Par RV

Pete Fromm est écrivain depuis qu’il a cessé d’être ranger dans le Montana.

Un seul des ses livres a été traduit en français, grâce au jeune éditeur Oliver Gallmeister.

Vous ne le croirez pas mais c’est pourtant bien vrai : l’un comme l’autre sont venus dans mon lycée, rencontrer les élèves. Et parler du livre de Pete, Indian Creek.

fromm.1226767116.jpg Pete Fromm © Pacific University, Oregon

C’est un bouquin formidable. Pete y raconte son expérience de la solitude dans les montagnes Rocheuses, lorsqu’il passa 7 mois à surveiller un élevage de saumons pour le compte de l’Université du Montana.

Et les qualités de l’oeuvre vous sautent aux yeux : on est pris, embarqué, on a froid avec lui, honte avec lui, peur avec lui, on se marre doucement, on a franchement le blues, on pige tout, absolument tout, à tel point qu’en refermant le livre on se dit non pas qu’on irait bien au Montana, mais qu’on y retournerait bien.

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Il fallait voir Pete Fromm devant nos élèves. Gesticulant, mimant, dessinant son expérience autant qu’il l’expliquait, il a conquis son public. Un public pourtant exigeant, à la fois parce qu’il ne maîtrise pas vraiment l’anglais, mais aussi et surtout parce qu’il est à l’âge de la « regardation » de nombril, pas de la découverte d’autrui.

Ce jeune homme de 50 ans, costaud et élancé, couteau suisse à la ceinture, est en plus aussi sympathique que son livre le laisse croire. Nous avons parlé de politique (et je puis vous dire qu’il est méchamment démocrate !), de littérature et, j’ai pas pu m’en empêcher, de football (pas le truc de nazes avec des simulateurs de pénalty larmoyants, le VRAI, le foot US).

A mon grand regret, j’ai dû retourner en cours après le déjeuner. Sans doute ne le reverrai-je jamais. Mais j’espère, grâce à la traduction anglaise de ce billet par ma chère Hopie, qui viendra dans quelques jours, qu’il pourra lire, depuis son chez-lui de Great Falls, ce modeste hommage à son talent et à sa gentillesse.

RV