par Kiki

Aujourd’hui, dans la rubrique Mieux Vivre en Société : Mieux Vivre à DIGOIN.

Cette commune de Saône et Loire est MAGNIFIQUE.

Viendez-zy, viendez-zy, promenez-vous dans ses rues, parlez avec ses commerçants, informez-vous sur l’agenda culturel et tout et tout et tout, louez-zy un chalet pour les prochaines vacances…

MAIS : n’y mariez pas vos enfants. Vous seriez obligés de serrer la main du maire.

A ce propos, pendant que j’y pense, s’il vous reste au fond du bac à légumes du frigo cinq ou six tomates décaties à la peau fripée, ne vous privez pas d’un acte agressif, certes, mais réjouissant.

Rendez-vous à la mairie UMP (le parti de… de… je cherche…oui : Nicolas Sarkozy) de DIGOIN (Saône-et-Loire), demandez à rencontrer le grand chef et recyclez sur lui tous vos fruits et légumes avariés (les épluchures sont acceptées ainsi que les oeufs pondus il y a plus de trois mois).

Pourquoi, me demandez-vous ?

Pour ça : lisez Tivigirl de chez Zapping et Cordélia Bonal de chez Libé, ça motive pour le concours du plus beau jet d’immondices.

« Gracia a 5 ans, son frère Béni, 3 ans. Scolarisés dans une maternelle de Digoin, en Saône-et-Loire, ils sont privés de cantine parce que leur mère (enceinte de huit mois), originaire de la République démocratique du Congo (RDC), fait l’objet d’une procédure d’expulsion.

« Contrairement à la scolarisation, l’accueil à la cantine n’est pas une obligation », justifie la mairie UMP.

Cette famille est sous le coup d’une reconduite à la frontière. Le maire a décidé de ne plus accueillir les enfants à la cantine. »

cantine-digoin.1191156897.jpg

A ce stade-là

(c’est à dire le stade des boules,

de l’écoeurement,

de la colère,

de la honte,

du peu de foi à accorder à un être humain qui s’attaque à deux « délinquants » de 3 et 5 ans,

du sentiment devant ces règlementations qui, en notre nom, autorisent l’inautorisable sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy.

Oui, sous son impulsion, il faut « faire du chiffre »)

on est triste.

Et puis, en cliquant sur le net pour en savoir plus, on relève la tête, grâce à des parents :

« Gracia et Béni Mayuma ont été invités à manger par des parents d’élèves furieux de la décision du maire. Ils avaient organisé hier une manifestation devant l’école du village. »

Du coup, le maire UMP, Maxime Castagna est revenu sur sa décision. (« Oups, ça s’est vu ? ben, j’arrête alors« )

Et de se justifier (avec une question de garanties de paiement de cantine, et des réticences morales devant le fait de se retrouver en travers d’une décision de justice).

C’est comme ça.

Une attitude nauséabonde est toujours justifiée par des raisons nauséabondes (c’est la règle du ton sur ton).

Et puis c’est pas comme si le Congo n’était pas accueillant en ce moment !

Un pays aux paysages grandioses, où vivre est un enchantement :

le-bassin-du-congo-qui-regrou.1191157212.jpg congo.1191157234.jpg

Tiens, comme j’aime radoter, je vous livre ce poème de Nicolas Sarkozy, l’idéologue qui n’en est pas un, l’intellectuel qui n’en est pas un, celui qui inspire des hommes tels que ce maire décrit ci-dessus.

« Tous ceux que la vie a brisés, ceux que la vie a usés doivent savoir qu’ils ne seront pas abandonnés. »

« Ceux qui ont le sentiment que quoi qu’ils fassent ils ne pourront pas s’en sortir doivent être sûrs qu’ils ne seront pas laissés de côté et qu’ils auront les mêmes chances que les autres. »

Cet homme parle bien et juste. Il ne choisit pas ses collaborateurs au hasard. Il sait où il va.

Il est CONSCIENT de fouler au pied les « valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme » qu’il chante.

Cet homme qui dit penser « à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures » avec des trémolos dans la voix n’est pas un imbécile.

Lui qui se préoccupe de « tous les enfants et de toutes les femmes martyrisés dans le monde » est le plus puissant des décideurs d’aujourd’hui dans notre pays.

Et quand il ajoute que

« la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle. »

c’est sans doute qu’il réussit aussi, belle performance, à ne pas se regarder dans une glace, en se rasant, le matin.

Kiki