Ils m’ont demandé quel métier je voulais faire. J’ai répondu « diplomate » et ils m’ont dit que si j’avais un casier judiciaire je ne pourrais pas être diplomate.

Il m’a demandé si j’avais une petite copine et comme j’ai répondu non, il m’a dit que je ferais mieux d’en trouver une au lieu de faire des conneries en disant qu’à mon âge ça devait bien me tirailler….

L’autre m’a demandé si j’avais une voiture. J’ai bien sur répondu non. Et il m’a dit « Heureusement pour toi, sinon, je me serais fait un plaisir d’aller la casser »

Puis l’autre a préparé le dispositif pour prendre la photo et a écrit mon prénom sur la plaque : Hakim au lieu de Achim. Je l’ai fait corriger et il m’a dit qu’il ne l’avait pas fait exprès, que ça devait être l’habitude. Il m’a dit « Toi, t’es bien français ? Tes parents sont français de souche ? »

Il m’a pris en photo puis a pris mes empreintes digitales. J’ai été libéré. Par la suite, j’ai appris par mon ami qu’il avait subi les mêmes choses et qu’ils lui avaient dit que mon prénom c’était un nom de merde, que c’était un nom d’arabe.

Ce qui m’a choqué dans tous ça c’est que bien que j’ai répondu honnêtement à leurs questions, en leurs faisant confiance comme à des adultes représentant la loi, ils m’ont humilié gratuitement à plusieurs reprises. Je me suis interrogé sur la procédure qu’ils ont employé qui m’a paru disproportionnée par rapport à ce que nous avions fait. Occuper six policiers, humilier deux adolescents pour un petit trou sur une voiture déjà très abîmée : quel sens cela peut-il avoir ? »

Voilà. Juliette aujourd’hui a laissé ce commentaire sur le blog des Posuto :

« Je pense que tu ne dois pas lire notre blog en ce moment, Kiki, car notamment sur la note “que fait la police ? ”, te connaissant, tu aurais eu une réaction d’un humour suffisamment décapant pour bousculer le citoyen ! Amitiés, Juliette »

Je suis pas sûre, Juliette, d’avoir eu l’humour décapant que tu espérais.

C’est qu’il en faut une grosse dose pour décaper cette odieuse crasse.

Des hommes capables de détruire la confiance en la société d’un gamin de 16 ans qui veut devenir diplomate…

Mais bon sang, de quoi ont-ils peur ???

Kiki

PS : (ajout du 22 août, suite au commentaire de Circé )

Il paraît que, sans ses papiers, un homme n’est même plus digne d’être victime de délinquants. Il faut être en règle pour pouvoir se plaindre d’une agression :

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Pays des Droits de l’Homme

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