Politique


 Par RV

Que reprocher vraiment au PS ?

Se déchirer sur des projets ? Normal, les débats sont sains.

Se déchirer pour des problèmes d’ego ? Humain ; pitoyable certes, mais humain.

Donner le spectacle d’élus coupés du peuple ? Vous en connaissez des élus proches du peuple ? Impossible, avec la vie qu’ils mènent. Ils sont en apesanteur, leur vie matérielle les pousse à ne plus voir grand-chose. Ils ne tiennent jamais de porte, ne connaissent le prix du lait que s’ils ont une fiche faite par un collaborateur et ont comme principal souci de séduire les medias. C’est comme ça.

Alors quoi ?

Alors, si de Jospin à Hollande les dirigeants du PS avaient fait preuve ne serait-ce que d’un peu plus de pugnacité altruiste, on n’aurait pas le sarkozysme qui détruit nos services publics, notre politique d’accueil et nos espoirs de solidarité.

Petit à petit, nous abandonnons le combat. Jeudi, une grève très importante se profile, contre les méthodes et la politique du ministre de l’Education Nationale le plus méprisant que l’on ait eu depuis Allègre. Total : dans mon lycée, combien ne feront pas grève, y compris des leaders syndicaux, parce que « xyz », toutes bonnes raisons, remarquables, censées, pouvoir d’achat, inutilité du mouvement, rituel répétitif et inefficace de la grève, etc..?

Ainsi, nos camarades professeurs des écoles, sans qui nous professeurs du secondaire ne serions rien, puisqu’ils font un boulot d’enfer avant de nous passer les petits, risquent à raison de trouver la pilule bien amère. Bien sûr vous pouvez m’objecter que tous les professeurs ne sont pas compétents, mais alors trouvez-moi le corps de métier garni de gens parfaits pour que nous prenions modèle !

Je le pense sincèrement, il faut que le corps enseignant fasse front, et bloc, contre ces dizaines de milliers de suppressions de postes, contre les recteurs et rectrices -dont celle de notre académie de Besançon- qui nous affirment que privé et public doivent être considérés à égalité pour les formations, contre le mépris affiché envers les professeurs de Maternelle, contre le flicage de nos blogs, contre non pas la réforme du lycée mais la réforme non concertée du lycée (les lycéens l’ont bien compris).

A propos, nous les profs, allons-nous à nouveau regarder un mouvement lycéen se former, grandir puis avorter sous nos yeux sans le moindre relais ? Les jeunes n’attendent pas des profs qu’ils les félicitent de leur esprit de résistance, encore moins qu’ils les guident : ils attendent que nous soyons du même combat et que nous établissions enfin, enfin, un rapport de force inflexible et déterminé face au pouvoir. Je rêve, sans doute. J’espère que nous serons nombreux avec nos camarades du Primaire dans les rues de Vesoul et d’ailleurs ce jeudi.

RV

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Par RV

La lutte des classes est-elle finie ? A-t-elle jamais existé ? Comment se positionner dans cette lutte si l’on n’est ni prolétaire, ni possédant ? Si ces interrogations ont l’air de sortir d’un meeting du PC ou de LO des années 70-80, tant pis ou tant mieux : je me les pose, chaque jour avec un peu plus d’insistance, et lorsque les petits boutons d’acné de ma pensée sont près d’éclater, je blogue.

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La lutte des classe n’est pas terminée. J’en suis convaincu jusqu’à la moelle des os les plus planqués dans les recoins de mon squelette. Donc forcément, cela répond à la deuxième question, elle a toujours existé. Et ceux qui prétendent le contraire ne le font que par intérêt.

Prenons un quidam quelconque, genre classe moyenne, petite bourgeoisie intellectuelle de Province (quasi un autoportrait !). Il vous affirme que la lutte des classes est dépassée, quelle n’existe plus. Pourquoi ? Parce qu’il est persuadé, ou veut se persuader, que la société qui l’abrite et le nourrit peut lui donner plus, sans qu’il se fatigue à sortir ses pancartes en manif ou son droit de grève. Ou encore que sa position intermédiaire ne fait pas de lui un exploiteur, et donc que si la lutte des classes n’existe pas, en aucun cas on ne pourra lui reprocher l’état social de son pays.

Sérieusement, dans le blanc des yeux, affirmez-moi que les intérêts des patrons ne vont pas sans exploitation de la main d’oeuvre, ici ou ailleurs? Que le moindre artisan, aussi sympathique et débonnaire puisse-t-il être, n’exploite pas son stagiaire gratuit venu de BEP (tout en râlant qu’il est un vrai branleur, ce qui parfois est vrai, mais qu’importe !) Que les traders et autres banquiers n’exploitent pas la crédulité de millions d’actionnaires persuadés eux aussi que la lutte des classes n’existe pas et que donc ils ne font pas partie de la catégorie « bétail à tondre ? ».

Le capitalisme installe naturellement, évidemment, automatiquement une lutte des classes. Par le simple mécanisme de la concurrence, et de la libre-entreprise. Tirer son épingle du jeu capitaliste revient à exploiter quelqu’un, ou quelques uns, ou des centaines, des milliers, des millions de « uns »

Aujourd’hui, malgré la poudre aux yeux quotidienne, les matchs où l’on siffle la Marseillaise, la poupée à épingles, le dernier disque de Carla Sarkozy, la machine libérale avance. Elle vient de prendre un coup qui aurait été mortel pour tout autre idéologie, mais là, avec une morgue et une ironie glaçantes, elle se relève en mutualisant les pertes. Pragmatisme, nous sortent-ils comme une litanie, le premier d’entre eux en tête, pragmatisme. La MGEN, dont je suis un élu départemental, redistribue 98 % des cotisations de ses membres en remboursements, contre 50 % en moyenne pour les autres mutuelles. Ne possédant aucun bien en dehors de ses locaux, notre mutuelle va devoir quand même payer une taxe spéciale « Connerie insondable et criminelle des tenants du libéralisme » d’une centaine de millions d’€uros, au même titre que les mutuelles qui se gorgent de profits immobiliers et boursiers depuis des lustres. Evidemment, la cotisation des assurés va augmenter. Mutualisation des pertes, vous dis-je.

Si l’opinion publique n’a pas ou plutôt ne veut pas, par confort intellectuel, manque de dynamisme ou trop grand abattement socio-culturel (toutes raisons que je comprends, sans les sanctuariser, mais que je comprends) réagir par des protestations massives, bref par un rapport de force inversé au profit des dominés, le rôle des intellectuels (oui, des intellectuels, des gens qui ont la chance d’avoir le temps de réfléchir parce que leur boulot leur laisse le temps ou les pousse à utiliser leur cerveau comme principal moteur de leur vie, j’en fais partie et j’en suis désormais fier) est de rester vigilant, de réfléchir et de proposer des actions, des réflexions, des débats. La société est, malgré tous nos cloisonnements, poreuse ; ce qui peut un jour apparaître comme une idée de tout petit cénacle aura possiblement un destin plus large.

Souvent, poster un billet politique me laissait l’impression que je ne parlais qu’aux convaincus, aux habitués, aux amis, bref que ça n’allait pas assez loin. Mais si, ça va loin. D’abord, avoir des amis qui partagent vos vues, c’est déjà très bien. Réfléchir, résister, tenter avec ses moyens et -pourquoi pas ?- ses talents de faire avancer des idées politiques qu’on croit justes et honnêtes, ça va loin. Bien plus que je n’aurais pu aller si ce blog n’existait pas.

RV

PS from Kiki : Ils ont des chapeaux ronds sur Culturofil . C’est pas moi, c’est RV qui le dit. Et il le dit bien, je trouve !

par RV

Flo Py, dans ce billet, a soulevé un problème qui intéresse les petits scarabées dans mon genre. Je suis pas assez rapide pour choper le trucmuche dans la main de Yoda, mais je peux essayer de raisonner en termes historiques.

A la fac de Lyon 2, mon directeur de Maîtrise s’appelait Marcel Pacaut. Il est mort il y a quelques années, à plus de 80 ans. Je ne dirais pas que c’était mon maître, parce qu’il faut pour ça présenter un héritage, et là, j’ai que dalle à montrer. Mais je l’aimais bien. Il était atypique, un humour ravageur, très expressif, et éminemment cultivé. De lui, je retiens surtout une sorte de maxime, que je cite de mémoire : « La seule leçon que l’on peut tirer de l’Histoire c’est que lorsque l’Eglise se mêle de politique, elle devient intolérante ». Cette phrase prend encore plus de poids quand on sait que M. Pacaut était très croyant !

J’en reviens à ma maîtrise : j’avais besoin d’un sujet light, qui nécessiterait peu de travail d’archives. Un, parce que ça m’a toujours gavé de bosser aux archives, j’y suis comme un lion en cage au bout d’une chanson des Beatles (temps canonique destiné à mesurer la longueur acceptable d’un lavage de dents chez les enfants Posuto). Et deux, parce que je passais le CAPES en même temps, et que ce dernier était le sésame vers une vie autonome financièrement, donc ma priorité..!

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Or donc, je me vis proposer par le Sieur Pacaut un travail de recherche sur la vision du Moyen Age développée par une revue de vulgarisation historique célèbre. Pour ce faire, j’épluchai les numéros de ce magazine parus entre 1945 et 1990, année de mon mémoire.

Quelle ne fut pas ma surprise (prononcez cette phrase avec l’accent de Christine Albanel, vous verrez c’est tordant !!) lorsque je constatai qu’après quelques années d’articles plutôt anodins, la revue se mit à inviter massivement des auteurs d’extrême-droite, compromis jusqu’aux oreilles dans la collaboration intellectuelle avec Vichy, et qui recyclaient leur fond de commerce anti-juif, anti-ONU, anti-athées, anti-métèques, anti-communistes à n’importe quel prétexte : un article sur Charlemagne, sur Jeanne d’Arc, sur les Templiers, la bouffe au Moyen Âge, que sais-je encore.

C’est alors que je pris conscience, finalement donc aussi grâce à Marcel Pacaut, d’une deuxième leçon de l’Histoire : les idées politiques ne meurent jamais. elles se recyclent, elles changent d’odeur ou de forme, voire carrément d’apparence, mais elles restent.

La pensée pétainiste n’est pas morte. Elle sort à nouveau d’un sommeil contrarié, comme elle le fit dans les années 50 dans les pages de ce magazine précédemment évoqué. Et, visiblement, elle se double d’un bel « atavisme géographique« , si j’ose dire…

RV

par Kiki

Dans la série :

Je suis maso et je me fais du mal c’est fou

faut que j’arrête mais j’y arrive pas

je suis allée lire les commentaires d’internautes à la suite des articles qui concernent l’assistance sociale qui cafte. C’est là qu’on mesure à quel point les mots ont de l’importance, puisque certains établissent une différence de taille entre « délation » (cacabeurk) et « dénonciation » (acte de citoyenneté). Evidemment, selon les sensibilités, l’acte de cette assistance sociale est l’un ou l’autre.

Ceux qui s’indignent et utilisent le mot « délation » sont qualifiés de Droitsdel’hommistes (insulte suprême. Comment peut-on seulement trouver accorte et sympathique un truc aussi écoeurant que Les Droits de l’Homme, hein ? hein ?). L’argument massue pour contrer un Droitsdel’hommiste est « Prenez-les donc chez vous, tous ces clandestins avinés dépravés hirsutes feignasses malpropres qui mangent notre bon pain français, que c’est nous qu’on paye pour ! Ah, là on fait moins les marioles, hein ???! ».

Cet argument mille fois entendu m’a toujours mise mal à l’aise, genre je regarde mes pieds, que répondre, quoi rétorquer, c’est pas le propos espèce de xénophobe mesquin étriqué… Et je me suis souvent demandé pourquoi je ressentais cette gêne en l’entendant, cet inconfort et cet abattement.

J’ai compris ce matin (bé oui, je ne suis pas rapide, on m’appelle TortueGirl, j’ai un costume avec une carapace à paillettes d’ailleurs…

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mais ça n’a rien à voir).

Cet argument me met mal à l’aise parce qu’il ne s’adresse pas à moi en tant qu’ « être civilisé ». Il s’adresse à mon cerveau reptilien, à ma part d’animal, de non-social, ma part primitive qui ne supporte pas Tante Mauricette à table quand elle mange la bouche ouverte en postillonnant sur mon bras.

Personne ne doit personnellement prendre en charge chez lui dans son salon entre la plante verte et le bocal de Youyou le poisson rouge un individu posant problème à la société. Parce que justement, la Société Sociale Civilisée Non Animale doit mettre en place des réponses Collectives aux problèmes et proposer des prises en charges Collectives et déléguer la mise en place de ses décisions à travers des personnes dont c’est le métier, compétentes, formées pour, etc…

Bref, forte de cette nouvelle compréhension de mon fonctionnement (parce que j’ai paumé la notice faut dire), j’ai cliqué de ci de là et suis arrivée sur cette page de Brice Hortefeux himself. Je sais, ce n’était pas très raisonnable. Mais bon, on est toujours dans la Série :

Je suis maso et je me fais du mal c’est fou

faut que j’arrête mais j’y arrive pas

Je n’ai pas tout lu en détails à cause du lait sur le feu, mais deux choses m’ont quand même déconcertée :

 

Je cite :

« (…)J’ai ainsi en tête un cas précis qui résume parfaitement cette volonté d’équilibre, de fermeté et de justice : c’est celui de ce jeune étudiant ivoirien, séjournant en France sans autorisation et sans papiers. Il a été reconduit en mai dernier chez lui. Mais l’éloignement ne signifie pas bannissement. Il est juste de quitter le territoire quand on ne respecte pas ses règles. Il doit être possible de revenir lorsqu’on les respecte.

Ce jeune étudiant, que j’ai appelé au téléphone, a ainsi été autorisé à revenir en France afin d’y poursuivre son BTS d’informatique commencé après son baccalauréat.

La loi est ainsi appliquée et l’accueil concrètement respecté. »

Magnifique résultat. Aucune perte de temps avec cet aller-retour. Se rendre compte tout de suite que ce jeune homme n’était pas une brute sanguinaire avinée désireuse de mettre à bas et de fouler au pied le socle deux fois millénaire de notre civilisation était en option, on s’en doute. Voilà donc un jeune étudiant qui a pris l’avion dans un sens puis dans l’autre pour que dalle. Oui, ça a pollué pour rien. Mais c’est pas comme si on avait fait un Grenelle de l’Environnement.

 

« (…)Troisième priorité : mieux protéger l’Europe en améliorant l’efficacité des contrôles aux frontières. Cela passe par trois choses : un recours volontariste aux technologies modernes comme la biométrie ; des objectifs plus ambitieux pour l’agence Frontex, qui reste embryonnaire ; et une plus grande coopération entre les États membres et les États limitrophes. J’ajoute que les États européens les plus exposés doivent pouvoir compter sur une solidarité de leurs partenaires dans la lutte contre l’immigration illégale. »

 

Le mot important ici est « biométrie« . Parce que bêtement, moi je pensais que les contrôles aux frontières et l’obtention de papiers en règle était purement administrative, dossiers, certificats, feuilles dactylographiées format A4 avec ou sans trombone, avec ou sans tampon du ministère du truc ou du préfet du coin, signées, paraphées, précédées de la mention lu et approuvé le tant à remplir en quatre exemplaires.

Mais pas du tout. Grâce au mot « biométrie ». C’est épatant de savoir que des tonnes de papiers seront obsolètes (c’est bon pour l’Environnement) : un clandestin qui immigre se repère à la frontière grâce à ses empreintes digitales, son iris, les réseaux veineux de sa rétine, la forme de sa main, ainsi que les traits de son visage.

Après, dans la Série « J’ai besoin de mots » j’ai pensé à « beaaaarhk ! », mais ce n’est pas un mot. C’est plutôt une réaction épidermique, une réaction de mon cerveau tout entier, avec ses deux hémisphères, le reptilien et le civilisé ensemble qui entonnaient en choeur cette unique réaction dévastée.

Et après, je me suis souvenue d’avoir lu des témoignages de gens qui doivent pas correspondre aux critères biométriques de l’époque. J’ai lu et j’ai été triste. Pas seulement pour eux. Pour moi aussi. Pour nous tous en fait. C’est bête que les pouvoirs de TortueGirl soient si minces.

Kiki

Par RV

Un truc qui me gonfle, c’est la dette. Pas la dette en tant que dette, la dette en tant qu’argument politico-économico-sociéto-machin-chose permanent. Même les socialistes argumentent en la citant. C’est plus de l’argumentation, c’est de l’argudettation. La dette est énorme. La dette est insupportable. Réduire la dette est un impératif pour ne pas la laisser aux générations futures qui n’ont rien demandé, etcaetera. J’adore le truc « générations futures qui n’ont rien demandé ». Parce que la prolifération nucléaire, la faim dans le monde, l’échec scolaire, Sarkozy au pouvoir et le réchauffement climatique, tout ça, ils l’ont demandé..? Et nous, les générations actuelles, on passe sans doute notre temps à dire à celles qui nous ont précédées « Bande de glanglans, z’avez vu la daube de monde que vous nous avez légué ? »

Sur ce site tout à fait officiel, on trouve deux graphiques très amusants, qui semblent (pour le 2e en tout cas) prouver que le gouvernement actuel a l’intention de rester aux affaires jusqu’en 2032, ce qui prouverait à tout le moindre que la fréquentation de Khadafi a donné des idées de longévité étonnante à nos dirigeants (j’ai mauvais esprit hein…). Allez, soyons fous, je ne résiste pas au plaisir de vous reproduire ces deux graphiques (cliquez sur les miniatures pour les agrandir) :

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Oui, parlons-en de la dette. enfin parle-z’en, RV, t’es tout seul là. Donc, la dette. Moi je trouve ça très bien. Car on se focalise aujourd’hui sur les effets inhibants des remboursements, en omettant de mentionner qu’elle permet aussi d’avoir des fonds ! Si ces fonds sont utilisés pour améliorer la vie du plus grand nombre, le plus grand nombre devrait être heureux, y compris le plus grand nombre futur pas encore né qu’a rien demandé…

Imaginons le discours anti-dette poussé à fond : bon, plus de dette. Finances apurées. Au prix du gel quasi total des constructions nouvelles ou de l’entretien nécessaire d’hôpitaux, de lycées, de logements, de crèches, de piscines publiques, de bibliothèques, de voies de transport. Ah ben oui mais au moins on a jugulé la dette.

Prouvez-moi, je dis bien prouvez-moi, par des chiffres, des calculs prospectifs, bref des arguments réels et pas lancés comme une cacahuète dans le sillage (qui commence à se faire un chouïa lointain) du triomphe sarkozyste de mai 2007, que la dette française est le frein à l’amélioration de la vie des citoyens. A moins, bien sûr, que l’amélioration de la vie des citoyens ne soit pas le sujet. Auquel cas…

Tiens j’en profite pour apostropher en passant un collègue, M. Jacques Marseille. Hier encore, à « C dans l’air« , il se plaignait de l’état de la France, qui est tellement en retard de tout par rapport à ses voisins européens, puisque « Ce pays », comme il dit tout le temps, « n’a jamais su faire les réformes nécessaires même si elles sont douloureuses ». Comprenez libéraliser tous les secteurs de l’économie, à l’anglaise. Bon. Dont acte, cher collègue, je ne vous tutoie pas encore parce que nous n’avons pas bu un café ensemble dans la salle des profs, mais si je puis me permettre : pourquoi vivez-vous encore en France, si ce n’est par approbation de son système de santé, de sa protection sociale, et même de son absence de compétitivité excessive entre ses professeurs d’univesité..? Allez cher collègue, sans rancune…

RV

par Kiki

 

Le doyen des arbres : un épicéa vieux de près de 8000 ans !

« En Suède, une équipe de forestiers a découvert dans l’ouest du pays un bosquet d’épicéas minuscules dont l’un pourrait être le plus vieil arbre vivant du monde. Ce pin (Picea abies) appartient à une espèce couramment répandue dans toute l’Europe, et même familière puisqu’il s’agit de l’arbre le plus fréquemment utilisé comme sapin de Noël (…) »

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8000 ans, c’est beaucoup quand même.

Il en a vu des choses ce Picea abies !

J’ose à peine imaginer…

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Ah, mais dans mon voyage mental à travers les âges (farouches) je suis stoppée dans l’élan. elanstop.1208345541.jpg

Comme quoi, se tenir au courant des dernières nouvelles peut être générateur de baisses de moral.

Economies, économies…

Je me demande… C’est une mesure de droite ?…

Mais c’est bon pour le pouvoir d’achat ? Non ?

C’est quand même en phase avec Liberté Egalité Fraternité, non ?

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Alors, pour mon 8000 et unième Noël, je demande la gauche.

Un peu.

Kiki

par Kiki

D’abord il y a « le pied », pour dire que c’est bien, ha, c’est bien, c’est le pied. Bon.

vincimain.1207515200.jpg Non, ça, c’est la main. Concentrez-vous, palsambleu.

botticellipied.1207515278.jpg Voilà. C’est un pied. (si vous trouvez de quel peintre vous gagnez un autocollant de la maison Scholl)

Ensuite, il y a le pied à coulisse, comme le trombone mais différent, plus pour l’ouvrier qui veut travailler (plus) et moins pour le musicien qui veut mélodiquer (beaucoup).

A ce propos, j’ai une illustration, mais pas de pied à coulisse, une illustration de clé à molette qui scriptionne avec joliesse :

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Vous conviendrez que cette illustration de clé à molette convient parfaitement au pied à coulisse et peut-être même au trombone du même nom (Quoi ? Vous conviendez pas ? Comme c’est étrange…).

Ensuite il y a le pied de nez. Il est souvent coquin. Plaisantin. Enfantin. Na !

Quelquefois magistral :

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Un pied de nez de pied en cap pour ainsi dire.

Récemment, découverte d’un nouveau pied de nez.

Une création faite main travail artisanal et tout et tout de Laurence Parisot, la grande philosophe de la Précarité (« La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?«  . Mais oui, ça. Pourquoi ? Est-ce nous qui décidons si l’eau est mouillée ou le ketchup écarlate ? Certainement pas. La précarité est une donnée naturelle, comme le vent, les vagues et les fuites de chez Total , hé oui, vous ne venez pas chez eux par hasard).

Laurence Parisot, la chef des patrons, the boss of the bosses, the top of the chefs.

Samedi 5 avril de cette année, la chef des patrons a acheté 4 affiches réalisées en mai-juin 1968 par les Ateliers Populaires.

Si c’est pas un pied de nez, ça !

Je me demande bien quelles affiches elle a choisi…

Peut-être celle-là ?

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Si c’est celle-là (en dehors du fait que je suis pied à terre moralement) je me demande par quel adjectif caractériser ce pied de nez parisotesque…

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Erratum :

Je rectifie, il ne s’agissait pas d’un pied de nez mais d’un bras d’honneur, de la même cuvée que celui de Sarkozy qui se revendique de Jaurès. Du coup ce billet est totalement hors sujet. Zutalors. Et ça me fait encore 2 points de moins.

Kiki

par Kiki

AAhhhh !!! Immenses dépôts de sel à la surface de Mars !!!

Nouvelle d’importance, me dis-je. Parce que ça change les perspectives !

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Dans le cadre de la Mondialisation qui file gaiement vers l’Universalisation, c’est tout un secteur économique qui va s’en trouver modifié :

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Qui plus est, il est dit dans cet article que :

« On ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec certains sites terrestres où des bactéries emprisonnées dans le sel ont pu être réanimées après plusieurs millions d’années de vie latente. »

Je ne sais pas qui est ce ON qui ne peut, mais moi c’est sûr que je ne peux pas. Les bactéries réanimées, je vois tout de suite ce que ça donne :

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Et ça fout les chocottes grave.

Bah. Les changements, c’est le sel de la vie.

Tout change.

Par exemple, les décisions d’hier…

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… ne sont pas celles de demain …

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Quel est le rapport me direz-vous ?

Aucun, certes. C’est d’ailleurs toute la beauté du concept.

Je concluerai avec « un Mars et ça repart », ce qui est facile comme bilan, mais bon, la vie étant bien assez rude comme ça, ce n’est pas la peine d’en rajouter (tout le bon goût du café ! MarSwell qualité filtre…).

Kiki

par RV

La cuillère de bois, c’est quand on termine bon dernier du Tournoi des 6 nations.

La langue de bois, c’est quand on perd une élection et qu’on passe la soirée à se parjurer en disant que ce ne sont que des élections locales, et que ce n’est qu’un rééquilibrage.

Cowboy, autre blogueur indécrottablement (néologisme assumé) de gauche, identifiait il y a peu le nouveau cache sexe social de la droite : y’a plus de « pauvres », y’a que des « précaires ». Depuis hier soir, y’a plus de branlée, de déroute, de bérézina, de cata, de tsunami, non, il y a « rééquilibrage ». En plus, il est « évident ». Merci, MM Vauquier, Bertrand, MMES Pécresse, Yade, merci de la leçon de vocabulaire. Il est vrai que la droite a héroïquement conservé Marseille et somptueusement gagné Agen, Calais et Quimperlé… quoi, je suis ironique, mais pas du tout !..

Dans la foulée cependant, la droite annonce la poursuite des réformes, dont le détail confirme qu’elles conduiront, si elles aboutissent, à la destruction (je pèse mes mots) de la société française telle qu’elle existe depuis 1945. C’est un choix politique, idéologique, franc et frontal. Faire passer en 5 ans la France de l’Etat Providence au libéralisme anglo-saxon, qui, en gros, s’accommode de 10 % de riches, de 60 % de classes moyennes et de 30 % de pauvres. Zut, j’ai dit « pauvres », désolé, je voulais dire « précaires »…

Et il en faudra, de la belle et bonne et certifiée langue de bois, pour faire passer ces fameuses « réformes » dont les Français souhaitent « la poursuite » (je le dis souvent, l’un des moyens infaillibles de détecter la langue de bois est d’essayer de dire le contraire. Si c’est impossible, c’est de la langue de bois. Exemple : vous vous voyez en train de dire « Je ne veux pas de réforme » ? Vous seriez tout de suite taxé d’inconscient, voire de réac’, de passéiste ; et la droite joue là-dessus à fond : le mot réforme lui sert systématiquement de filet de sécurité.

Question : « Alors, Monsieur de la droite, vous encaissez une sévère défaite ce soir ? »

Réponse : « Il est évident qu’on assiste là à un rééquilibrage, mais en même temps les Français souhaitent la poursuite des réformes »… Le contenu du mot réforme ? Aucune importance. La droite sait bien que les sondés ne répondront jamais massivement « je refuse de répondre à des questions fermées qui seront interprétées à l’insu de mon plein gré »… Les sondés répondront toujours à 80 % qu’ils veulent des réformes, comme ils déclarent à 80 % vouloir plus de programmes culturels sur les grandes chaînes de TV…

Alors les réformes vont se poursuivre. On partira plus tard à la retraite, avec moins d’argent, l’ISF sera supprimé, la Sécu sera assainie au prix de franchises médicales et de déremboursements massifs, les services publics seront rentabilisés par de vastes coupes franches dans l’éducation, dans les services de proximité comme les bureaux de poste ou les gares rurales, les Universités augmenteront leurs droits d’inscription de façon « significative » comme ils disent, le droit du travail passera de « complexe » à « simplifié », au détriment de qui, le MEDEF à votre avis ?, et j’en passe.

Alors oui, revenons à la proximité idéologique et politique que je revendique avec Cowboy : on s’en fout pas mal que la gauche ne soit balèze qu’aux municipales, cantonales et régionales. Quand tu es face au dragon, tu passes pas ton temps à te demander de quelle couleur est le pommeau de l’épée. Soit tu cours le plus loin possible, soit tu fonces dans la bête, et qui m’aime me suive. Tiens, ça tombe bien, demain 18 mars, grève contre la suppression des postes dans l’Education Nationale. Je peux me le permettre moi ? Ben oui. Je peux me le permettre, et donc je ne vais pas me gêner. La grève, c’est mon Fouquet’s à moi…

RV

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Par RV

Deux nouvelles mesures préconisées avidement par le pouvoir sont inquiétantes. Beaucoup plus encore que le « style » sarkozyste. Vous me direz, on a l’habitude, mais le corpus s’étend, et les contours d’une idéologie bien connue se dessinent : celle du FN.

Je ne reviens pas sur le traitement des étrangers via les centres de rétention et les expulsions de dangereux enfants scolarisés sans-papiers. Je ne reviens pas sur la collusion entre Sarkozy et l’Eglise catholique, qui va jusqu’à féliciter des intégristes notoires (cf billet de Kiki du 25/02). Je ne reviens pas sur la diplomatie française dont les héros se nomment Bush, Khadafi, Poutine et Déby, tous modèles reconnus de démocratie débonnaire. Je ne reviens pas sur le sempiternel discours anti-décadence qui doit « liquider » mai 68, rétablir l’incivilité scolaire et l’amour de l’hymne national. Je ne reviens pas sur la casse du service public et de l’égalité des territoires, assimilés à une machine de gaspillage reposant sur des millions de fonctionnaires payés à glander devant la machine à café.

Je pense d’abord à la mesure pénitentiaire contre les criminels jugés potentiellement récidivistes. Dernier argument avancé, « que feriez-vous si c’est votre enfant qui était violé et/ou tué ». Alors je réponds : je serais fou, de douleur et de vengeance. Et c’est précisément là qu’il faudrait que la justice intervienne : qu’elle fasse en sorte que je ne devienne pas moi-même un criminel. Qu’au-delà de ma douleur, infinie et inextinguible, elle s’affirme comme la gardienne raisonnable d’un ordre public qui ne peut reposer sur de tels arguments. Hélas, ça n’est pas toujours le cas. Des dysfonctionnements judiciaires aberrants crucifient dans leur deuil des familles qui ne demandent pas vengeance, mais justice. Pourtant, de la façon dont elle est formulée, j’ai peur que cette loi cache un autre dessein : remettre sur le tapis la peine de mort, seul moyen radical d’éliminer les individus dangereux. Autre ritournelle du FN.

 

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Je pense ensuite à la mesure d’évaluation des écoles et des professeurs. Je cite le Monde.fr d’aujourd’hui, article : Nicolas Sarkozy justifie sa méthode et veut garder le cap : Interrogé sur ses projets en matière d’Education, Sarkozy annonce deux nouveautés dès l’année prochaine : les résultats de l’école seront communiqués aux parents et il y aura une évaluation tous les deux ans des professeurs sur leurs résultats.

Ayant connu une bonne dizaine d’établissements scolaires différents depuis que je suis enseignant (1992), j’ai eu l’occasion d’enseigner en ZEP. Mes résultats chiffrés au Brevet des collèges tournaient alors autour de 55 % de notes positives. Je bossais pourtant comme un dingue. J’ai aussi eu l’occasion d’enseigner en lycée »tranquille », et mes résultats au baccalauréat atteignaient alors 85 % de notes positives. Objectivement, j’y travaillais moins qu’en ZEP. Cette mesure permettra donc d’évaluer très positivement un enseignant fumiste et radotant les mêmes cours depuis 20 ans dans un lycée privilégié de centre-ville, tandis qu’elle vilipendera un prof très compétent et motivé dans son établissement de banlieue pourrie. Bravo. Comme les mesures fiscales de l’été 2007, cette nouvelle directive sera parfaite pour distinguer les « gagnants » des « perdants ».

La droite qui nous gouverne n’est ni moderne ni dynamique. Elle est ultraréactionnaire. Elle est tout sauf gaulliste. Elle n’a plus besoin du FN pour gagner les élections, elle l’a absorbé. Et pas seulement ses suffrages. Sarkozy, « le 21 avril permanent ».

RV

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