Je suis comme l’oignon (citation de Shreck, un de mes maîtres à penser).

J’ai des couches ( j’entends d’ici les petits rires à peine étouffés. C’est d’un gamin ! Diantre. Un peu de tenue).

Je développe :

Ma couche externe, la marron-jaune piqueté de brun, étant la plus épaisse, c’est elle qui sert aux relations basiques avec le monde alentour. Elle est protectrice et sociale. Plus ou moins hypocrite selon le temps, elle permet de dire « Bonne Journée » à des inconnus qui, si je les fréquentais davantage, mériteraient claques, crachats et (ou) invectives. Sous elle, c’est la couche « représentation », j’y fais semblant de. Elle est gérée par l’orgueil, l’ego et l’estime de soi (trois outils pour paravent-miroir aux alouettes décoratif)… Encore dessous, plus pâle et déjà plus mince est la couche réservée aux familiers (sympathie et approbation majoritaires). La suivante, encore plus ténue, est pour les seuls proches. C’est mieux si elle ne pique pas les yeux. Et tout au centre, c’est le noyau qui contient l’essence, le Rosebud , le truc qui fait que je tiens debout pratiquement tout le temps.

J’aime bien théoriser (et tricoter, mais ça n’a pas de rapport).

Gratuitement et sans aucune obligation d’achat, je vous propose donc illico ma théorie du jour (plus verte, plus fraîche ! Approchez, approchez !)

Les autres aussi sont des oignons. Auquel cas, que se passe-t-il quand deux oignons se rencontrent ? (Kesski s’racontent, des histoires de…je la connais)

S’ils sont tous les deux sur la même longueur d’ondes, c’est à dire ici, en langage scientifikikitesque, sur la même catégorie de couche d’oignon, il est probable que les réactions soient « normales ». Si des questions surgissent, nous pouvons toujours prendre un crayon et répondre aux tests de journaux féminins êtes vous jalouse ? ou lire La Sociométrie Pour Tous en trois volumes.

En revanche, si les deux oignons ne sont pas égaux en couches, il peut se produire des trucs de ouf, un peu comme quand on mélange deux précipités chimiques dans une éprouvette au hasard.

Exemple virtuel : si le livreur de meubles porte sa couche dite sociale (en plus des meubles) et que moi j’arbore ma couche interne réservée aux proches, je lui dirai en ouvrant la porte : « Oui, c’est bien la bonne adresse, c’est moi qui ai commandé ce piano à queue Christian Lacroix, mais n’te fais pas mal au dos, va plutôt au salon regarder Des chiffres et des Lettres, je t’amène ton café, et est-ce que t’as bien mis ton linge au sale »… Un effet surprenant autant que déstabilisant pour les deux oignons en question.

Et comme les blogs sont faits par des êtres humains (si si), je leur applique ma théorie derechef.

Les blogs ne seraient pas tous sur la même longueur de couche (oui, enfin, j’me comprends). Certains sont mondains et sociaux en diable, d’autres spectaculaires Cirque Gruss et consorts. Il y a des blogs familiers, une accolade sur l’épaule comment vont les enfants, d’autres qui exposent le noyau de leur rhizome en prise directe…Bref, l’éventail de la vie. Et à chaque fois, la surprise.

J’aime bien être surprise. Sans doute parce que c’est étonnant (ça, c’est la phrase phare de ce billet, dans le prochain je dirai que la joie engendre la gaieté, mais n’allons pas trop vite).

Donc, je récapitule :

– Pour Noël prochain, pensez à m’offrir des surprises, des théories et des pelotes de laine.

– Les blogs sont faits par des humains, la surprise est étonnante et l’éventail de la vie est varié.

Je pense qu’on a bien avancé. On va finir le programme beaucoup plus tôt que prévu.

Kiki

PS : Le titre n’a rien à voir avec la semoule. C’est une chanson sur l’album blanc des Beatles (le premier qui fait UNE réflexion sur eux, même anodine, je te le transforme en purée d’oignons maison à l’échalotte promptement, ma couche sociale connaissant un brusque trou d’air).

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