par Kiki

« La valeur n’attend pas le nombre des années ».

C’est bon, je l’ai placé, celui-là. On peut être jeune et valeureux.

Mais on peut aussi être vieux et valeureux. Ou brun et valeureux, ou bancal et valeureux, ou myope et valeureux ou même enrhumé et valeureux. Cette constatation d’une précision dantesque étant placée en préalable, on va pouvoir causer.

Dans ma rue, la valeur se mesure à la dimension de la voiture neuve, ainsi qu’à la taille de l’habitat et du terrain adjacent.

Dans mon entourage, certains pensent facilement « C’est quelqu’un de bien, il est docteur ! » ou « C’est quelqu’un de bien, tu penses, c’est un architecte ! » ou « C’est quelqu’un de bien, un avocat, alors ! »

Il n’aura échappé à personne que la réussite financière est portée en exemple. C’est même utilisé envers la jeunesse studieuse comme argument imparable : « Si tu travailles bien à la Nécole, tu auras un bon métier, plein de sous et tu réussiras dans la vie ».

Je viens quand même de passer 15 lignes à expliquer que l’eau mouille. J’espère que je ne vous déstabilise pas avec des révélations aussi pittoresques.

Evidement, la réussite et l’intelligence pure ne sont pas liées de façon aussi simpliste. On peut « réussir sa vie » et être un gros con prétentieux et glacial (aussi un gros con prétentieux et glacial brun, un gros con prétentieux et glacial bancal, un gros con prétentieux et glacial myope et enrhumé) ce qui colore bien tristement l’ambiance des dimanches à table. Mais là aussi, l’intelligence et les qualités humaines sont des branches différentes de l’évolution de l’Homme.

Je sens que vous aimeriez un schéma qui illustrerait la clarté de mon propos. Justement, j’en ai un :

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(la validité de ce schéma est telle qu’il est maintenant utilisé en urbanisme pour l’élaboration des plans du métro)

Alors que dire de Tom Murphy, 49 ans ? Est-il valeureux ?

En l’occurrence, il est valeureux et noir et SDF et intelligent .

Expert du blitz, jeu d’échec très rapide (5 minutes ou moins pour une partie), il vous apprend sa science pour quelques dollars.

Pas de voiture luxueuse, pas de toit avec propriété adjacente, juste un banc à Washington (et encore, pas toujours le même banc), mais la valeur d’un cerveau hors du commun.

Par contre, ce Murphy là n’est pas l’inventeur de la loi de Murphy : la loi de Murphy est un principe empirique énonçant que s’il existe une possibilité de mauvaise manipulation d’un produit ou d’une méthode, quelqu’un fera un jour cette erreur d’utilisation.

(telle une Madame Jourdain, je loi-de-Murphysais tous les 10 mètres sans en avoir seulement conscience. J’ai, ce matin, loi-de-Murphysé le vieux filtre à café sur le sol de la cuisine juste devant l’évier avec une facilité digne des professionnels les plus aguerris et ce sans subir aucun entraînement particulier. J’ai un don.)

J’ajoute, et ce sera ma conclusion, qu’il semble que ce Tom Murphy n’est pas un proche parent d’Eddy Murphy.

Oui, c’est vrai, ça n’a aucun rapport.

Kiki

PS : La valeur de cette conclusion est discutable. Elle ne rentre même pas dans le schéma attenant au billet. Déplorable.

PSS : J’utilise une conclusion déplorable, c’est une erreur de méthode, je pratique donc la Loi de Murphy sur Eddy Murphy dans un billet où Tom Murphy n’est pas apprécié à sa juste valeur.

C’est moi ou ça touille ?

PSSS : « La science avance » insolites informations tirées du Courrier International de cette semaine :

« Cette année encore, les prix Ig Nobel décernés à l’université Harvard ont consacré de remarquables percées scientifiques. En linguistique, l’étude espagnole montrant que les rats ne font pas toujours le distinguo entre du japonais parlé à l’envers et du néerlandais parlé à l’envers (Journal of Experimental Psychology, vol. 31, n° 1, janvier 2005, pp. 95 à 100). En aviation, les travaux de chercheurs argentins révélant que le Viagra aide les hamsters à se remettre du décalage horaire. En médecine, le radiologue Brian Witcombe (Grande-Bretagne) et Dan Meyer (avaleur de sabres, Etats-Unis) sont aussi consacrés pour leur étude sur l’ingestion de sabres et ses effets secondaires, publiée dans le British Medical Journal. La manifestation a eu lieu en présence d’anciens lauréats, dont Kees Moeliker, primé pour avoir documenté le premier cas de nécrophilie homosexuelle chez le colvert, rapporte le magazine Nature. »

Le monde est d’une complexité…valeureuse ?…