Les deux supporters marseillais qui malheureusement ont péri dans l’accident d’un bus qui les conduisait vers Le Havre ont quasiment eu des funérailles nationales. On les a en tout cas élevés au panthéon des martyrs du sport.

L’homme qui est décédé hier, sur l’autoroute A1 dans l’Oise, fauché par une voiture alors qu’il aidait un automobiliste en panne, a eu droit à 7 secondes sur les ondes de Radio France. Google actualités relève deux journaux qui en parlent, le Parisien et le Figaro.

Oui je sais, ce sont des faits divers, des chiens écrasés, de l’écume, rien à voir avec les sourds grondements de la politique et de l’économie qui font craqueler de toutes parts le sol sous nos pieds.

Le sens de l’équité, de la justice, du respect de chacun a-t-il à ce point été broyé par la médiatisation de l’inutile ? J’aime regarder le sport à la télévision. Mais il faut en supporter le prix de plus en plus lourd, celui de la nouvelle religion. Le football, ses messies milliardaires analphabètes en short, ses supporters martyrisés par un cruel destin.
Je pense en outre aux familles d’anonymes supporters de clubs de 5e division, morts d’accidents au détour d’une autoroute, d’un carrefour ou d’un pont. Que ne supportaient-ils un grand club de l’élite…

J’arrête, je sais que tout ça n’est pas si important, on vit, on meurt, c’est tout. Tant pis.

RV