Par RV

Bon, commme je le disais dans le billet précédent, Sarkozy ne me gâchera pas le plaisir de saluer les amis de la blogosphère comme il se doit. Mais avouons tout de même que la réussite de ce type est une sacrée prouesse.

Détesté par la gauche mais surtout par une bonne partie de la droite, il a trouvé le moyen de s’emparer de l’UMP. Impliqué jusqu’au cou dans les mandats de Chirac comme ministre, ilest parvenu à persuader qu’il était en politique neuf, vierge, en rupture comme il dit.

Une fois élu, il a dégringolé en popularité plus vite que n’importe quel autre de ses prédécesseurs. Il se fout de tout le monde, manipule tout un chacun, piétine à la fois la bienséance diplomatique et le Parlement, ridiculise le vote souverain de l’Irlande, gruge son propre électorat trahi par le mythe du « Président-Pouvoir-D’Achat », insulte et menace à tours de bras, j’en passe.

C’en est presque comique au fond ! Au moins 60 à 70 % des Français le déteste, ou s’en méfie, ou regrette d’avoir voté pour lui, et pourtant rien, strictement rien n’arrive à l’ébranler. il semble être le seul à avoir compris qu’aller vite, tout le temps, permet de faire oublier en un temps record les erreurs de communication accumulées. Pour en commettre certes de nouvelles, qui seront tout aussi vélocement chassées par les prochaines. Et ainsi de suite. En attendant, le fond des choses passe inaperçu. Syndicats et partis d’opposition n’arrivent pas, ou ne sont pas capables de critiquer les réformes guvernementales en proposant clairement des alternatives. Elles existent pourtant. Mais on retombe sur la clé du succès sarkozyste, et par effet miroir sur la clé de l’échec de la nébuleuse anti-sarkozyste : la maîtrise de la communication médiatique de masse.

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Kiki m’a souvent dit « si on veut piger comment Sarkozy fait pour manipuler si facilement la société, on n’a qu’à regarder le JT de 20h de TF1 tous les jours ». Elle a raison. Mais je regrette infiniment de reconnaître que c’est au-dessus de mes forces. Du coup, je me place automatiquement dans la case des gens qui ont du temps pour penser, dans cette catégorie de parias donneurs de leçons (et souvent blogueurs !) contre lesquels le succès sarkozyste s’est en grande partie bâti.

Et pour finir, Sarkozy sait que si les gens ne sont pas prêts à revoter pour lui, ils le sont encore moins à voter pour les autres ! On n’a peut-être jamais été à ce point dans la politique « par défaut » avec autant d’excès. Ben ça nous fait un joyeux paradoxe, vindzou…

RV